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The Wicker Man – Critique

The Wicker Man

Remake d'un film britannique des années 70, ce Wicker Man, produit et interprété par Nicolas Cage, mérite t'il le détour sur l'île de Summerisle ?

Publié le 1 Janvier 2008 par GORE MANIAC · Voir la fiche de The Wicker Man

Un policier (Nicolas Cage) reçoit une lettre étrange de son ancienne fiancée, qui lui demande de l'aider à retrouver sa file, kidnappée sur une petite île privée du nom de Summerisle, au large des côtes américaines. Sur place, il est confronté à une population hostile et mystérieuse.

Remake d'un film de genre britannique culte des années 70, avec Christopher Lee, ce Wicker Man est produit et interprété par Nicolas Cage, qui s'offre un rôle plus nuancé que ses dernières prestations, notamment le Ghost Rider ou Benjamin Gates. Souvenons nous quelque peu du métrage initial, qui avait le mérite d'instaurer une ambiance troublante sur une île où certaines coutumes ancestrales se heurtaient au pragmatisme d'un sergent malin et opiniâtre, campé avec justesse par le trop rare Edward Woodward. Trente ans plus tard, le réalisateur Neil LaBute ne pouvait pas forcément restituer cette ambiance froide et glauque imposée par la photographie d'époque.

D'entrée, ce remake présente donc le mérite de tenter de se détacher le plus possible du film britannique, à l'image de la première scène, où les couleurs vives tranchent nettement avec toute référence au film originel. Nicolas Cage apporte un côté un peu lunaire à son personnage, qui s'avère assez sympathique bien qu'un peu décalé (cf. ses rapports avec ses collègues puis avec le pilote de l'avion). Propulsé sur le devant de la scène dès son arrivée sur l'île, qui sert de décor naturel unique à la caméra, le policier devient le centre des attentions, et ainsi recueille le suffrage des spectateurs. Les couleurs sont toujours aussi lumineuses, et seul le comportement curieux des résidents locaux apportent un soupçon de mystère à l'intrigue, assez floue jusqu'à maintenant. Heureusement, Cage apporte une dimension humaine séduisante à son personnage, embarqué malgré lui dans une enquête qui l'isolera de plus en plus d'une population rendue dangereuse par son silence. Petit à petit, on se laisse aller à suivre avec intérêt cette chasse aux sorcières, car les femmes de l'île présentent une autarcie qui, au départ singulière, s'avérera par devenir déconcertante, puis franchement malsaine.

Les personnages secondaires auraient mérité un meilleur traitement de la part des scénaristes, se contentant de rôles de faire-valoir assez décevants, à l'image de la carrière de Leelee Sobieski, abonnée aux rôles d'éternelle lolita sulfureuse depuis Eyes Wide Shut. Surtout, l'inquiétude devrait monter crescendo, ce qui n'est pas totalement le cas, malgré un Cage assez consistant. Peu de surprises en réalité pour celui qui connait le film de 1973, cette communauté semblable à celle des Amish dans une version féministe n'ayant pas le profil d'une équipe de joyeux drilles préparant un bon barbecue à l'occasion de la fête des moissons.

C'est surtout le parti pris du cinéaste qui finit par agacer quelque peu, hésitant maladroitement entre hommage pur au premier film et second degré.  Par exemple, la scène des abeilles, puis celle où Cage est déguisé en ours, ne sont pas à proprement parler des scènes secondaires. La musique trop dramatique du pourtant remarquable Angelo Badalamenti, compositeur attitré de Lynch (ici peu inspiré), rend risible la première scène. La seconde l'est par le différentiel entre l'aspect dramatique du moment (la fille offerte en sacrifice rituel) et la balourdise du héros, engoncé dans son costume de carnaval. Le twist final, heureusement, que l'on peut séparer en deux parties distinctes, permet de sauver la face. ATTENTION SPOILERS Tout d'abord, celui qui était censé être le chasseur finit par se rendre compte qu'il était la cible depuis son premier sur l'île de Summerisle, destiné à être sacrifié depuis sa rencontre avec Willow. Trompé par son ancienne fiancée et sa fille, le héros finira brûlé vif dans le ventre du géant en osier à qui l'on doit le titre du film, figure surréaliste et impitoyable, élément intemporel de l'histoire.

L'épilogue du film, avec une nouvelle victime masculine repérée par l'envoûtante Leelee Sobieski, rentre davantage dans le cadre du système hollywoodien, tendant à proposer désormais une possible suite à tout long-métrage, mais il permet d'achever ce remake sur une note sombre qui le rapproche du climat opaque du film original. FIN SPOILERS

En résumé, sans être nécessaire, cette version américaine se laisse apprécier dans son ensemble, offrant un rôle intéressant à Nicolas Cage.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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