Sur le Fil du Scalpel - Jack's Back

Voir la fiche complète du film : Sur le Fil du Scalpel - Jack's Back (Rowdy Herrington - 1988)
Portrait de Dante_1984
Publié par Dante_1984 le
4
Une énième version contemporaine du mythe de Jack l’Éventreur qui se solde par une approche plate et linéaire. Violence édulcorée, parallèle avec l’histoire vraie anecdotique, investigations inexistantes… Un film médiocre et sans grand intérêt.

On ne compte plus les adaptations cinématographiques sur Jack l’Éventreur. S’il a bel et bien existé, l’histoire est parvenue à en faire un mythe entouré de mystères aussi insondables que sa véritable identité. Parmi les productions existantes, il y a celles qui tentent une approche réaliste et celles qui jouent la carte du pastiche avec pour seule préoccupation le profit financier et la rentabilité. S’approprier un tel monument est à double tranchant. Malgré des libertés évidentes prises avec les faits, des films comme C’était demain, Meurtre par décret ou From Hell sont autant de références incontournables. Or Jack’s Back propose une relecture contemporaine pour le moins discutable, ne serait-ce que dans ses intentions de départ.

Des nouvelles fraîches ?

S’il est toujours envisageable qu’un copycat ou un quelconque admirateur puisse s’inspirer des crimes de l’Éventreur, le résultat de cette approche reste pour le moins improbable. Certes, il y a bien eu Jack l’Éventreur de Londres ou Le retour de Jack l’Éventreur, mais ce genre d’orientation n’est guère pour rassurer. Et ce n’est pas le brouillard californien des premières images qui viendra contredire cet état de fait. Car oui, Jack est de retour, mais sous le soleil de Los Angeles et pas dans sa meilleure forme. S’il se veut avant tout un thriller, Jack’s Back trouve ses limites dans un scénario racoleur qui va bien vite occulter son concept de départ.

Des crimes de prostituées sont bel et bien perpétrés dans un secteur restreint de la cité des anges. Pour autant, on s’en éloigne rapidement pour se complaire dans une piste secondaire qui nous fait oublier la principale préoccupation des autorités. À ce titre, les investigations sont sommaires et bâclées. Avec des inspecteurs dénués de talents d’enquêteurs, des situations bancales et des prétextes pour progresser, on prend le premier venu et affaire classée! Comme dit précédemment, cet aspect n’occupe qu’une place mineure dans le film. D’ailleurs, on passe sous silence la violence des meurtres avec deux scènes relativement pauvres.

On repassera pour la reconstitution...

Jack’s Back se concentre plutôt sur la mort d’un médecin qui découvre l’identité du nouveau Jack. Il n’y a donc guère de grand mystère et les ficelles employées sont grossières (il partage leur prénom). Mais le prétexte pour impliquer le frère jumeau de la victime l’est tout autant. La majeure partie du métrage se concentre sur la traque de l’assassin pour cet unique crime. En cela, on aurait pu escompter sur une approche policière entraînante, à tout le moins évoluer dans les bas-fonds de Los Angeles où plane une ambiance eighties. Mais non, le récit se veut aussi plat et linéaire que la mise en scène. Entre les digressions, les passages destinés à générer un faux suspense et des aboutissants qui se délient sans aucune subtilité, nul doute qu’on se fourvoie dans un produit prévisible et passablement ennuyeux.

De plus, la psychologie des protagonistes fait peine à contempler. La relation des frères jumeaux se résume à confronter deux personnalités aux antipodes pour marquer l’interprétation contrastée (et assez sommaire) de James Spader. La donzelle de service joue les comparses sans qui rien ne serait possible. Les policiers, eux, se révèlent des figurants sans âme, véritables bras cassés s’il en est pour boucler une affaire. Quant à l’antagoniste, il n’a rien à envier à quelques boogeymans issues de slashers bas de gamme. La stature d’un colosse et la cervelle d’une endive. Autrement dit, ce n’est pas sur ce point que l’ensemble se rattrape. Sur aucun autre, d’ailleurs...

Son portrait craché !

Sous couvert d’une version contemporaine horrifique de Jack l’Éventreur, Jack’s Back appâte le spectateur par quelques colifichets. Hormis certaines idées évoquées çà et là pour coller avec le concept de départ, l’intrigue se perd dans une progression ennuyeuse et convenue au possible. Malgré un épilogue destiné à créer une surprise de dernière minute, il n’en demeure pas moins que le film de Rowdy Herrington multiplie les errances sur le fond et sur la forme. On s’éloigne vite du célèbre Jack pour se cantonner à un benêt affublé de gros muscles et d’un couteau. Tout cela avec la bénédiction des autorités incompétentes... Pour fêter dignement le centenaire de l’affaire, il vaut mieux se tourner vers le Jack l’Éventreur de David Wickes qui ne souffre d’aucune comparaison.

A propos de l'auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.