Voir la fiche complète du film : Resurrection (Matt Zettell - 2008)

Resurrection – Critique

Resurrection

Resurrection est typiquement le genre de film que l’on n’attend pas au tournant. La faute à un scénario archiconvenu qui ne laissera nulle place pour l’innovation ou une approche différente du genre qui, il faut bien le reconnaître, se révélerait miraculeux. Une fois prévenu de cela, on peut y trouver un film légèrement au-dessus de la moyenne où le cinéaste s’appesantit sur l’état actuel de notre société. Notamment de par la crédulité de personnes influençables et les dérives sectaires. À découvrir pour les mordus du genre. En revanche, les plus blasés passeront leur chemin pour se tourner vers des productions moins balisées.

Publié le 23 Février 2011 par Dante_1984 · Voir la fiche de Resurrection

Un groupe d’amis part en week-end dans de vertes contrées pour s’aérer la tête et faire du quad. Sur place, un endroit complètement retiré des plaisirs et du tumulte de la civilisation, ils vont tomber sur une communauté pour le moins inhospitalière.

Le survival est un genre similaire au slasher. Chaque film traite, à quelques détails prêts, de la même thématique à travers un panel de personnages similaires ; le tout évoluant dans un cadre de préférence isolé afin que tortures et massacres puissent se perpétrer sans intervention extérieure. Il n’est donc pas des plus évidents d’aborder un film qui possède une histoire maintes fois ressassée. Parler de renouveau du genre dans le cas présent, ne rime à rien également. Aussi, on ne condamnera pas pareille production pour son manque d’originalité ou sous prétexte de retrouver encore et toujours la même histoire. Certes, cela ne jouera pas en sa faveur, mais l’on peut trouver d’autres aspects sur lesquels focaliser notre analyse. Une ambiance, un concept un tant soit peu novateur ou même une caractérisation développée des protagonistes. On peut également s’attarder sur d’éventuels messages sous-jacents que veut nous faire passer le cinéaste. C’est en prenant tout cela en compte que l’on pourra décider si l’on se trouve en face d’un film à voir ou à éviter.


La forêt : ses arbres et ses communautés de psychopathes qui sortent de nulle part.

Dans le cas de Resurrection, nous démarrons avec une introduction somme toute convenue. Scénario éculé au possible, il n’y a aucune surprise à voir un groupe de quatre jeunes gens prendre des vacances qui vont rapidement tourner au cauchemar. Puis, s’ensuit l’erreur de trop, celle où le point de non-retour est atteint. Là où tout dérape. À cet instant, l’intrigue prend son envol via une vendetta qui tourne à une folie communicative. L’effet de groupe engendre une surenchère dans la violence et la barbarie. À travers ce tournant vindicatif, le cinéaste appose un rythme plutôt lent, prompt à soigner la personnalité de chaque personnage. Malgré quelques stéréotypes malvenus (principalement les rôles secondaires), les protagonistes s’en sortent bien compte tenu d’un départ cahoteux. Chacun dispose de réactions appropriées en fonction de son identité et les acteurs jouent sobrement sans en faire des tonnes. On ne leur en demandait pas plus et ils accomplissent leur travail avec application.


Un comité d’accueil des plus chaleureux.

En ce qui concerne l’ambiance, on remarquera quelques bonnes idées qui ne parviennent pas à trouver un second souffle. La randonnée champêtre dans les bois tourne court sitôt l’histoire lancée pour les caves sordides de maisons tout aussi poisseuses et les exactions d’une communauté fondamentaliste, proche du fonctionnement des mouvements sectaires. On a dû mal à définir leur nombre et c’est ce qui en fait la grande menace. Toujours est-il que la peur latente des tortionnaires cède rapidement la place à l’attente, un tourment encore plus pernicieux. Pour les prisonniers, les interrogations fusent. Quand vont-ils mourir et surtout de quelle manière ?


Les joies du camping...

