Voir la fiche complète du film : Arachnophobie (Frank Marshall - 1990)

Arachnophobie – Critique

Arachnophobie

À travers sa tension presque permanente et son évolution patiente, Arachnophobie reste ce qui se fait de mieux en matière de survival animalier. La peur de l’araignée est ici représentée sous toutes ses formes ; de la crainte irrationnelle à la menace réelle que l’animal peut représenter. Une approche cohérente et plausible pour un métrage qui demeure, encore à ce jour, une référence dans le genre.

Publié le 8 Novembre 2020 par Dante_1984 · Voir la fiche de Arachnophobie

L’araignée est sans doute l’animal qui caractérise le mieux une phobie, car elle demeure une peur universelle. Très tôt, le cinéma s’est approprié l’idée. Cependant, les métrages en question jouaient davantage la carte du catastrophisme, comme le démontraient Earth Vs The Spider ou Tarantula. Pour l’époque, le résultat s’avérait assez sensationnel tout en se basant sur des craintes bien plus tangibles, comme un conflit nucléaire et les dangers de l’atome sur le vivant. Arachnophobie est l’un des rares films sur le sujet où le traitement se veut plus réaliste. Cela tient également à préserver l’échelle véritable des arachnides et non à les affubler d’une taille grandiloquente.

 

Sacrée toile de fond pour un décor !

Et c’est bien sur ce réalisme que s’appuie la trame. Contrairement à bon nombre d’itérations similaires, le scénario demeure cohérent et soigne son entrée en matière avec une expédition en pleine Amazonie vénézuélienne. Le cadre est exotique et a le mérite de présenter les araignées dans leur environnement naturel tout en amenant le sujet vers le cœur du problème. Cette fois-ci au sein d’une petite bourgade des États unis. Bien que certains aspects soient convenus et rendent le tout linéaire, on a droit à une progression qui prend le temps de développer ses personnages, loin des poncifs éculés du genre, ainsi que son contexte à travers une modeste communauté.

La tension latente s’axe sur plusieurs niveaux. À commencer par une série de morts suspectes, du moins aux yeux du protagoniste et du spectateur. Les décès sont soudains et succèdent à une mise en scène qui emprunte le point de vue des arachnides. Il n’est pas question d’aborder une vue subjective, mais de poser la caméra où plus près des animaux pour suggérer l’angoisse désirée. Pour cela, leur intrusion exploite parfaitement l’environnement domestique. Sans susciter le moindre doute chez les victimes, les araignées s’insinuent dans des endroits aussi banals qu’anodins. On songe à la lampe de chevet, la pantoufle ou le casque de footballeur pour ne citer que les passages les plus marquants.

 

Quand l'araignée Gipsy est en plein conciliabule avec une poupée...

De même, certaines approches aiment à suggérer le pire tout en offrant un revirement de dernière minute. Les effets fonctionnent grâce à la bande-son et avec un usage réduit des trucages. De nombreux plans montrent de véritables araignées. Le procédé permet au film de bien vieillir. Pour les confrontations les plus violentes ou celles mettant en scène la mygale Goliath, il y a bien des animatroniques, mais leur présence n’altère en rien la qualité générale. Certaines victimes pâtissent néanmoins de doublures avec des visages de cire qui, eux, paraissent bien plus désuets que leur homologue à huit pattes.

Si le ton reste assez sérieux au fil de l’histoire, on note toutefois quelques aspects humoristiques. Cette légèreté se retrouve essentiellement en la personne de John Goodman qui dispose de sa propre musique d’entrée pour introduire son personnage, Delbert McClintok. Une manière de dédramatiser la gravité de la situation à travers un comportement et des réparties décalés. En ce sens, la dernière partie est bien plus expansive et s’oriente vers un traitement frontal pour rendre l’infestation spectaculaire. Une sorte de point d’orgue à une montée en tension qui se voulait, jusqu’alors, plus psychologique qu’explicite dans ses intentions.

 

A force de regarder des programmes décérébés, ça leur pendait au nez.

Au final, Arachnophobie demeure une référence en matière de survival animalier où les araignées ont le beau rôle. Sous couvert d’une approche réaliste, le film de Frank Marshall bénéficie d’un traitement soigné afin de crédibiliser ses propos. Entre une invasion latente, des morts suspectes et des investigations qui démarrent sur le tard, on a droit à un scénario cohérent, et ce, malgré certains éléments convenus. En l’occurrence, la peur des araignées est ici parfaitement retranscrite. Les séquences parviennent à représenter leur capacité de prédation, mais aussi leur manière de se propager dans un environnement donné. De fait, l’aspect irrationnel de la phobie des premiers instants débouche sur des considérations bien tangibles par la suite. La recette fonctionne toujours autant, et ce, en dépit des années.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

The Event

The Event

Les années 2000 auront marqué un changement notable dans l’approche des séries télévisées. Considéré à tort comme un média de seconde zone par l’industrie cinématographique, l’univers du petit écran a su évoluer pour tirer le meilleur parti de formats longs. S’il existe toujours des séries où les épisodes ne nécessitent pas une assiduité particulière, le schéma narratif d...
Queen Crab

Queen Crab

Dans le domaine du survival animalier, de nombreuses créatures reviennent de manière récurrente, comme les requins, les serpents ou les monstres légendaires de type sasquatch. En règle générale, il s’agit de prédateurs. Aussi, il est plus rare de distinguer de nouvelles espèces en pareilles contrées méphitiques. On se souvient des pathétiques castors « zombifiés » de Zombeavers...
Halloween 2

Halloween 2

INTRODUCTION « Le cheval blanc symbolise l’instinct, la pureté et la propension du corps physique à libérer des forces émotionnelles puissantes telles que la colère génératrice de chaos et de destruction… » -Extrait de l’inconscient psychique des rêves En 2007 sortait sur les écrans le remake d’ Halloween par Rob Zombie . Attendu avec ferveur, le film ne...
Ça - Partie 1

Ça - Partie 1

Partageant avec Alien: Covenant le podium des films de genre les plus attendus de 2017, la nouvelle adaptation du classique de Stephen King a fait beaucoup parler d’elle. La bombe horrifique de l’année ou juste un pétard mouillé surestimé ? La ville de Derry, théâtre des aventures d’une bande - aussi appelée le « Club des Ratés » - de sympathiques prépubères, est...
Conjuring : les Dossiers Warren

Conjuring : les Dossiers Warren

On ne présente plus James Wan, grand talent du cinéma de genre révélé dans les années 2000 par la plus célèbre saga du torture-porn, Saw . Fort heureusement pour lui, il s'en détourne assez rapidement pour se tourner vers des films plus intimistes, mais non dénués d'ambitions. Après Insidious en 2010 qui avait partagé la communauté (il en ressortait tout de même un métrage à l'...