Voir la fiche complète du film : Taram et le Chaudron Magique (Ted Berman, Richard Rich - 1985)

Taram et le Chaudron Magique

Un film Disney atypique, imparfait, mais qui mérite d'être vu...
Publié le 12 Juillet 2012 par GeoffreyVoir la fiche de Taram et le Chaudron Magique
8
Dragon

Film Disney mal-aimé et singulier au sein de la filmographie du studio aux grandes oreilles, Taram et le Chaudron Magique, sorti en 1985, vaut pourtant bien mieux que sa désastreuse réputation le laisse supposer. Déjà, c'est un spectacle étonnament adulte pour un Disney, mais en outre, il constitue l'une des rares tentatives de sortir du carcan des "films musicaux pour toute la famille" et rien que pour cette audace, c'est assurément un film à voir.

Dommage qu'il constitue également l'un des plus gros échecs commerciaux de la firme avec un coût de 44 millions de dollars pour seulement 21 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis.


Bienvenue chez Disney

Taram, un jeune valet de ferme, rêve de devenir un guerrier. Aidé par le don de voyance que possède son fidèle compagnon, un porcelet nommé Tirelire, il doit à tout prix éviter qu'un mystérieux chaudron magique se retrouve entre les mains du maléfique Seigneur des Ténèbres. Dans sa quête, il rencontrera un petit personnage poilu, Gurki, ainsi que la charmante princesse Éloïse et le ménestrel Ritournel qui lui prêteront main forte tout au long de son aventure...


On note quand même quelques touches de Disney "normal"

Formellement, déjà, outre l'absence de chansons, ce film animé se démarque des autres productions Disney par son atmosphère souvent pesante et sinistre ; certaines scènes sont d'ailleurs susceptibles d'effrayer le jeune public (l'enlèvement de Tirelire par deux vouivres, l'aspect du Seigneur des Ténèbres). De plus, l'animation est soignée même si, époque oblige, elle a parfois vieilli. De fait, certaines imperfections sont visibles, mais témoignent d'une époque où tout était encore dessiné à la main. Ces défauts n'en sont donc pas vraiment et il serait dommage que la génération actuelle, nourrie à l'excellence des animations japonaises, délaisse ce film à cause de ces imperfections.

Non, ce qui pourrait rebuter les amateurs, c'est, à mon sens, le manque d'empathie suscité par les personnages. Pour résumer, seul le cochon Tirelire parvient à attendrir le spectateur. Il faut dire aussi qu'il représente la seule bouffée d'oxygène dans un monde triste et pesant.
Taram, pourtant héros du film, ne brille pas par son altruisme et agace à force de vouloir devenir un chevalier sans s'en donner les moyens. Le sympathique cochon Tirelire sera d'ailleurs enlevé par sa faute, ce qui sera loin de faire monter sa cote de popularité.
A ses cotés, le personnage de la princesse se révèle trop énervant pour plaire. En cause, son comportement hautain. On pourra également lui reprocher une certaine inutilité puisqu'à l'exception d'un coup de main dans l'évasion de Taram, elle ne servira pas à grand chose.
Ritournelle, le ménestrel, remonte un peu le capital sympathie dfe l'équipe, même si son utilité est également discutable.
Outre Tirelire, le seul autre personnage attachant est celui de Gurki. D'aucuns me répondront que lorsque celui-ci est présenté pour la première fois, c'est sous l'apparence d'un voleur, lâche et menteur. Mais son évolution, motivée par son besoin de trouver des amis, ne peut que le rendre sympathique.


Moi ? Pas sympathique ?

On pourra également reprocher au film de manquer de souffle épique. En effet, ses situations manquent d'envergure et de suspense. J'en veux pour preuve l'évasion de la forteresse du Seigneur des Ténèbres, tellement facile qu'elle en devient suspecte. Pour parler franchement, j'ai cru qu'il s'agissait d'un piège dans lequel se jetaient les héros. Mais non. Il faut croire que l'on peut circuler dans cette forteresse très librement, que l'on soit prisonnier ou pas.
Difficile de dire si ce défaut provient de la réalisation ou s'il était déjà présent au niveau de l'écriture, mais le résultat est le même. Les situations se résolvent trop facilement pour susciter l'emoi du spectateur.

Je critique, mais ce film Disney mérite tout de même de s'y attarder. Certes, il est bancal, et on sent très bien que le réalisateur n'est pas un habitué du genre héroic-fantasy, tout comme l'était sans doute sa hiérarchie, mais il n'en reste pas moins un film sympathique et plaisant.
Les réfracteurs aux habituelles sucreries animées de chez Disney devraient, pour une fois, y trouver leur compte.
 

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Gingerdead man 2
Le premier Gingerdead Man était un film au postulat de base amusant et prometteur, mais gâché par un manque de moyens et d'ambition assez flagrant. Pour cette suite, on pouvait donc espérer que le budget serait revu à la hausse, afin de proposer un produit un peu plus fun et audacieux. Le résultat final indique clairement que la volonté y était, mais malheureusement, une somme d'...
La Dame en Noir
Après son éprouvant et néanmoins intéressant Eden Lake (dont le final laissait tout de même une vive polémique), James Watkins nous revient avec une histoire de maison hantée et non des moindres. Arthur Kipps est un jeune notaire chargé de s'occuper des papiers d'une cliente décédée. Pour cela, il doit se rendre dans son village natal où les rumeurs inquiétantes sur son compte se propagent...
Freddy Sort de la Nuit
Et voilà, on y arrive enfin ! Le dernier Freddy, the last one, le septième épisode qui marque l'épilogue d'une longue saga. On peut se demander comment ils ont fait pour renouveler la saga aussi longtemps, mais on peut aussi se dire que depuis le quatrième épisode les films étaient de moins en moins bons à force d'humour et de mauvais gout. Les fans étaient de moins en moins nombreux...
Le rituel
Qu’il s’agisse de littérature ou de cinéma, se faire un nom dans le domaine horrifique n’est guère chose aisée. Des écrivains intemporels tels que Graham Masterton, Clive Barker, James Herbert ou Stephen King occupent une place essentielle dans la démocratisation et la réussite du genre. Parmi les «nouveaux» auteurs à l’excellente réputation, on peut évoquer...
Gangsters Guns And Zombies
Une bande de braqueurs un peu maladroits se retrouvent en pleine invasion de morts-vivants. Ils décident de se rendre à leur (autre) planque pour se mettre au vert quelque temps. Les comédies zombiesques (ou zombédies) ont le vent en poupe depuis le succès mérité de Shaun of the dead . Les productions se sont multipliées avec plus ou moins le souci de respecter le genre. Parmi les réussites, nous...