Quant au pasteur, véritable dictateur qui manipule à souhait ses pauvres ouailles, il tente de justifier ses actions par le biais d’une société décadente et égocentrique. Si le fond s’avère réel, il ne s’en sert qu’à travers un masque fuligineux afin d’imposer sa vision du monde. Un être rétrograde qui prône la xénophobie (littéralement « la peur de l’étranger ») afin que ses moutons, dociles et malléables, ne soient pas perturbés. Tout cela ressemble davantage à un traitement sectaire plutôt qu’un pasteur soucieux de protéger sa communauté. On décèlera également un traitement proche de celui d’Eden lake où la loi du Talion prévaut sur toute autre considération. Œil pour œil, dent pour dent semble être la devise des locaux.


Restons zen avant de plomber du petit touriste.

À ce titre, le réalisateur met en exergue leur naïveté, voire une certaine candeur, lorsqu’ils boivent littéralement les paroles de leur leader. Un microcosme qui vit en totale autarcie de par ses préceptes radicaux, ses habitudes et leurs mœurs des plus rétrogrades. En d’autres termes, la parfaite isolation d’individus marginalisés par un monde qu’ils ne veulent pas comprendre. Ce constat vaut pour les touristes également. Cette dualité réciproque s’avérera le fil rouge de l’intrigue. La collision entre deux modes de vie aux antipodes qui ne parviennent à s’incorporer l’un à l’autre.


Le père, le fils, mais pas de Saint-Esprit...

Bref, Resurrection comble un scénario des plus classiques par l’entremise d’un traitement soigné sur les personnages. Malgré quelques maladresses techniques (de menus problèmes de cadrages, ainsi que certaines longueurs), il en ressort un survival sombre, pessimiste et qui, contrairement à certaines productions identiques, donne à réfléchir sur l’état de la société et des individus qu’elle produit. Voilà donc un film d’horreur qui ne s’avère pas simplement une boucherie purement gratuite (les séquences explicites sont quasiment absentes du métrage). Son principal défaut étant de jouer sur le tableau du survival, genre saturé à outrance qui voit fleurir de trop nombreuses productions insignifiantes. Nul doute que le film de Matt Zettell aura le plus grand mal à s’en démarquer, quand bien même ses intentions s’avèrent louables.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

Five Girls

Five Girls

Ron Perlman est vraiment un faire valoir dans beaucoup de ses films. Tournant aussi bien dans de grandes productions comme Le nom de la rose , Hellboy ou encore Drive que dans des films à l'intérêt plus limité comme Désolation , The Devil's Tomb ou encore ce Five Girls . Le film s'axe ici sur un internat de greluches assez bizarre et sur la sorcellerie et les esprits. Le métrage fait...
Alfred Hitchcock Présente

Alfred Hitchcock Présente

*Attention, cette critique contient quelques spoilers.* Le maître du suspense, Alfred Hitchcock en personne, présente une série d'histoires macabres et singulières, ayant souvent pour thème central le meurtre. De 1955 à 1962, la série Alfred Hitchcock Présente proposa plus de 250 épisodes, d'une trentaine de minutes chacun, réunissant de nombreuses stars, devant et derrière la caméra. A l...
Time Crimes

Time Crimes

Attention, cette critique contient des spoilers. Un couple vient d'emménager dans une grande demeure, quelque peu isolée. Réveillé dans sa sieste par un étrange appel téléphonique, Hector observe ensuite avec ses jumelles les bois environnants. Intrigué par la présence d'une jeune femme dénudée dans les bois, il décide de traverser la forêt. Commence alors pour lui un cauchemar inimaginable. Le...
Intracable

Intracable

Rattachée à une section spéciale pistant les dérives du net, l'agent Jennifer Marsh (Diane Lane) met la main sur un site filmant la mort d'un chaton. Ce site internet, Kill With Me , propose ensuite la mise à mort d'un être humain. Plus les connexions sur le site sont nombreuses, et plus vite meurt la victime. Les thèmes du snuff et du cybercrime sont à la mode depuis quelques années...
Double Assassinat dans la Rue Morgue (1932)

Double Assassinat dans la Rue Morgue (1932)

A Paris, au milieu du XIX ème siècle, Dupin, étudiant en médecine, et sa fiancée, Camille, assistent à divers spectacles forains. L'une de ces animations, mettant en scène le Docteur Mirakle et son singe Erik, passionnent les foules. A l'occasion de sa sortie en Blu-Ray, replongeons nous dans la première adaptation de la célèbre nouvelle d'Edgar Poe. Double Assassinat dans la Rue Morgue fait...