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Tentacules – Critique

Tentacules

Un décalque italien des Dents de la Mer qui ne ravira pas les amateurs du genre.

Publié le 8 Juillet 2024 par Geoffrey · Voir la fiche de Tentacules

Ocean Beach est la station balnéaire typique des films américains, c’est-à-dire tranquille et familiale. Mais tout bascule lorsqu’un bébé et un marin disparaissent.

Quelques heures plus tard, leurs corps sont retrouvés atrocement mutilés. L’enquête mettra à jour l’existence d’une créature gigantesque et monstrueuse, cachée au fond de l’océan…

Il fait envie ce résumé, n’est-ce pas ? Vous imaginez déjà des litres de sang déversés dans la mer et des combats épiques pour venir à bout de l’immonde pieuvre géante. Eh bien, navré de vous décevoir, mais Tentacules, c’est pas ça du tout. Mais alors, PAS DU TOUT !

La chose est réalisée par le grec Ovidio G. Assonitis à qui l’on ne doit alors, à ce stade de sa carrière, qu’un unique autre film, Le Démon aux Tripes, ersatz de l’Exorciste sorti un an plus tôt, ce qui lui valu de nombreuses comparaisons disgracieuses, ainsi qu’une accusation de plagiat de la part de Warner Bros., laquelle se règlera grâce à une coquette somme d’argent.

Bref, dès son premier film, Assonitis place sa carrière sous le signe du décalque, ce qui se confirmera avec le présent Tentacules qui choisit lui de naviguer dans le sillage des Dents de la Mer de deux ans son aîné.

Le triomphe du film de Steven Spielberg a provoqué une déferlante de copies en provenance du monde entier, qu’il s’agisse d’attaques de requins (TINTORERA de René Cardona Jr.), de piranhas (PIRANHAS de Joe Dante) ou encore de barracudas (BARRACUDA de Harry Kerwin). Et au milieu de ce foutoir marin, Tentacules a l’insigne honneur d’être la première photocopie made in Cinecitta. Ce sera là son unique titre de gloire, car pour le reste, c’est un naufrage.

Tension aux abonnés absents, situations grotesques, cohérence aux fraises, c’est un véritable festival d’erreurs à ne pas commettre, d’autant plus qu’Ovidio G. Assonitis fait preuve d’une grande maladresse derrière la caméra. Ses séquences d’attaque sont assommantes de platitude quand elles ne virent pas à l’expérimental lors de l'attaque par la pieuvre d'une course de petits bateaux.

Notons tout de même au rayon des points positifs des prises de vue aériennes du plus bel effet, un casting royal et les beaux extérieurs californiens mis en valeur par une photographie correcte. Mais du pouvoir d’évocation de chez Spielberg, Ovidio G. Assonitis n’en retient que la surface puisque la créature est suggérée plus qu’elle n’est montrée. Pratique pour s’éviter des effets spéciaux à la peine, mais dommageable pour le spectateur en quête de frissons marins.

Le film sorti le 3 mai 2024 chez Rimini Editions dans une édition combo Blu-Ray + DVD, accompagné de l’inévitable et indispensable livret de 24 pages intitulé « Ovidio G. Assonitis, Business is business » et rédigé par le fidèle Marc Toullec.

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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