Voir la fiche complète du film : Terra Nova (Alex Graves - 2011)

Terra Nova

Une série télévisée surestimée qui ennuie plus qu'elle ne fascine. Pas assez engagé, trop paresseux dans l'écriture, on retiendra une réalisation honnête et des effets spéciaux convaincants pour les bonnes nouvelles. Le reste se révèle prévisible à plus d'un titre. Une triste déception.
Publié le 14 Août 2013 par Dante_1984Voir la fiche de Terra Nova
6
Voyage dans le Temps Dinosaure

En 2149, la planète agonise et l'humanité vit ses derniers instants. Tout espoir semble perdu, mais une élite parvient à découvrir une faille spatio-temporelle qui les ramène voilà 85 millions d'années en arrière. La colonisation de cette nouvelle Terre se heurte à la faune locale...

On connaît le talent incontesté de Steven Spielberg pour réaliser des films somptueux. Bien souvent, ils font office de chefs d'oeuvre, d'incontournables, voire de classiques. Toutefois, lorsqu'il s'essaye à la production, le résultat se révèle beaucoup plus mitigé. On pourrait citer la saga Transformers, mais pour rester dans le domaine des séries, prenons l'exemple de Falling skies. Inattaquable sur la forme, celle-ci pâtissait d'un scénario convenu et de longueurs accablantes. Terra nova propose-t-il une aventure incroyable et incomprise ? A contrario, s'agit-il d'une tentative grossière et tape-à-l'oeil de profiter d'un budget confortable ?


Mes biens chers frères, j'ai une triste nouvelle à vous annoncer.

Certes, les moyens sont au rendez-vous. On entame la série par la description de notre monde, ou plutôt de ce qu'il en reste, en 2149. Le constat n'est pas joyeux. On découvre une mégacité dirigée par un état dictatorial d'une main de fer. Contrôle démographique, surveillance à chaque coin de rue, on a l'impression de contempler une sorte de ghetto où la population agonise. L'air est irrespirable et les messages publicitaires annonçant l'extinction de notre espèce finissent d'anéantir ses minces espoirs. En cela, cette rapide description d'un XXIIe siècle en déliquescence se révèle âpre et sans complaisance.

C'est alors que l'on découvre une faille spatio-temporelle. O miracle ! O joie ! L'humanité n'est pas condamnée ! Elle va coloniser notre planète à l'époque des dinosaures ! Pour un nouveau départ, rien ne vaut un retour en arrière. La solution ultime arrive à point nommer et se veut peu crédible, bien que séduisante. Admettons. Ce n'est pas pour autant que tous peuvent prétendre au fameux ticket gagnant. Seuls les chanceux d'une loterie nationale ou des personnes aux compétences particulières ont le droit de faire le voyage. Les autres ? Ils peuvent tous claquer dans l'indifférence. Ça n'émeut personne.


Cette fois, ce n'est pas les dinosaures qui sont en cage.

Pour une série qui souhaite éveiller les consciences aux problèmes que rencontre notre planète, il faut reconnaître que les propos véhiculés n'ont rien à envier à ceux de Roland Emmerich pour 2012. Les mieux lotis seront les premiers servis. Pas les plus intelligents. En effet, ces pèlerins d'un autre âge répètent les mêmes erreurs que leurs ancêtres (ou descendants étant donné qu'ils se retrouvent dans le passé). Colonisation, conflits et petites guerres intestines agrémentent le quotidien bien ennuyeux des habitants de Terra Nova. Ce n'est pas pour autant que le scénario bénéficie d'un déroulement fluide et tendu.

Malheureusement, l'on comprend assez rapidement que celui-ci n'a rien de palpitant à nous offrir. On pourrait lui pardonner sa trop longue exposition du fonctionnement de Terra nova ou de la mise en place de l'histoire. Quoiqu'il aurait été plus judicieux de distiller ces éléments aux compte-gouttes. Seulement, les épisodes se succèdent et n'apportent rien de concret. Les mini-intrigues sont faciles, prévisibles et donc sans surprise. On sent un certain laxisme dans l'écriture, jamais une ligne plus haute que l'autre, jamais un parti engagé qui ressort du scénario.


Ce n'est ni le moment, ni l'endroit pour piquer une sieste.

Certes, Terra nova apparaît comme une utopie et le visuel va dans ce sens. On ne criera pas au génie, mais pour une série, les effets spéciaux sont plus que séduisants. L'agencement du campement, la jungle extérieure, on a droit à une parfaite osmose entre les présents du passé et la modernité du monde occidental au sein des foyers. Ainsi, c'est un conflit permanent entre les anciennes habitudes et l'adaptation à un environnement hostile qui émane des enjeux principaux. Malgré cela, la plupart des épisodes se contentent de décrire le quotidien de Terra nova non sans une certaine monotonie.

