Voir la fiche complète du film : Scar 3D (Jed Weintrob - 2007)

Scar 3D

Une purge infâme qui ne possède aucune qualité. A éviter au plus vite !
Publié le 19 Décembre 2013 par AqMEVoir la fiche de Scar 3D
0
Les producteurs et les gérants des salles de cinéma ont eu il y a quelques décennies la bonne idée de vouloir faire des films en 3D, dans l'espoir mensonger de faire vivre de nouvelles sensations aux spectateurs et dans l'espoir véritable de faire des rentrées d'argent conséquentes. Ce sketch a commencé dans les années 80 avec des films comme Vendredi 13 Meurtres en 3D ou encore Les Dents de la Mer 3 dont le titre original est Jaws 3D. Avec des lunettes ridicules et des verres filtrés en rouge et vert (ou bleu), le résultat n'était guère convaincant et la qualité des films en pâtissait, mettant plus l'accent sur une pseudo prouesse technique que sur un scénario intéressant. Il faudra attendre 2007 pour que cette vieille idée refasse surface et encore une fois avec un film médiocre et d'horreur, Scar 3D. Quel constat peut-on tirer de ce film aujourd'hui ?


Oh Ginette, tu aimes la soupe de langues ?

Comme à l'accoutumée, et il faut croire que les scénaristes, producteurs et réalisateurs n'ont retenu aucune leçon du passé, le scénario est passé aux oubliettes au profit des effets 3D. Le film débute avec une jeune fille faisant un footing. Flashback sur elle en train de se faire torturer par un vilain monsieur. Par la suite, on comprend qu'elle se rend dans son ancienne ville, celle-là même où elle a souffert, pour rendre visite à son frère et à sa nièce, qui, ô comble de l'ironie, a le même âge que sa tante à l'époque de sa douloureuse épreuve. On va donc bien entendu avoir un transfert, sauf que le premier tueur et mort et que tout le monde va croire la tante complètement folle. Rien de bien neuf dans tout ça, mais surtout, surtout, c'est d'un vide abyssal. Le film tire toutes les ficelles usées jusqu'à la corde du slasher et du torture porn, tout en restant très soft dans son traitement. Mais au-delà de ce constat venant du classicisme, c'est que le film ne prend aucun risque, ne propose rien d'osé et on ne pourra pas compter sur sa 3D, puisqu'elle réutilise le vieux procédé avec les lunettes bicolores.

Mais de toute façon, on s'en fout royalement de la 3D car elle est vraiment dégueulasse et ne fonctionne pas, rognant sur la colorimétrie du métrage, forçant certains passages à devenir ternes ou même sans couleurs. Mais le pire dans tout ça, c'est que lorsque l'on regarde le film en 2D, aucun changement au niveau des couleurs n'a été effectué. On se retrouve donc avec des passages en noir et blanc alors qu'il n'y a aucune raison, parfois des passages deviennent jaunes, essayant vainement de donner un aspect malsain mais le monochrome est vraiment hideux. Le reste du film baigne dans une atmosphère fade où les couleurs sont ternes (de toute façon, avec l'effet 3D et les vieilles lunettes, il était impossible de mettre des couleurs chatoyantes) et avec une absence totale d'une quelconque personnalité. Au niveau de la réalisation, c'est une catastrophe. Il faut croire que tout le budget est parti dans les effets spéciaux car on pourrait croire à un téléfilm. Les gros plans sur la gueule des personnages ou le montage hyper cut est vraiment affreux, rendant le tout très bas de gamme.


Sortez-moi de ce film de merde !!!!!!!!

En plus de cela, le film n'est pas non plus aidé par les acteurs et leurs personnages. Angela Bettis, ayant incarné Carrie dans l'adaptation en téléfilm joue le rôle de la tante qui a déjà vécu un calvaire. Elle est transparente dans ce métrage et on se fout complètement de son sort. Mais le pire c'est qu'elle perd toute crédibilité dans les moments de tension tant ses réactions sont mollassonnes et son jeu d'actrice mauvais. On peut aussi parler de l'acteur jouant son frère, vrai mauvais sosie de Michael Biehn et qui n'est pas crédible pour un sou. On ne se prendra pas du tout d'affection pour lui, ni pour aucun personnage tant leur background est famélique. Une fois n'est pas coutume, on retrouve des personnages secondaires qui ne sont que du bétail à abattre et qui n'ont pas l'épaisseur nécessaire pour que l'on s'attache à eux. La jeune fille qui joue l'héroïne est bien jolie mais c'est tout. Mais le pire dans tout cela, c'est vraiment le tueur en série. Dans le passé, il est vraiment, mais alors vraiment nullissime. Les costumiers ont cru bon de lui foutre un tablier, de le mettre en tant que croque-mort et en plus, ils lui ont foutu un béret sur la tête. Vous imaginez, un tueur avec un béret qui embaume des morts ! Mais c'est digne de chez The Asylum ! En plus, l'acteur cabotine au possible et n'est pas du tout intéressant. Bref, une honte !

