Voir la fiche complète du film : Tape 407 (Dale Fabrigar, Everette Wallin - 2012)

Tape 407

Un faux documentaire lamentable qui se moque du spectateur et ne se soucie guère d'apporter des réponses cohérentes ou sensées à son scénario. On retiendra surtout ses dialogues d'une répétitivité jamais égalée dans toute l'histoire du cinéma, rien que cela ! L'exemple type du produit opportuniste et mal fichu.
Publié le 5 Août 2013 par Dante_1984Voir la fiche de Tape 407
2
Dinosaure

Alors que les faux documentaires pullulent dans les contrées cinématographiques (remercions, ou pas, le succès de Paranormal activity), ce sous-genre de la culture horrifique peut se décompenser en deux catégories : les films un rien inventifs, à l'ambiance travaillée et respectueuse du public ; d'un autre côté, les petits opportunistes sans la moindre once de talent pensant qu'il suffit au premier venu de prendre sa caméra à l'épaule pour nous pondre une histoire, encore faille t-il y en avoir une. Vous l'aurez aisément compris, Area 407 joue dans le bac à sable en se croyant à la plage.


Soirée de beuverie qui tourne court ?

D'ailleurs, l'avertissement de départ montre toute la classe de l'entreprise. On nous informe de l'existence d'une cassette vidéo (c'est dingue ce que l'on peut trouver en se baladant) où l'on découvre le sort funeste d'une poignée de survivants victimes d'un crash d'avion. On aurait dû nous prévenir que ledit film était une arnaque éhontée sans vergogne et ennuyeuse de surcroît. La faute à quoi ? La faute à qui ? À vrai dire autant aux metteurs en scène (il faut être deux pour réaliser le navet), aux scénaristes (il faut être trois pour écrire pareilles stupidités !) ou aux acteurs.

Mais ne grillons pas les étapes. Comme indiqué un peu plus haut, nous suivons ces rescapés du dimanche qui se retrouve coincé dans une zone militaire en pleine nuit avec une bestiole affamée à leur trousse. Brrr, effrayant, n'est-il pas ? Le fait de conjuguer le faux documentaire avec le survival animalier était une bonne idée. Les deux genres ne sont pas forcément incompatibles et permettent un rien de nouveauté. Pourtant, Area 407 puise dans les pires tares possibles et imaginables pour tenter de former grossièrement sa trame. On s'écrase, on court, on crie, on s'engueule, on court, on crie...


Le crash ou le dino ?

Redondant ? Attendez de voir les dialogues ! Au départ, l'on y prête pas vraiment attention, mais un détail saute aux yeux au fur et à mesure que l'on suit (subit ?) "L'histoire" : les personnages sont en mode repeat. C'est très particulier et, pour tout dire, je ne connais aucun film qui fait se répéter constamment les lignes de dialogues comme le fait Area 407. Soit les autres individus s'amusent à donner de l'écho à l'un d'entre eux ou, encore mieux, ce dernier réitère inlassablement la même phrase, comme s'il était un débile fini ou victime d'un accident vasculaire cérébrale. On trouve cette caractéristique un rien cocasse au départ, mais elle se révèle vite agaçante.

Une tare qui semble masquer les errances d'une histoire qui tourne à vide. Quand on pense qu'il a fallu trois scénaristes pour écrire ça, on s'attriste devant le manque de créativité des auteurs, plus généralement de leur éventuel professionnalisme. Non seulement on nous inflige un déroulement banal et ennuyeux au possible, mais l'on se targue de déceler des incohérences aussi grosses qu'incompréhensibles. Une jeep à leur disposition ? Restons cloîtrés ! Une amie en détresse ? Écrasons-la ! C'est bien plus amusant de donner de l'écho à des répliques sans âme, sans intérêt. Un type se fait dévorer ? « Vous m'entendez ? Venez vers nous ! »


Tout va bien, l'appareil photo fonctionne !

Pouvons-nous espérer un sursaut d'orgueil de la part de la bestiole, si modeste soit-il ? Mis à part des bruitages à la ramasse, une queue qui se balade vite fait bien fait à deux ou trois reprises et la tête du reptile que l'on entraperçoit pendant une dizaine de secondes, on ne verra rien. Les attaques se déroulent toujours hors champ. Dans le meilleur des cas, les victimes sombreront dans les ténèbres dans un cri pathétique. Les seules gouttes de sang visibles à l'écran sont déjà sur les visages et les vêtements et sont la conséquence du crash. On nous fait miroiter de maigres promesses qui ne seront jamais tenues.

