Voir la fiche complète du film : World invasion : Battle Los Angeles (Jonathan Liebesman - 2011)

World invasion : Battle Los Angeles – Critique

World invasion : Battle Los Angeles
Grossier, maladroit et surtout lamentable à contempler tant la campagne de recrutement fait peine à voir. Étalage nauséabond d'un patriotisme exacerbé, World invasion - Battle Los Angeles est une sombre fumisterie. Ne vous laissez pas berné par de belles images ou des effets spéciaux clinquants, l'histoire n'est qu'une propagande bas de gamme offerte par l'armée américaine : de la violence et pas un sou de jugeote.
Publié le 30 Octobre 2011 par Dante_1984 · Voir la fiche de World invasion : Battle Los Angeles
Sur la côte ouest des États-Unis, des extraterrestres préparent l'invasion de notre planète. La bataille fait rage dans les deux camps, même si le rapport de force est disproportionné. Dans la tourmente, une équipe de commandos ultra-entraînés est envoyée dans les rues de Los Angeles pour faire le ménage.

Jonathan Liebesman possède une filmographie assez restreinte, mais intéressante. La suite du remake de Massacre à la tronçonneuse ou plus récemment le surprenant huis clos Killing room. Au vu de ce qui avait été amorcé par la campagne de promotion, notamment les différentes bandes-annonces, il s'était installé une petite attente pour ce nouveau projet. Une invasion extraterrestre qui n'a rien de très original, mais que l'on sentait proche des protagonistes. Une démarche novatrice de la terrible menace qui nous arrive du ciel. Seulement, c'était avant de voir l'intégralité du film et, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on tombe de haut.


Nous ne sommes pas en Irak, mais bien aux Etats-Unis.

« Le monde est en guerre » telles sont les premières paroles sur lesquelles World invasion - Battle Los Angeles débute. Plus qu'un avertissement, c'est un constat dépeint avec amertume. Une ville en proie au chaos où s'affrontent les flammes, les explosions et autres dangers de la vie quotidienne. Le bruit du rotor assourdissant, les cris, les déflagrations, pas de doutes, nous sommes en guerre. La mise en scène s'attache particulièrement à retracer cette invasion de la manière la plus réaliste qui soit. Depuis District 9 et Monsters, on a l'impression que ce procédé est en passe de devenir une constante à Hollywood.


Le marine américain dans toute sa splendeur.

Certes, l'ambiance est au rendez-vous. L'immersion est et demeure sans conteste le point fort du film. Les angles de caméras sont ajustés de telles sortes à accompagner les commandos dans leur mission. Investissement d'un bâtiment, embuscade dans une ruelle ou planque sur un toit, les situations se suivent et ne se ressemblent pas. À cela, on peut saluer la variété de l'action compte tenu d'un environnement urbain assez restreint tant il est réduit à l'état de ruines. Une proximité qui confère à l'ensemble une certaine intimité. On a l'impression d'être un témoin à part entière des événements qui se déroulent sous nos yeux.


Si ce n'est pas malheureux de devoir encourager sa progéniture à prendre les armes.

Malheureusement, les artifices de façade ne parviennent nullement à dissimuler les nombreux défauts du film et du scénario. Ne nous y trompons pas, en dépit de son réalisme et son atmosphère, World invasion n'a qu'un seul et unique but : celui de promouvoir l'armée américaine. Engagez-vous qu'il disait ! Au lieu de se concentrer sur l'histoire ou les conséquences de l'invasion sur notre société, Jonathan Liebesman se complaît dans un patriotisme puéril qu'il ne prend même pas la peine de camoufler ou, du moins, l'atténuer. Les États-Unis sont les plus forts ! Les États-Unis n'ont peur de rien ! Les États-Unis sauveront le monde ! Eh oui, sans eux nous sommes cuits.


Ennemi en vue !

Malgré la légèreté du ton emprunté, l'ensemble est très sérieux dans ses propos. Le message aurait pu être amusant avec une approche parodique ou une bonne dose d’auto-dérision (comme l'avait si bien fait Starship troopers), mais, il est univoque tout au long du récit. Non seulement, cela irrite au plus haut point, mais il monte crescendo dans la promotion de l'armée et, en particulier, des marines. Cela va du jeune garçon qui salue le soldat (au passage le père l'encourage à devenir un marine), à l'héroïsme suicidaire pathétique en passant par l'incontournable esprit d'équipe qui régit tellement bien ce corps de métiers.


