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Conjuring 2 : Le cas Enfield – Critique

Conjuring 2 : Le Cas Enfield

Une suite qui reprend des éléments similaires au premier opus, mais qui les retranscrit de telle manière à les rendre toujours aussi efficaces et saisissants. La mise en scène joue avec les nerfs, tandis que les faits sont minutieusement exposés. Un habile mélange entre les films de maisons hantées et de possession.

Publié le 14 Février 2017 par Dante_1984 · Voir la fiche de Conjuring 2 : Le Cas Enfield

Rompu au cinéma de genre depuis les prémices de la saga Saw, James Wan s’est très vite montré un réalisateur curieux et talentueux, n’hésitant pas à lâcher certaines franchises pour en créer d’autres. Si Insidious s’est révélé d’une étonnante constance au fil de ses différents opus, Conjuring redonnait ses lettres de noblesse aux films d’épouvante et de maisons hantées par un traitement classique et néanmoins très efficace. Au vu de son succès et du potentiel pour tirer parti des enquêtes du couple Warren, il était (presque) inévitable qu’une suite voie le jour, et ce, après Annabelle, spin off relativement anecdotique. Ce deuxième volet s’avère-t-il d’une qualité similaire à celle de son aîné?

Ca commence toujours comme ça.

En guise d’introduction, l’intrigue revient succinctement sur Amityville, presque un cas d’école qu’on ne présente plus. Au vu du livre, des documentaires et, surtout, d’une filmographie aussi conséquente qu’inégale, l’exercice aurait pu paraître délicat, voire hasardeux. Pourtant, l’approche ne tergiverse guère et offre quelques passages symboliques en faisant appel aux connaissances des spectateurs sur les faits. Ainsi, le cinéaste se départit de toutes séquences lourdes, redondantes et maladroites pour fournir un travail appliqué. En somme, l’entame se montre à l’image de la suite, immersive, angoissante et d’une intensité peu commune.

Car la réussite de Conjuring tient sur une poignée de critères pleinement assimilés par le réalisateur et le scénariste pour revenir à une horreur aussi simple que désarmante. En premier ressort, le fameux «inspiré d’une histoire vraie» laisse toujours agir l’imaginaire sous couvert de la fiction. Replacer les événements dans leur contexte (la fin des années1970) demande une reconstitution plausible. Point de surprise étant donné que le précédent volet était parvenu à amorcer le virage entre cette période et celle des années1960. De ce côté, on retrouve l’atmosphère d’une petite ville britannique, plus exactement celle d’un quartier modeste.

Du grand art.

Le cas Enfield ne va pas jouer la carte du sensationnalisme pour fournir un film creux et sans âme, comme on en voit trop souvent. Il dépeint avec une certaine minutie la progression des phénomènes au sein de la demeure. Les manifestations montent crescendo. Ceux-ci créent parfois la surprise en choisissant une approche explicite avant de susciter davantage l’effroi avec un développement plus psychologique. Et c’est sur ce point que le métrage montre un réel équilibre pour manier ces deux leviers de la peur. La plupart du temps, on privilégie l’un ou l’autre et, quand on décide de les mélanger, cela donne rarement un résultat probant.

En cela, le scénario se veut plus subtil qu’escompté avec son lot de rebondissements et de manipulations pas clairement défini au premier abord. Le fait de jouer sur la vulnérabilité constante des protagonistes apporte beaucoup à l’atmosphère suffocante qui émane de la pellicule. Non seulement l’intégrité du foyer, lieu où l’on est censé être en sécurité, est malmenée au possible, mais celle du corps et de l’innocence (par le prisme de l’enfance) se désagrège avec la même brutalité. Sur ce point, l’intrigue touche davantage aux films de possessions. Non satisfaite de fournir certains passages éprouvants, elle effectue de sympathiques clins d’œil aux classiques du genre.

Au nom de Jésus ! (...) Restez à l'écoute !

À défaut de susciter une véritable surprise et une peur viscérale, Conjuring2 parvient à créer le malaise. Outre le jeu des interprètes et les habiletés de l’intrigue, le film se démarque par une mise en scène maîtrisée. L’ambiance, presque suffocante, s’appuie tantôt sur une violence explicite, tantôt sur l’aspect intangible des faits. Minutieuses, les investigations progressent à la manière d’une enquête policière pour démêler le vrai du faux tout en se montrant pragmatiques. Il en ressort plus de deux heures d’un parcours aussi intéressant qu’oppressant qui se solde par un final non moins remarquable. Encore une fois, la saga Conjuring n’a pas la prétention de réinventer le cinéma d’épouvante, mais d’aller à l’essentiel par un traitement respectueux et immersif.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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