On préfère s'attarder sur des protagonistes des plus irritables. La gamine qui piaille, sa soeur curieusement passive, le journaliste qui n'a pour unique mérite que de sauver son appareil photo, le gros alcoolique râleur, la policière de l'air qui s'envole dans des sommets de médiocrité ou l'hôtesse de l'air qui tente vainement d'encadrer les survivants. Aucun des personnages ne dispose d'un caractère propre à marquer les esprits, à tout le moins aboutir vers le dénouement (qui ne surprendra personne).


Crash d'avion, conduite dangereuse. Moralité : choisissez la marche à pied.

En ce qui concerne l'aspect faux documentaire, il n'est absolument pas justifié. Le fait de filmer le crash alors que l'on se retrouve blesser, en état de choc, est d'une rare bêtise. Un peu comme si vous continuez de filmer vos vacances pendant que vous vous faites bouffer une jambe par un requin sur votre planche de surf. D'autant plus que la mise en scène est des plus aléatoires. Ça bouge dans tous les sens, on ne sait plus trop bien qui tient la caméra, le cadrage est approximatif, sans effet. Bref, l'ambiance demeure au niveau zéro avec une réalisation minable, voire amateuriste (même dans le cas du faux documentaire).

Au final, Area 407 fait partie des pires found footage existants. L'histoire ne tient pas la route une seule seconde et se ponctue de dialogues ultrarépétitifs. À la limite, cette curiosité (qui est également le gros point noir du film) mériterait peut-être le détour, tant il faut le voir pour le croire. Enfin, cela vaut pour ceux qui auraient 90 minutes de leur vie à perdre ou sont amateurs de navets éhontés. Pour le reste, l'on sent l'opportunisme mal placé. Mal joué, mal réalisé et écrit avec les pieds et les yeux bandés, Area 407 est un vrai « footage » de gueule. À ignorer sans remords.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Twilight - Chapitre 3 : Hesitation
« Les feux de l’amour » Le temps est venu de fusiller le nouvel épisode de la saga Twilight . La seule question est de savoir s'il faut s’acharner dessus ou rester timoré? Car si le premier film arrivait à jongler avec bon nombre d’éléments en respectant les limites de l’acceptable, la suite versait déjà trop dans la mièvrerie. Et cela continue dans cette seonde séquelle. Mais d’où vient cette...
Donkey punch
Faisant la part belle à cette fameuse pratique sexuelle inhabituelle – le donkey punch – pour annoncer la couleur, le premier long-métrage d’Oliver Blackburn aurait pu s’avérer un film étonnant et pourquoi pas sujet à l’exposition des mœurs décadentes d’une jeunesse qui se recherche, une génération en perte de repères ou pis, ayant perdu tout espoir en l’avenir. Voilà les attentes que l’on était...
The Dead Don't Die
Face à la profusion de productions en matière de morts-vivants, il semble difficile de présenter le sujet sans paraître répétitif. Cela vaut également pour la comédie horrifique dont les fondamentaux se sont essentiellement forgés au cours des années 2000. Toute considération parodique écartée, ce type de métrages peut se montrer généreux et ultra-référentiel, comme Shaun of the Dead ou Bienvenue...
Amityville
Si les remakes ont toujours fait partie du modèle hollywoodien, les années 2000 ont connu un recyclage effréné de productions emblématiques. Après le succès mérité du Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel, le cinéma de genre a particulièrement été impacté. Bien que sa notoriété soit restée dans les mémoires pour les affaires DeFeo et Lutz, le cas Amityville a été progressivement dénaturé au...
Dead Mine
Après avoir suscité un certain engouement avec Mum and dad , son premier long-métrage, Steven Sheil s'expatrie en Indonésie pour son nouveau projet : Dead mine . Il aura fallu cinq années de patience pour voir ce deuxième film arriver directement dans nos salons. De prime abord, l'on serait enclin à saluer l'initiative de Wild Side pour nous dégoter des productions presque...