Les qualités esthétiques sont indéniables et également le seul intérêt du film.

Mais cela n'aurait pas été suffisant sans apporter des personnages hauts en couleur. Une brochette de vieux baroudeurs ou de novices au grand coeur qui n'ont qu'un seul but dans leur existence : botter le cul aux aliens. À message grossier, langage grossier. Un commando caricaturé et caricatural comme cela devrait être interdit. Ils ont tous leurs motivations, mais ne souhaitent que préserver la nation (on verra pour le reste du monde plus tard) au péril de leur vie. Des héros sans peur et sans reproche au physique impeccable (la guerre n'a jamais décoiffé personne, surtout lorsqu'on a les cheveux courts !) au service de leur patrie. C'est tellement touchant que l'on en verserait presque une larme.


Conciliabule chez les aliens ?

De fait, il découle de ces propos des plus douteux une glorification de la guerre. L'approche de départ sur le réalisme du conflit et sa brutalité est vite oubliée au profit d'une banalisation des affrontements. La violence est dépeinte comme « distrayante » par le biais d'un traitement très propre. Il n'y a aucune image choquante, pas la moindre goutte de sang pour venir ternir la réputation cinq étoiles des soldats américains. On pourrait presque croire que l'on se tient devant un spot publicitaire version longue pour donner envie de s'engager. C'est bien connu, une guerre peut relancer l'économie, mais pour cela il faut trouver des pigeons prêts à se faire tirer dessus.


Los Angeles, méconnaissable.

Une grande déception. Jonathan Liebesman avait toutes les cartes en main pour réaliser un film intéressant. Au lieu de cela, le plaisir initial est gâché par un message des plus superficiels. On voit simplement l'abnégation des soldats et leur propension à se ruer dans la gueule du loup sans comprendre ce qui les pousse à prendre autant de décisions folles et insensées. Paradoxalement à cette mise en scène réaliste (proche des conflits actuels au Moyen-Orient), les situations sombrent dans l'incohérence et la facilité. En somme, une succession de séquences à la fois simplistes et décousues. Et n'oubliez pas la devise des marines : « Toujours fidèle. Reculez ? Jamais ! »
Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

L'Effet Papillon 3

L'Effet Papillon 3

Après un Effet Papillon 2 de sinistre mémoire, on n'était pas vraiment impatient à l'idée de voir débarquer un nouvel épisode de cette saga spatio-temporelle. Pourtant, l'idée de base (pouvoir modifier le présent en interagissant sur le passé) est propice à tous les délires et peut faire partir le scénario dans des directions imprévisibles pour autant que le concept soit bien exploité...
Tape 407

Tape 407

Alors que les faux documentaires pullulent dans les contrées cinématographiques (remercions, ou pas, le succès de Paranormal activity), ce sous-genre de la culture horrifique peut se décompenser en deux catégories : les films un rien inventifs, à l'ambiance travaillée et respectueuse du public ; d'un autre côté, les petits opportunistes sans la moindre once de talent pensant qu'il...
Les Yeux sans Visage

Les Yeux sans Visage

C’est à la fin des années 50, une époque où le cinéma d’horreur connaissait un nouveau souffle, notamment grâce aux films de la Hammer en Grande-Bretagne et à ceux de Roger Corman aux Etats-Unis, qu’est sorti Les yeux sans visage , deuxième long-métrage d’un certain Georges Franju. Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages documentaires comme en témoigne par exemple Le sang des bêtes - un...
The Turning

The Turning

À l’instar d’autres fleurons gothiques de la littérature anglo-saxonne, Le Tour d’écrou est un récit qui a été adapté à maintes reprises dont la plus célèbre itération demeure Les Innocents . Le métrage de Jack Clayton s’est notamment distingué par son ambiance exceptionnelle et l’appropriation de l’ambiguïté qui définissait la nouvelle d’Henry James...
Meurtres

Meurtres

Le premier contact avec Meurtres est des plus agréable. En effet, la superbe jaquette peinte n'est pas sans rappeler les grands classiques d'antan et n'hésite pas à proclamer fièrement "L'un des meilleurs slashers de ces dernières années". Honnêtement, après les tonnes de slashers tous plus banals les uns que les autres qui ont fleuri durant la vague de Néo-slashers...