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The Thompsons – Critique

The Thompsons

Recherchés par la police, les cinq membres de la famille Hamilton quittent le territoire américain. En fuyant sa morne résidence de banlieue pour les grands espaces de la campagne anglaise, les Butcher Brothers ont trouvé le ton propice aux exactions mélancoliques de leur famille maudite.

Publié le 12 Avril 2013 par GORE MANIAC · Voir la fiche de The Thompsons

Attention, cette critique contient quelques spoilers.

Recherchés par la police suite à une sanglante altercation avec des voleurs dans une station service, les cinq membres de la famille Hamilton quittent le territoire américain. Suite à des recherches méticuleuses, ils entendent parler d'une famille de vampires habitant près de Londres et y envoient Francis en éclaireur.

Révélation du festival Horrorfest 2006, les Hamilton remplaçaient l'habituel univers vampirique par une chronique familiale douce amère dans laquelle le besoin de sang était surtout présentée comme une maladie dégénérescente.
Depuis, les Butcher Brothers (surnom des réalisateurs Mitchell Altieri et Phil Flores) ont fait leur petit bout de chemin, signant le remake d'un banal slasher des années 80 (Avril Sanglant) et un exercice de style plus personnel (The Violent Kind).

Contrairement à la majorité des cas, ils n'hésitent pas à délaisser Hollywood pour réaliser une suite à leur film phare. Tourné en Angleterre (dans le comté du Kent), les Thompson commencent à peu de chose près là où nous avions abandonné les Hamilton.

Quittant le pays, changeant d'identité, Francis et sa fratrie, plus soudés que jamais, cherchent un certain Manderson, au nord de Londres. Celui-ci serait comme eux, et pourrait les aider à sauver leur plus jeune frère, gravement blessé. Mais sur place, ceux qui croyaient enfin trouver un réel soutien vont être confrontés à de nouveaux dangers.

Côté casting, les Butcher Brothers font appel à toute la famille du premier volet. Cory Knauf, alias Francis, est ici co-scénariste du métrage. Il offre à son personnage plus d'assurance, tout en omettant pas de conserver la naïveté et la fragilité de celui-ci. Francis est le principal lien entre les deux films, sa famille jouant surtout ici les faire-valoir de la famille Manderson, les jumeaux surjouant toujours énormément.
Parmi les nouveaux venus, citons des parents assez convaicants dans leur ambiguïté et surtout Riley. Campée par la lumineuse Elizabeth Henstridge, Riley apporte un vent de fraicheur bienvenu à la saga, tout comme les somptueux paysages de la campagne du Kent.

Bien plus coloré donc que le premier volet, les Thompson est également plus rythmé. D'emblée, la scène de la station service donne le ton du métrage : impulsif et sanglant. Entre deux flashbacks expliquant la genèse de nos "héros", on suit avec plaisir la rencontre musclée entre Francis et les Manderson.
Dénué de temps mort, le film nous dirige vers une lutte sans merci entre les deux clans qui, sans sortir des sentiers battus, s'en tire avec efficacité. Le scénario dévoile alors les origines de la mère des Hamilton, fécondatrice désignée des Manderson, dont le but est de faire de Darlene la nouvelle mère porteuse de la famille. L'affection que porte rapidement Riley pour Francis et le rapport étrange qu'elle entretient avec ses parents (elle est née humaine et considérée par son père comme "anormale"), permet d'apporter une complexité bénéfique à une intrigue assez simpliste.

Toutefois, cette suite ne semble pas être un produit de commande, les cinéastes ayant déjà cette envie de poursuivre l'aventure avec les Hamilton avant même le succès de celui-ci.
L'exil en Grande-Bretagne présente l'intérêt aux Butcher Brothers de pouvoir proposer un spectacle moins neutre, l'hémoglobine et un léger érotisme de bon aloi favorisant le côté série B assumé du film, là où le premier volet résonnait comme plus "intimiste" et moins accessible. En fuyant sa morne résidence de banlieue pour les grands espaces de la campagne anglaise, les Butcher Brothers ont trouvé le ton propice aux exactions mélancoliques de leur famille maudite.

De courte durée (moins de 80 minutes), les Thompson se regardent avec plaisir, même sans voir visionné au préalable son prédécesseur. Bonne surprise que cette suite, preuve que l'Angleterre reste une terre d'accueil bénie pour les films d'horreur !

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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