Il en découle des moments redondants, plats et sans envergure. Entre l'assaut de mini-ptérosaures, un virus concurrent direct d'Alzheimer ou la venue d'une petite fille sauvage, on peine à trouver un réel intérêt pour poursuivre plus en avant notre voyage préhistorique. Il faut également compter sur des amourettes de pacotilles hors de propos et qui finissent de plomber l'ambiance. À côté de cela, la place allouée à l'exploration ou aux dinosaures est bien mince. On ne sort que trop rarement en dehors du périmètre de sécurité ou même de l'enceinte. Une approche paresseuse et pas vraiment engageante.


Encore un qui n'a rien compris.

Malgré le peu d'importance qui leur est accordée, parlons un peu nos chers reptiles disparus. Là encore, les effets spéciaux permettent un beau rendu, même si on est loin des pointures du genre. Cela pêche un peu sur le plan de l'animation des mouvements, un peu trop saccadés ou anarchiques à certains moments. Au niveau de la variété, un petit effort a été fait. Brachiosaures, raptors, carnotaures, ptérosaures, allosaures et quelques insectes géants. Certaines espèces sont plutôt rares à l'écran, mais demeurent le plus souvent anecdotiques. En revanche, d'autres n’'ont rien de bien original.

En ce qui concerne les protagonistes, on se retrouve en terrain beaucoup trop connu. D'une part, les acteurs disposent de physiques impeccables, sans le moindre défaut. D’'autre part, leurs personnages usent de poncifs handicapants. Jim Shannon est un héros fade, presque insipide. Ses proches sont un cliché de la parfaite petite famille américaine. Seul Stephen Lang tire son épingle du jeu en chef bourru et compétent, mais parfaitement assumé. D'ailleurs, les traits de caractère de ce dernier ne sont pas sans rappeler ceux du capitaine Weaver de Falling skies.


Surpris que la série s'arrête ? A vrai dire, non.

Terra nova ne donnera pas suite. La faute à un coût trop élevé et des audiences en dent de scie. Enfin, voilà les arguments avancés en première ligne de front. La réalité est toute autre puisque la série se révèle fade et attendue compte tenu de son potentiel initial. Le scénario est facile, le rythme brinquebalant et les protagonistes sans relief. Malgré des moyens grandiloquents, un visuel difficilement reprochable, on s'ennuie et l'on regrette que Terra nova ait nourri tant d'espoir. Les premiers instants nous font penser à un hybride entre Avatar et Jurassic park. La suite, elle, nous rappelle que des grands noms, de belles intentions et une idée de départ séduisante sont bien insuffisants face à des défauts maladroits et pénibles à ce niveau. Et ce n'est pas le sursaut d'orgueil lors des trois derniers épisodes qui changera la donne. De nombreuses questions resteront sans réponse et, finalement, l'on s'en moque un peu.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Massacre au Camp d'Eté 2
**Attention, cette critique contient des spoilers.** Cinq ans après une sanglante vague de crimes commise non loin de là, un camp de vacances est victime de mystérieuses disparitions en chaîne. Moins connue que son homologue Jason Voorhees, Angela est pourtant au centre de la saga des Sleepaway Camp , initiée en 1983 et toujours d'actualité (un sixième volet est prévu pour 2011). Oeuvrant à la...
Phantasm Ravager
Alors qu'il tente encore d'échapper au Tall Man, Reggie se retrouve dans un fauteuil roulant, en compagnie de Mike, dans une maison de retraite. Ce dernier lui annonce qu'il est gravement malade. Débutée en 1979, la saga Phantasm est à part dans l'univers du film d'horreur. Fidèle au casting originel, restant bien ancré dans un style série B des eighties clairement assumé, le...
L'asile
Les films à sketches permettent généralement de faire vivre de petites histoires qui ne nécessitent pas de s’étendre outre mesure. À la manière de courts-métrages, elles doivent se montrer brèves et rentrer dans le vif du sujet sans perdre de temps. Une thématique spécifique, une durée à respecter pour chaque segment, sans compter un fil commun qui relie l’ensemble de façon crédible...
Looper
Le voyage dans le temps est un thème cher à la science-fiction. Tout comme le fantastique aime à exploiter les vampires ou autres créatures de la nuit, la SF apprécie particulièrement ce sujet en le déclinant à toutes les sauces. Du drame romantique en passant par le thriller faussement avoué ou, bien entendu, en peignant les traits d'un univers futuriste. Si l'on a eu droit à des perles...
Mountain Fever
Au même titre que les invasions aliens sont prisées des productions de science-fiction, la crainte d’une pandémie mondiale fait les choux gras des films catastrophe. Qu’il s’agisse d’une maladie fulgurante ou d’un virus transformant la population en «zombie», le sujet permet d’extrapoler le devenir de la société et, plus intimement, le comportement...