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Psycho Shark – Critique

Psycho Shark
Un film de requins sans requin (ou presque) qui se distingue par une mise en scène vomitive, un scénario sans queue ni tête et des acteurs grotesques. D’une rare indigence, Psycho Shark demeure une mauvaise blague guère amusante au vu de la tonalité générale pour saborder chaque millimètre de la bobine. On ne peut même pas qualifier cette production de nullissime tant elle se révèle au-delà de cette considération. C’est dire le nivellement abyssal qui le caractérise…
Publié le 19 Juillet 2020 par Dante_1984 · Voir la fiche de Psycho Shark

Au même titre que le survival animalier, les films de requins ne sont pas forcément l’apanage du cinéma nippon. Privilégiant les récits horrifiques tournés vers les malédictions et autres spectres belliqueux, l’archipel fait alors preuve d’exotisme en s’immisçant dans le genre. Parfois présenté sous le titre racoleur de Jaws in Japan, Psycho Shark semble pourtant tout droit sorti des tréfonds du V-Cinéma (l’équivalent des DTV en Europe et aux USA). Qui plus est, le film de John Hijiri n’est autre qu’une production Jolly Roger. Avec des bévues telles que Jurassic Shark et Raiders of the Lost Shark, cela en dit long sur la « qualité » du présent métrage…

 

En voilà des arguments gonflés et racoleurs pour un séjour misérable en bord de mer...

En moindre mal, l’entame nous propose une ribambelle de jeunes filles en bikini qui barbotent sur les côtes japonaises. L’image est bucolique et débouche sur un sombre mystère dont la teneur s’appuie sur la présence insidieuse d’un requin tueur et d’un assassin dans leur hôtel de résidence. Après un générique immonde et une allusion éhontée à The Ring, on se retrouve avec un duo d’écervelées qui se distinguent autant par leur poitrine opulente que par leur stupidité qui confère presque à la débilité mentale. Le visionnage du film promet d’être éprouvant et, à vrai dire, il s’agit de la seule assertion qu’il respecte.

Car l’intrigue est dénuée de fonds et de structure. On se heurte constamment à des séquences décousues qui ne présentent aucune cohérence entre elles. De même, certains passages tendraient vers un élément perturbateur ou une continuité dans le déroulement de l’histoire. Or, la plupart d’entre elles se terminent par un non-sens, une coupure abrupte qui n’a aucun intérêt. Preuve en est avec ce seau d’eau renversé où l’un des seconds couteaux prend plus de cinq minutes à ramasser et à avancer sur un plan fixe avec un faciès de bovins. Hormis de gaspiller de la pellicule, ces scénettes brillent par leur idiotie explicite.

 

Au moins, on voit l'ombre d'un requin !

Psycho Shark, c’est avant tout une succession de longueurs qui permet d’apprécier la théorie de la relativité en se confrontant à un navet sans nom. Les 69 minutes paraissent interminables et multiplient les frasques à une cadence digne d’un pagure. De comportements indolents en réactions inappropriées ou décalées par rapport à l’action, on a droit à des échanges stériles et des affrontements répétitifs qui rivalisent d’aberrations et de stupidités en tout genre. On ne peut pas parler de second degré, car le film demeure très sérieux et écarte même l’excentricité de certaines productions nipponnes.

Quant au requin, on n’en voit que l’ombre dans l’extrait, un aileron dans un rêve et un drôle d’amas pixellisé en guise de conclusion. Au vu de l’indigence des effets spéciaux, ce n’est pas forcément un mal. Toutefois, le propos reste mensonger puisque le métrage se concentre sur les exactions d’un psychopathe dont les crimes ont été tournés à partir d’une caméra. Entre des investigations d’une rare bêtise, un trafic de snuff-movie qui ne présente aucune suite et, encore une fois, la réaction des protagonistes, il est difficile de recenser autant de tares à la seconde. Même en le faisant exprès, on ne pourrait atteindre un niveau aussi exécrable.

 

Une image et des effets spéciaux qui piquent les yeux

Au final, Psycho Shark pourrait faire passer les ignominies Asylum pour des productions potables, sans moquerie aucune. Le film de John Hijiri parvient à un tel degré de nullité que l’on ne peut retenir l’once d’une qualité. Le réalisateur est incapable de cadrer ou de stabiliser une scène, encore moins de mettre en place un éclairage correct. Les acteurs ont toujours un train de retard et sont complètement abrutis. Quant au récit, il est truffé d’incohérences, d’errances et de longueurs qui rendent le tout indigeste, même pour l’estomac d’un requin dont l’absence se fait cruellement ressentir. Décousu, amateur, ridicule, fauché, pénible, stupide… Les termes péjoratifs ne manquent pas pour qualifier un tel étron.

 

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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