Voir la fiche complète du film : Sur le Fil du Scalpel - Jack's Back (Rowdy Herrington - 1988)
Critique

Sur le Fil du Scalpel - Jack's Back

Une énième version contemporaine du mythe de Jack l’Éventreur qui se solde par une approche plate et linéaire. Violence édulcorée, parallèle avec l’histoire vraie anecdotique, investigations inexistantes… Un film médiocre et sans grand intérêt.
Publié le 12 Mars 2017 par Dante_1984Voir la fiche de Sur le Fil du Scalpel - Jack's Back
4
Jumeaux Tueur en série

On ne compte plus les adaptations cinématographiques sur Jack l’Éventreur. S’il a bel et bien existé, l’histoire est parvenue à en faire un mythe entouré de mystères aussi insondables que sa véritable identité. Parmi les productions existantes, il y a celles qui tentent une approche réaliste et celles qui jouent la carte du pastiche avec pour seule préoccupation le profit financier et la rentabilité. S’approprier un tel monument est à double tranchant. Malgré des libertés évidentes prises avec les faits, des films comme C’était demain, Meurtre par décret ou From Hell sont autant de références incontournables. Or Jack’s Back propose une relecture contemporaine pour le moins discutable, ne serait-ce que dans ses intentions de départ.

Des nouvelles fraîches ?

S’il est toujours envisageable qu’un copycat ou un quelconque admirateur puisse s’inspirer des crimes de l’Éventreur, le résultat de cette approche reste pour le moins improbable. Certes, il y a bien eu Jack l’Éventreur de Londres ou Le retour de Jack l’Éventreur, mais ce genre d’orientation n’est guère pour rassurer. Et ce n’est pas le brouillard californien des premières images qui viendra contredire cet état de fait. Car oui, Jack est de retour, mais sous le soleil de Los Angeles et pas dans sa meilleure forme. S’il se veut avant tout un thriller, Jack’s Back trouve ses limites dans un scénario racoleur qui va bien vite occulter son concept de départ.

Des crimes de prostituées sont bel et bien perpétrés dans un secteur restreint de la cité des anges. Pour autant, on s’en éloigne rapidement pour se complaire dans une piste secondaire qui nous fait oublier la principale préoccupation des autorités. À ce titre, les investigations sont sommaires et bâclées. Avec des inspecteurs dénués de talents d’enquêteurs, des situations bancales et des prétextes pour progresser, on prend le premier venu et affaire classée! Comme dit précédemment, cet aspect n’occupe qu’une place mineure dans le film. D’ailleurs, on passe sous silence la violence des meurtres avec deux scènes relativement pauvres.

On repassera pour la reconstitution...

Jack’s Back se concentre plutôt sur la mort d’un médecin qui découvre l’identité du nouveau Jack. Il n’y a donc guère de grand mystère et les ficelles employées sont grossières (il partage leur prénom). Mais le prétexte pour impliquer le frère jumeau de la victime l’est tout autant. La majeure partie du métrage se concentre sur la traque de l’assassin pour cet unique crime. En cela, on aurait pu escompter sur une approche policière entraînante, à tout le moins évoluer dans les bas-fonds de Los Angeles où plane une ambiance eighties. Mais non, le récit se veut aussi plat et linéaire que la mise en scène. Entre les digressions, les passages destinés à générer un faux suspense et des aboutissants qui se délient sans aucune subtilité, nul doute qu’on se fourvoie dans un produit prévisible et passablement ennuyeux.

De plus, la psychologie des protagonistes fait peine à contempler. La relation des frères jumeaux se résume à confronter deux personnalités aux antipodes pour marquer l’interprétation contrastée (et assez sommaire) de James Spader. La donzelle de service joue les comparses sans qui rien ne serait possible. Les policiers, eux, se révèlent des figurants sans âme, véritables bras cassés s’il en est pour boucler une affaire. Quant à l’antagoniste, il n’a rien à envier à quelques boogeymans issues de slashers bas de gamme. La stature d’un colosse et la cervelle d’une endive. Autrement dit, ce n’est pas sur ce point que l’ensemble se rattrape. Sur aucun autre, d’ailleurs...

Son portrait craché !

Sous couvert d’une version contemporaine horrifique de Jack l’Éventreur, Jack’s Back appâte le spectateur par quelques colifichets. Hormis certaines idées évoquées çà et là pour coller avec le concept de départ, l’intrigue se perd dans une progression ennuyeuse et convenue au possible. Malgré un épilogue destiné à créer une surprise de dernière minute, il n’en demeure pas moins que le film de Rowdy Herrington multiplie les errances sur le fond et sur la forme. On s’éloigne vite du célèbre Jack pour se cantonner à un benêt affublé de gros muscles et d’un couteau. Tout cela avec la bénédiction des autorités incompétentes... Pour fêter dignement le centenaire de l’affaire, il vaut mieux se tourner vers le Jack l’Éventreur de David Wickes qui ne souffre d’aucune comparaison.

A propos de l'auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Infectés
Imaginer une fin du monde, c'est à la portée de tout le monde. Et d'ailleurs, dans le cinéma actuel, on en voit de toutes les sortes. Entre les comètes, les volcans, les tornades, les maladies, les invasions extraterrestres... on peut dire que le cinéma fantastique se lâche et trouve tout et surtout n'importe quoi pour faire peur aux spectateurs. Bien souvent ce genre de film est la proie à des...
Puppet Master 2
Après avoir récupéré l'hôtel de Bodega Bay, le gouvernement américain charge une équipe spécialisée dans les phénomènes paranormaux de se rendre sur place afin d'élucider les nombreux crimes ayant eu lieu dans cette demeure. Le succès conséquent du premier volet amena tout naturellement la firme Full Moon à en préparer une suite. Du premier volet, seuls le compositeur Richard Band et David Allen...
Detention
Il y a parfois des films qui sont injustement boudés dans les salles obscures, voire même privés de projection pour diverses raisons plus ou moins fallacieuses. Du coup, et c'est de plus en plus fréquent, en fouillant dans les sorties en direct to vidéo, on trouve des petits bijoux, des films indépendants bandants, ou même des pépites inventives et totalement loufoques. C'est le cas avec ce...
Territoire des Loups, Le
Après le déplorable remake de L'agence tout risques , le moins que l'on puisse dire c'est que le nouveau film de Joe Carnahan n'était pas attendu au tournant. L'on pouvait simplement espérer une erreur de parcours au vu de Narc et du sympathique (mais pas transcendant) Mise à prix . Le territoire des loups se propose donc de partager le calvaire d'un groupe de survivants. Leur avion se crashe...
Secte des Morts Vivants, La
**Attention, cette critique contient quelques spoilers.** A la fin des années 70, dans un petit village grec, le Père Roche s'inquiète de la disparition mystérieuse de trois étudiants en archéologie. Il fait appel à l'un de ses anciens protégés, devenu détective privé aux Etats-Unis, pour l'aider à les retrouver. En 1976, la Hammer n'est plus que l'ombre d'elle même et l'apparition d'une horreur...

Sur Horreur.net