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Sulfures: Don't Let Him In – Critique

Sulfures: Don't Let Him In
Afin de se mettre au vert quelques jours, un riche héritier accepte d'accompagner une jeune femme à la campagne. Le film possède quelques atouts non négligeables. Toutefois, on ne conservera pas un souvenir impérissable de ce week-end en pleine campagne anglaise.
Publié le 30 Octobre 2011 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Sulfures: Don't Let Him In

**Attention, cette chronique contient des spoilers**.

Afin de se mettre au vert quelques jours, un riche héritier accepte d'accompagner une jeune femme, connue la veille, le frère de cette dernière et sa fiancée, à la campagne, le temps d'un week-end censé être reposant.
Tandis que la population locale évoque avec crainte un tueur en série sévissant dans les bois, le quatuor découvre un homme blessé grièvement aux alentours du chalet, le soir de leur arrivée.

Le cinéma de genre reprend depuis quelques années du poil de la bête outre-Manche. Sulfures possède une touche so british facilement identifiable dès les premières minutes de ce métrage. La campagne anglaise est en effet le théâtre de ce huis clos sanglant, dont le sujet peut faire penser, dans une certaine mesure, à la trame des Dix Petits Nègres d'Agatha Christie.

Davantage tourné vers le suspense que vers l'épouvante pure, Sulfures tente de brouiller les pistes, en s'attachant à orienter nos suspicions à l'encontre de ce financier désagréable et malhonnête.

Il est toutefois difficile de compatir à la peine qu'éprouve sa conquête d'un soir, potiche écervelée au sourire plus effroyable que les meurtres du tueur des bois. On préfèrera sans nul doute l'autre couple, ainsi que l'auto-stoppeur, blessé près du chalet.
Il faut tout de même admettre que le rythme reste assez nonchalant alors qu'on atteint déjà le milieu de ce film assez court (moins de 80 minutes).

La seconde partie s'accélère néanmoins, les meurtres se succédant à vive allure. Et alors que l'on pense à une possible échappatoire pour les survivants, Kelly Smith (également co-scénariste de son premier long-métrage), rebooste le film en lançant son tueur des bois dans l'intrigue.

En effet, hormis lors de la scène d'introduction et celle de la bohémienne, celui-ci reste en retrait et n'est pas un maillon essentiel de l'histoire. Seul l'endroit où l'on retrouve les cadavres (mutilés, ils sont attachés aux arbres en différentes parties distinctes) présente une marque de fabrique marquante chez ce tueur.

Bien interprété, ce dernier est principalement singulier à cause de l'ambiguïté de sa personnalité.
On regrette une étude psychologique à peine entamée alors que l'histoire pouvait développer les traits de caractère des différents protagonistes, afin de les pousser avec plus d'audace dans leurs derniers retranchements.

Ce sentiment d'esquisse ne fera que se renforcer au fil des minutes, jusqu'à un dénouement qui aurait mérité meilleur sort. Presque expédié, il n'apporte pas forcément l'aspect brutal et radical recherché par le metteur en scène, même si sa rudesse augmente l'aspect authentique de Sulfures.

Au final, on sort avec un sentiment plutôt mitigé à la vision de ce métrage.

Certes, le film possède quelques atouts non négligeables : interprétation sérieuse (le personnage de Tristan est d'emblée antipathique à souhait), mise en scène soignée et concise.
Toutefois, on ne conservera pas un souvenir impérissable de ce week-end en pleine campagne anglaise, la faute à une sensation de déjà vu, à une photographie sommaire (évoquant certains téléfilms vieillots des années 80), et à une impression d'inachevé, au regard d'un épilogue qui n'a rien de transcendant.
Dommage, car avec un peu plus de moyens et de soin apporté à quelques détails, Sulfures aurait sans doute retenu davantage l'intention de certains cinéphiles.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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