Voir la fiche complète du film : Une Porte vers l'enfer (Trygve Allister Diesen - 1997)

Une porte vers l'enfer

Un film qui n’assume à aucun moment son côté horrifique ; encore moins ses allusions bancales véhiculées par des bondieuseries pitoyables. Paradoxalement long et d’une pénibilité sans égard, l’intrigue joue sur une accroche trompeuse et clairement en dehors des compétences de son géniteur.
Publié le 6 Mars 2017 par Dante_1984Voir la fiche de Une Porte vers l'enfer
3

Au même titre que la littérature, le cinéma scandinave est reconnu pour ses polars et ses intrigues très psychologiques. Le constat est facile, mais à la fin des années 1990, il n’était pas aussi évident. Malgré le peu de productions exportées à l’époque, certaines sont tout de même parvenues à se frayer un chemin jusqu’à nos frontières. De prime abord, Une porte vers l’enfer s’appuie sur un pitch et un cadre séduisant pour mettre en exergue une communauté satanique confortablement installée sur une île. En soi, l’idée n’a rien de bien original. Néanmoins, elle peut donner lieu à quelques incursions oppressantes dans un thriller horrifique. Est-ce le cas avec le film de Trygve Allister Diesen?

Ca commence dans la joie et la bonne humeur...

Dans les intentions, l’intrigue possède le potentiel pour instaurer une atmosphère singulière et angoissante. Le fait de jouer sur l’isolement et la promiscuité de la communauté va en ce sens. Pour autant, le réalisateur (et scénariste) ne parviendra jamais à susciter une quelconque émotion chez le spectateur. Malgré sa faible durée, la progression demeure poussive, pour ne pas dire apathique. On ne peut guère parler d’une mise en place laborieuse, car tout le film repose sur cette lénifiante évolution. Dès lors, on s’ennuie ferme, sans trouver le moindre aspect intéressant à un métrage qui joue la carte de l’horreur et de l’épouvante.

Les situations s’enchaînent et se révèlent aussi inutiles les unes que les autres. Là où l’on pourrait dénicher des prétextes pour appuyer tel ou tel fait inexplicable, il ne sert qu’à grossir des lignes de dialogue inconsistantes. Pires que cela, les échanges sont redondants et perclus d’incohérences qui ôtent le peu de crédibilité qu’on souhaitait leur apporter. On a l’impression que l’histoire part en roue libre, le cinéaste ne sachant trop quoi raconter, encore moins l’exposer dans un environnement pourtant doté d’un certain potentiel. La vacuité de l’ensemble devient une constante, si bien qu’il n’en faut guère plus pour considérer Une porte vers l’enfer pour ce qu’il est: un film qui ne tient aucune de ses promesses.

Aucun souci à se faire, les autorités sont à pied d'oeuvre

Pas même celle de s’enfoncer progressivement vers le surnaturel, l'extrémisme religieux ou le satanisme. Car oui, on nous convie à une prodigieuse descente. Non vers l’enfer, mais plutôt dans une médiocrité qui voile à peine ses intentions mensongères. Le peu d’éléments que laisse paraître le pitch de départ n’est en rien le reflet de la réalité. Quid d’une communauté aux prises avec un pouvoir diabolique? Rien, si ce n’est les exactions d’un pasteur trop poli pour être sincère ; ce qui ne floue personne, hormis la naïve Julie, cruche de service qui multiplie les contradictions. La teneur fantastico horrifique n’existe pas. Elle n’est d’ailleurs même pas évoquée entre deux escapades sur les routes étroites de l’île.

Quant à la bande-son, elle se veut en total décalage avec les images. Des morceaux pops ignobles qui achèvent d’enfoncer le film dans le ridicule. Au lieu de dépeindre avec patience le quotidien d’une pernicieuse communauté, on nous inflige ces incartades qui ne servent nullement les propos. Mais quels sont-ils? Nulle secte à l’horizon ou force démoniaque à l’œuvre. Seuls des portraits esquissés à la va-vite sont campés par un casting dénué de talent. Il ne suffit pas d’avoir une sale trogne et de sourire bêtement pour jouer les psychopathes illuminés de pacotille. Un constat qui vaut aussi pour les enfants. Toujours est-il que les frasques tendancieuses et gratuites de cette bande d’idiots finis ne relèvent guère le niveau.

Voilà ce qui arrive quand on claque la porte à un représentant énervé.

Là où Une porte vers l’enfer aurait pu s’imposer comme une modeste production à l’ambiance paranoïaque travaillée, on ne trouve qu’un métrage bâclé et vide de sens. Rythme statique, mise en scène et montage pour le moins discutables... La plupart des séquences sont dénuées d’intérêt. Elles ne cadrent même pas avec la finalité de la chose où l’épilogue se perd dans un trip à la Rosemary’s Baby hors contexte. Non satisfait de nous infliger une banalité consternante et omniprésente, Trygve Allister Diesen édulcore au possible le peu d’ambitions qu’il insuffle à sa réalisation. Il en ressort un thriller maladroit et terriblement ennuyeux.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
Le sémillant professeur Indiana Jones (Harrison Ford) est contacté par un jeune homme qui souhaite partir à la recherche d'un vieil ami d'Indy, disparu dans de troublantes circonstances en Amérique du Sud. Près de vingt ans après sa dernière aventure ( Indiana Jones et la Dernière Croisade ), le plus célèbre aventurier du Septième Art sort donc de sa retraite. Mais, entre le plaisir de retrouver...
Avatar
Jake, un ancien soldat des marines, désormais cloué sur un fauteuil roulant, accepte de remplacer son frère, récemment décédé, et part sur la planète Pandora. Sa mission : investir le corps d'un avatar, dans le but de se faire accepter par la population locale, les Na'vi, et ainsi mieux exploiter les richesses de leur terre. En 2009, la sortie du film Avatar a fait l'effet d'une bombe dans le...
Wolfcop
Lou est policier dans une bourgade quelconque du Canada. Alcoolique et paresseux, il est toujours en retard, ce qui lui vaut d’être constamment rappelé à l’ordre par son supérieur et d’être ridiculisé face à l’efficacité de sa collègue Tina. Pilier de comptoir du rad local où il échoue régulièrement pour étancher sa soif et draguer la serveuse sans succès, Lou est chargé par son chef d’aller...
L'asile
Les films à sketches permettent généralement de faire vivre de petites histoires qui ne nécessitent pas de s’étendre outre mesure. À la manière de courts-métrages, elles doivent se montrer brèves et rentrer dans le vif du sujet sans perdre de temps. Une thématique spécifique, une durée à respecter pour chaque segment, sans compter un fil commun qui relie l’ensemble de façon crédible...
Tony : London Serial Killer
En général, lorsque l'on parle de serial-killers, on a le choix entre des films divertissants, violents, mais pas vraiment réalistes pour un sou (comme avec les slashers) ou des thrillers assez sombres et glauques qui s'attachent à retranscrire les faits d'une manière moins tape-à-l'½il. Cette dernière approche est certainement la plus judicieuse pour mettre en scène des...