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Don't Open Till Christmas – Critique

Don't Open Till Christmas

Dans les rues de Londres, un tueur masqué s'attaque à tous les Santa Claus qu'il croise. Don't Open Till Christmas ne passera pas le cap du long-métrage rare que tout amateur de cinéma de genre aimera déballer devant son sapin, à condition de ne pas être trop exigeant.

Publié le 6 Juillet 2010 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Don't Open Till Christmas

** Attention, cette critique contient des spoilers.**

A l'approche des fêtes de Noël, Scotland Yard est en état d'alerte. Dans les rues de Londres, chaque nuit, un tueur masqué s'attaque à tous les Santa Claus qu'il croise, les tuant sauvagement à l'aide d'armes blanches.

Période heureuse et bienfaitrice, en règle générale propice aux films pour la jeunesse, Noël a aussi inspiré quelques oeuvres plus déviantes, bien que guère marquantes pour la plupart (36 15 Code Père Noël).

Dans les années 80, le cinéma d'épouvante britannique connaît une certaine décrépitude, marquées par les dernières heures de la Hammer, tandis que les slashers pullulent aux Etats-Unis.


Dès lors, pour suivre cette nouvelle tendance, la Grande-Bretagne tenta de moderniser à son tour sa vision du fantastique, mais de manière sporadique.

Acteur de second ordre dans les années 50-60, Edmund Purdom prend, en 1984, les rênes de son premier long-métrage, mélange de slasher et de polar, narrant les meurtres commis par un désaxé détestant visiblement l'image du Père Noël.
Film au budget réduit, Don't Open Till Christmas débute comme un slasher fauché. Le premier meurtre, filmé caméra à l'épaule, sans doute pour apporter un peu de rythme et de réalisme d'entrée de jeu, démontre que ce métrage souffrira déjà d'un manque cruel de moyens. Chez le Purdom réalisateur, un coup de couteau dans le ventre suffit visiblement à tuer un couple d'amoureux. La suite, délaissant les dialogues et l'étude des personnages pour une accumulation de crimes basiques et répétitifs, pourra même provoquer quelques rires nerveux de la part des spectateurs les plus aguerris.

Néanmoins, passé le premier tiers du film, quelques bonnes surprises osent faire leur apparition dans Don't Open Till Christmas. En effet, il est toujours agréable de découvrir que le Père Noël aime fréquenter les peep-shows et les pubs dans les quartiers les plus sordides de Londres, à l'instar du sarcastique Bad Santa.


L'inspecteur Harris, chargé de l'enquête, n'a rien d'un héros, et c'est tant mieux, car il n'en est que plus humain. Sans être franchement sympathique, ce personnage, interprété par Purdom lui-même, donne un semblant d'ampleur nécessaire à tout film digne de ce nom. Giles, le journaliste, est l'autre personnage le plus mystérieux du métrage. Alan Lake lui apporte une dimension inquiétante très efficace. Cette étude psychologique plus poussée permet de laisser un peu de côté la pauvreté visuelle des crimes.

En effet, les tentatives d'effets gore sont navrantes. Hormis l'idée des toilettes, les autres crimes sont tous assez convenus et sommaires, même si la séquence filmée dans un musée de l'horreur (les donjons de Londres) peut être considéré comme un bel hommage, quelque peu nostalgique, aux grandes heures du cinéma fantastique britannique. L'ambiance gothique qui pouvait en découdre est toutefois plombée par le jeu navrant de la victime et par le ridicule des effets sanguinolents.

A la vertu peu convaincante de la Mère Noël, il sera de bon ton de préférer le jeu de jambes (et accessoirement d'actrice) de l'employée du peep-show, victime la plus résistante et la plus appréciable du tueur masqué.


A signaler, en outre, une apparition de Caroline Munro en chanteuse. On aurait aimé voir la sublime photographe de Maniac dans un rôle bien plus conséquent que ce clin d'oeil insipide.

La révélation finale sur l'identité du psychopathe, et son lien avec Harris, aurait également gagné à être moins expédiée. Ce film a toutefois le mérite de proposer un épilogue sarcastique, décalé des programmes américains, souvent bien plus conventionnels.

Uncut Movies, qui semble chercher à diversifier son catalogue, et donc à s'ouvrir à un public plus varié (cf la sortie du slasher Final Exam), propose ce métrage en VO et VOST, dans une édition limitée à mille exemplaires, qui devrait trouver son cercle d'admirateurs.
Néanmoins, avec son budget modeste et un scénario assez mince, Don't Open Till Christmas ne passera pas le cap du long-métrage rare que tout amateur de cinéma de genre aimera déballer devant son sapin dans quelques mois, à condition de ne pas être trop exigeant au delà du premier visionnage.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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