Enfin, le film n'est pas gore et c'est un nouveau point faible. Se vantant comme un film gore, il ne possède que deux passages un peu crades, mais tellement déjà vu. Le coup de la langue, on l'a déjà vu mille fois et pour ce qui est de la main coupée, c'est tellement mal fichu que l'on rigole au lieu d'avoir mal pour le personnage. Il faut dire aussi que c'est le personnage qui se le fait et qu'il arrive à se couper tout un doigt avec un tesson de bouteille ! Reste un passage tendu vers la fin, mais qui n'ira pas jusqu'au bout du truc et c'est bien dommage. Le twist final est attendu, on ne sera guère surpris par ce retournement qui ressemble étrangement à un sous Scream et qui finalement ne possède pas vraiment de finalité, ni de lien avec le premier tueur. On retiendra surtout un rythme lancinant avec des flashbacks qui hachent encore plus un film déjà mou et des situations débiles, comme lorsque notre jeune fille enfile un costume de truite.

Au final, Scar 3D est une purge infâme qui ne possède malheureusement aucune qualité. Mou, laid, fade, sans originalité et même pas généreux en gore, on est face à un spectacle opportuniste qui fait mal aux yeux et au c½ur quand on voit tout l'argent jeté par les fenêtres. C'est dommage car avec le pseudo concept qu'il y a avait (le tueur prend deux victimes, en torture une, si elle ne lui dit pas de tuer l'autre, il passe à l'autre, jusqu'à ce que l'une d'entre elles craquent, bon, il est bien mal barré s'il tombe sur quelqu'un qui en a rien à foutre de voir ses proches mourir…), le film aurait pu prendre une autre dimension. Bref, un film tout pourri à éviter au plus vite !

Autres critiques

La Mort au bout du fil
Je dois bien vous l'avouer: je n'attendais pas grand chose de ce film. A ma décharge, il faut reconnaître que les thrillers médiocres, sans envergure et plus efficaces qu'une boîte de somnifères sont aussi nombreux que les points noirs sur le front d'un adolescent. Donc, en mettant Mort au Bout du Fil dans le lecteur, je m'attendais à passer 1h30 devant une histoire mille fois...
Wolfcop
Lou est policier dans une bourgade quelconque du Canada. Alcoolique et paresseux, il est toujours en retard, ce qui lui vaut d’être constamment rappelé à l’ordre par son supérieur et d’être ridiculisé face à l’efficacité de sa collègue Tina. Pilier de comptoir du rad local où il échoue régulièrement pour étancher sa soif et draguer la serveuse sans succès, Lou est chargé par son chef d’aller...
Zombie Honeymoon
Il faut bien reconnaître une chose concernant les films traitant des mort-vivants, c’est que beaucoup se ressemblent. Du coup, pour s’extraire de la masse et briller quelque peu afin d’attirer l’attention du spectateur blasé, il convient de ruser. 28 jours plus tard et ses infectés, L’armée des morts et ses zombies ultra-rapides, Shaun of the dead et son humour décapant ou encore Zombie Anonymous...
Les Dossiers Secrets du Vatican
Alors qu'elle fête son anniversaire en compagnie de son père et de son petit-ami, Angela s'entaille le doigt avec un couteau. Emmenée aux urgences, son comportement change subitement. Depuis l'Exorciste , le film de possession a toujours fait recette au cinéma. Il n'est donc jamais rare de découvrir chaque année de nouvelles bobines censées apporter un second souffle à ce sous-genre horrifique...
Puppet Master
Les poupées, au même titre que les requins, les serpents, les fantômes et les psychopathes, font partie du folklore et du paysage cinématographique d'horreur. Sont-elles l'objet d'un fantasme inavoué ? Je ne saurai répondre à cette question. Cependant, elle représente un danger potentiel, car malgré leur faiblesse, elles sont petites et peuvent en silence se faufiler partout. On se...