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Strange Days – Critique

Strange Days
Un excellent thriller signé Kathryn Bigelow, porté par un scénario habile et une brochette d'acteurs excellents.
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Strange Days

1999, à quelques jours du passages à l'an 2000. Dans un Los Angeles instable où les émeutes et les violences policières font rage, Lenny Nero (Ralph Fiennes), un ancien flic, est un trafiquant de clips clandestins qui, grâce à une nouvelle technologie, permet de vivre virtuellement toutes les formes de plaisirs et de déviances. Lenny tombe sur un l'enregistrement du meurtre d'une call-girl, et découvre bientôt que son ex-petite amie, Faith (Juliette Lewis), a sans doute un lien avec le meurtre. Avec l'aide de son amie Mace (Angela Bassett) et d'un ex-flic, Max (Tom Sizemore), Lenny va tenter d'élucider le meurtre...

Ecrit et produit par James Cameron (Terminator, Abyss, True Lies, Titanic, entre autres), Strange Days est le sixième film de Kathryn Bigelow (épouse de Cameron à cette époque), une réalisatrice plutôt talentueuse (Aux frontières de l'aube, Blue Steel, Point Break, K-19). Le film s'ouvre sur une première séquence de hold-up particulièrement efficace, dûe en grande partie à la caméra subjective qui nous place dans la peau de l'un des personnages (on suit l'action au travers de son propre champ de vision). Il s'agit en fait d'un de ces fameux clips qui constituent le business de Lenny Nero. Avec cette séquence, la réalisatrice Kathryn Bigelow nous plonge au cœur du sujet de son film de façon simple et directe.

Toutefois, si l'on découvre très vite le business de Lenny avec ses clips, ce n'est qu'au bout d'une heure de film que l'intrigue se met vraiment en place. Auparavant, la réalisatrice nous convie à découvrir un Los Angeles (qui n'a rien de très "futuriste" visuellement) où la violence est monnaie courante, où le vice n'a plus de limites et où Lenny essaye tant bien que mal de survivre en faisant du deal de clips clandestins qui permettent à un individu, grâce à un casque relié directement au cortex cérébral, de rentrer dans la peau d'une femme par exemple, de commettre un hold-up, de faire l'amour à plusieurs hommes ou femmes... Ses clients (de toutes les classes sociales) recherchent à assouvir des désirs que le monde réel leur refuse et, grâce aux clips de Lenny, ils vivent - par procuration - des sensations nouvelles.

Strange Days s'apparente beaucoup plus à un thriller qu'à un film de science-fiction (dans le fond comme dans la forme). D'ailleurs, le seul argument qui me pousse à classer le film dans le registre de la science-fiction est la technologie qu'utilise Lenny Nero pour faire son commerce de clips clandestins. Le scénario de James Cameron s'intéresse donc à une poignée d'individus évoluant dans un Los Angeles où tout le monde s'apprête à fêter le passage à l'an 2000. Un évènement qui devrait - en principe - rassembler, fédérer plutôt que diviser les habitants. Mais Lenny Nero va assister, via un clip qu'on lui a envoyé, à un évènement qui pourrait faire basculer toute la ville dans le chaos... Dès lors, son personnage va évoluer en même temps que son entourage (Mace et Max surtout). Alors que son ex, Faith, est à présent dans les bras d'un puissant producteur mégalo, Philo, Lenny va tenter d'aider celle qu'il croit toujours amoureuse de lui...

Strange Days est un excellent thriller qui a le mérite de ne pas se moquer de son spectateur, de prendre son temps pour présenter au public les différentes pièces d'un puzzle complexe et intéressant et de n'être, à aucun moment (ou presque), prévisible. De ce fait, le spectateur ne peut que se régaler, en fin de métrage, face aux différents retournements de situations proposés par le script de Cameron qui ne néglige ni l'action, ni ses personnages.

Autre grand atout du film : son casting sans failles. De nombreux visages connus défilent sous les yeux du spectateur. Outre l'excellent Ralph Fiennes (La Liste de Schindler, Spider, Dragon Rouge), la troublante Juliette Lewis (Une Nuit en Enfer, Blueberry) et Angela Basset (Critters 4, Un Vampire à Brooklyn, Supernova), on retrouve Tom Sizemore (True Romance, The Relic, Red Planet), Michael Wincott (The Crow, Alien Resurrection), Vincent D'Onorofio (JFK, Ed Wood, Men In Black), Glen Plummer (Speed, Showgirls)... Une belle brochette d'acteurs qui interprètent tous leur rôle avec conviction, pour le plus grand plaisir du spectateur.

Au final, nous sommes en présence d'un thriller haletant, appuyé par un script intéressant et riche en rebondissements, ainsi qu'une mise en scène dynamique.

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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