Voir la fiche complète du film : Last of the Living (Logan McMillian - 2009)

Last of the Living – Critique

Last of the Living

Une comédie de zombies dotée d’un humour au ras des pâquerettes avec pour seule volonté de surfer sur un sujet populaire. Autrement dit, un film bancal, maladroit et fauché que l’on peut éviter sans remords.

Publié le 13 Avril 2014 par Dante_1984 · Voir la fiche de Last of the Living

Quand on s’attaque à un thème aussi exploité que les morts-vivants ou la comédie de zombies en l’occurrence, il faut avoir un minimum d’idées et un scénario potable pour se lancer dans l’aventure. Faire un film sans imagination et surtout sans apporter un petit quelque chose au genre, c’est un peu comme suivre le troupeau de moutons qui saute de la falaise. Autrement dit, l’on va droit à la catastrophe et les premiers instants semblent confirmer cette triste constatation. Premier et unique long-métrage à ce jour de Logan McMillian, Last of the living se veut dans « la lignée de Shaun of the dead et Fido… » Passons outre cet affront purement mercantile pour se concentrer sur l’ampleur des dégâts.


Un prêtre-cochon ou un cochon de prêtre ?

L’introduction débute sur un générique très banal où l’on apprend qu’un virus contamine la population mondiale et la transforme en cadavres sur pattes. Pas la peine de s’attarder sur la qualité du scénario, il n’y en a pas. Prévisible, inutile et sans l’once d’un intérêt qui multiplie les références aux classiques avec maladresse. De 28 jours plus tard à Shaun of the dead en passant par l’œuvre de Romero, le réalisateur nous régurgite les meilleures idées avec le talent en moins. Certes, un budget modeste exige des contraintes supplémentaires, mais c'est également une belle excuse devant le manque d’innovation et de réflexion qui, elles, ne demandent pas un sou.

Fauché, Last of the living l’est à n’en pas douter. Avec des filtres verdâtres abominables, la photographie est d’une laideur sans nom. À croire que même la caméra se décompose face à ce spectacle navrant. La mise en scène n’offre aucune fulgurance et se révèle plate au possible. En poursuivant ce chemin dans la déliquescence, les effets spéciaux sont d’une nullité préoccupante. De rares images numériques minables, des maquillages faits à la va-vite entre deux séquences, les zombies sont malmenés de tout bord et les sons rauques qui sortent de leur bouche, irritants au possible. À cela, les figurants se comptent sur les doigts d’une main (voire deux, dans le meilleur des cas) et périclite le film dans l’indigence.


Attention, pétard mouillé !

Même si l’on n’escompte pas un spectacle dantesque ou inoubliable, sans doute que l’aspect comique et déjanté se montre moins désastreux… Vaine espérance, puisque l’on ne parviendra à aucun moment à rire ou sourire devant des gags pathétiques. Entre le zombie qui pète, celui qui saute de l’avion avec un parachute ou les parties de bastonnades dans des rues désertes, on se croit davantage dans les misérables parodies de Jason Friedberg. Non seulement Last of the living ne raconte rien, se révèle parfois long avec des échanges aussi palpitants qu’un morceau de viande pour un végétarien, mais pas du tout drôle ou décomplexé.

D’ailleurs, la bande-son tantôt planante, tantôt déprimante, laisse songer à un traitement sérieux malgré quelques sonorités plus rock’ n roll dans le final. À l’image de l’ensemble du métrage, la conclusion s’avère bâclée, pénible et d’un intérêt mineur. On aurait pu dire également précipitée, mais vue la connerie qui émane de cette bobine, l’impatience d’en finir prévalait. On évoquera rapidement un casting d’amateurs aux trognes vaguement familières : un Éric Balfour du pauvre, Steve Zahn potelé ou un aficionado de Chuck Norris. Des interprètes aussi lamentables que leurs personnages, véritables clichés en puissance.


Difficile de s’en sortir devant une horde de trois zombies, dont deux attachés...

Au final, Last of the living vous propose un éprouvant voyage au pays de la viande avariée. Entre un récit long et inexistant, un aspect comique qui ne fonctionne pas du tout, des protagonistes d’une nullité effarante et des cadavres mal fichus, le film de Logan McMillian se révèle navrant. Une comédie de zombies pas drôle pour un sou qui n’apporte rien au genre. À vrai dire, on a davantage l’impression de regarder une parodie bas de gamme aux gags pourris et éventés avant même qu’ils surviennent. Il n’y a rien à retenir si ce n’est qu’il ne suffit pas de s’équiper d’une caméra et de vouloir jouer les Romero de pacotilles pour s'autoproclamer "réalisateur". Un minimum de talent est nécessaire. Une production fauchée nettement dispensable.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

Le redoutable homme des neiges

Le redoutable homme des neiges

Pour le cinéma de genre, les années1950 sont marquées par de nombreuses productions de science-fiction. Entre les préoccupations scientifiques d’une vie extraterrestre et une parabole avec l’envahisseur communiste en période de guerre froide, les métrages de ce style se sont multipliés. Cela a notamment laissé le champ libre aux initiatives horrifiques qui, quelque peu en retrait...
Shark - Le mangeur d'hommes

Shark - Le mangeur d'hommes

Avant que Les Dents de la mer ne devienne le succès et le chef d’œuvre que tous les cinéphiles connaissent, le survival animalier n’en était qu’à quelques essais embryonnaires, comme le vieillissant The Legend of Boggy Creek . Mais pour revenir aux films de requins-tueurs, le métrage de Steven Spielberg n’est pas la première production à traiter du sujet. Certes, son...
Zombillenium

Zombillenium

Occupés par une majorité de productions américaines, les films d’animation qui sortent sur grand écran aiment de temps à autre rendre un hommage au cinéma de genre. Ainsi, on concilie deux publics où les histoires sont parsemées de références en pagaille. Monstres contre Aliens, Monster House, L’étrange pouvoir de Norman ou encore Hôtel Transylvanie ... Autant d’exemples...
Histoires d'outre-tombe

Histoires d'outre-tombe

Visitant des catacombes, cinq personnes s'égarent et se retrouvent enfermés dans une crypte. Un étrange individu les invite alors à écouter l'histoire de leur mort prochaine. De 1950 à 1955, le comics américain Tales from the Crypt, édité par William Gaines, distillera hémoglobine, sexe et humour noir à toute une génération de lecteurs en quête de nouvelles sensations littéraires. Vingt...
Invasion Finale

Invasion Finale

En cours de transfert durant une tempête de neige, un prisonnier (Bruce Campbell) est victime d'un accident de voitures. Escorté par deux policiers, il échoue dans un petit aéroport privé, complètement isolé, et va découvrir très vite que quelque chose d'anormal est en train de se passer. Depuis les années 50, l'invasion extra-terrestre fait partie des thèmes récurrents en matière de...