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Sky Sharks – Critique

Sky Sharks

Entre Iron Sky et Sharknado, Sky Sharks se révèle une œuvre cinématographique insensée qui joue de surenchère dans les invraisemblances scénaristiques. À l’image des dernières bévues dans le courant Grindhouse, une série Z qui s’appuie uniquement sur une vision déjantée de son propos pour prétexter l’aventure. Fun et décomplexé, peut-être. Mauvais et absurde, assurément.

Publié le 17 Août 2021 par Dante_1984 · Voir la fiche de Sky Sharks

Il est des projets cinématographiques qui nécessitent de nombreuses années de gestation. De changements d’équipe en refonte de scénarios, certaines productions manquent cruellement de moyens. C’est notamment le cas de Sky Sharks qui a fait l’objet d’une campagne de financement participatif sur la plateforme Kickstarter. Après de multiples reports, le premier film de Marc Fehse finit de jouer les arlésiennes pour sortir en 2020. Une première itération qui s’annonce comme un pur produit de la sharksploitation. De quoi donner des sueurs froides face à un florilège de non-sens et de catastrophismes cinématographiques en devenir. Tout un programme…

La responsable des effets spéciaux...

Sky Sharks semble tout droit extirpé d’une imagination dérangée (débridée, d’aucuns diraient) qui ferait passer les frasques « squaliennes » de Sharknado pour un modèle de pragmatisme. Différents spécimens de requins ont été domestiqués ou créés dans le but de servir de montures aériennes à une horde de nazis zombies mal conservés ! Rarement, un pitch a pu donner lieu à une telle perplexité. Si l’on devine sans mal que le récit ne se prend à aucun moment au sérieux, il peut laisser néanmoins dubitatif quant à la santé des scénaristes. Car, oui, il faut être plusieurs pour commettre une pareille bêtise du septième art.

Il est vrai que l’on peut considérer la chose au quinzième degré et s’amuser du résultat qui lorgne sans vergogne du côté des séries Z. Cependant, l’ensemble est si mauvais et long qu’au sortir d’un point de vue très particulier pour aborder ledit film, il en devient vite pénible. On retrouve également cette contradiction presque permanente dans la « générosité » des séquences en matière de poitrines siliconées et d’hectolitres d’hémoglobine. Ça tranche, ça brûle, ça flingue et ça croque à tout-va. Si l’on ne s’ennuie guère, ce dynamisme dissimule bien mal la vacuité de l’entreprise, ne serait-ce qu’à travers des dialogues sans intérêt et des situations improbables, voire rocambolesques.

Aéroshark in naziland !

Majoritairement tourné sur fond vert, Sky Sharks dispose d’une patte artistique somme toute catastrophique. On navigue aussi bien dans des tonalités cyberpunks que rétrofuturistes ; l’aspect vintage des flashbacks de la Seconde Guerre mondiale en sus. Les intérieurs, comme les extérieurs, présentent un caractère artificialisé d’une rare laideur. On peut également s’appesantir sur un casting sans âme à l’interprétation poussive et à la gestuelle ridicule. Et ce ne sont pas les guests (Tony Todd et Cary Hiroyuki-Tagawa) qui changent la donne. Tout suinte l’amateurisme, et ce, même si l’on distingue une évidente implication (passion ?) de la part du metteur en scène.

Quant aux requins, ils occupent un rôle secondaire au regard des frasques commises par les nazis. Leur modélisation souffle le chaud et le froid, dont la médiocrité atténue le grain si spécifique de l’image. On notera qu’ils ne sont pas les principaux responsables des massacres et autres catastrophes aériennes. De même, on les voit uniquement voler à l’aide de systèmes « sophistiqués ». À aucun moment, ils ne renouent avec leur environnement naturel. Quant aux nazis zombies, ils lorgnent du côté de titres vidéoludiques tels que Zombie Army Trilogy. L’amalgame des antagonistes demeure improbable, surtout face aux velléités et ambitions saugrenues des anciens du 3e Reich.

Megashark in the sky

Au final, Sky Sharks s’avance comme le croisement impensable entre Sharknado et Iron Sky. Bien que le parti pris soit pleinement assumé pour fournir une série Z déjantée, le film de Marc Fehse n’en reste pas moins pénible. Le 15e degré auquel prétend la production s’avère l’unique prétexte pour justifier son aspect fauché et sa stupidité intrinsèque. Là encore, le présent métrage se fait le porte-parole d’une nouvelle vague d’itérations cinématographiques qui prônent la nullité en tant que standard qualitatif. Seulement, un nanar l’est par sa nature involontaire. Ici, l’opportunisme d’exploiter une telle tendance aboutit à un navet qui présente des effets similaires à la prise de substances hallucinogènes.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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