Voir la fiche complète du film : The Cellar (Martin Kjellberg, Nils Wahlin - 2003)

The Cellar – Critique

The Cellar

Quatre jeunes étudiants louent un chalet isolé, le temps d'un week-end. Sans renouveler totalement le film de genre, The Cellar fait partie de ces séries B européennes qu'il est fort agréable de découvrir.

Publié le 27 Octobre 2010 par GORE MANIAC · Voir la fiche de The Cellar

**Attention, cette critiques contient quelques spoilers.**

Quatre jeunes étudiants profitent de quelques jours de vacances pour aller se reposer à la campagne. Ils louent à une vieille dame excentrique un chalet isolé, le temps d'un week-end.

Récompensé au Festival Insomnifest 2008, The Cellar fait partie de cette colonie de films d'épouvante scandinaves qui investit depuis quelques années notre environnement cinématographique, pour notre plus grand bonheur.

 

En effet, disposant de paysages naturels souvent grandioses, la Scandinavie ne manque pas non plus d'idées et de talent.

The Cellar débute à la manière du Projet Blair Witch. On y observe les préparatifs de départ de quatre jeunes gens, filmés caméra à l'épaule. Le circuit en voiture et l'arrivée au chalet évoquent nettement un autre incontournable du film d'horreur : Evil Dead. Ces références passées, le film se tourne davantage vers le film de fantôme.

Antérieur à Paranormal Activity (ce métrage suédois date de 2003), The Cellar a peut être été redécouvert sur le tard en Europe grâce au succès international du film américain.
Comme Paranormal Activity, ce métrage assez court, d'environ 70 minutes, met de côté les effets visuels pour y privilégier une ambiance inquiétante, qui ne cessera d'augmenter à mesure que les personnages se rendront compte qu'ils ne sont pas seuls dans cette demeure retirée de tout.

Certains reprocheront à ce métrage un rythme quelque peu lancinant et un manque de budget flagrant. Néanmoins, contrairement à beaucoup de cinéastes dans cette situation, le tandem Kjellberg-Whalin ne s'est pas lancé dans des effets numériques de second ordre nuisant à la crédibilité d'une histoire de maison hantée plutôt bien ficelée.

Après une présentation en douceur des quatre personnages principaux, les deux scénaristes-cinéastes (double casquette toujours bonne à signaler dans pareille situation) nous proposent une visite guidée des lieux, et plus particulièrement de l'immense bunker sous-terrain anormalement bruyant.
Dès la première nuit, des phénomènes étranges se manifestent, les nerfs de chacun se troublant au fur et à mesure de découvertes sinistres (tâches de sang sur les murs, porte condamnée dans la cave, tableaux macabres).

 

L'interprétation des comédiens évite de tomber dans les clichés propres aux films américains du même genre. Ici, la tension est palpable mais les victimes sont des gens intelligents et organisés, sachant maîtriser leurs nerfs, et auxquels on pourra mieux s'identifier, au final.
La mise en scène, parfois un peu lente, n'en demeure pas moins soignée et relativement efficace, portant le spectateur dans une spirale angoissante assez touchante. Les révélations finales, dévoilées par un policier qui paiera de sa vie son implication dans cette série de mystérieuse disparitions, confirment l'aura fantomatique de cette maison.
La manière de filmer, assez clinique, de The Cellar et son épilogue fatidique ne feront qu'amplifier cet aspect réaliste qui apporte un peu d'air frais dans un univers horrifique aujourd'hui souvent mécanique.

L'éditeur Emylia, visiblement intéressé par le marché scandinave (on lui doit déjà la parution de Madness), a été inspiré en ouvrant son catalogue à un cinéma que l'on découvre avec plaisir depuis quelques années.
A signaler que The Cellar n'est disponible qu'en VOST, une façon également d'appréhender le suédois, qui n'est donc pas que le pays des vikings et des krisprolls.

Sans renouveler totalement le film de genre, The Cellar fait partie de ces séries B européennes qu'il est fort agréable de découvrir, prouvant une fois de plus, si cela est encore nécessaire, la bonne santé du cinéma fantastique sur notre bon vieux continent, plus inventif et souvent bien plus crédible que les nombreuses daubes qui s'accumulent chez nos voisins américains.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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