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La Revanche de la créature – Critique

La Revanche de la créature

Une suite inférieure à l'original, au scénario et aux situations peu intéressantes.

Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de La Revanche de la créature

Au cours d'une expédition en Amazonie, plusieurs scientifiques découvrent l'existence d'une étrange créature qui vit dans les eaux du "Lagon Noir". Après avoir tenté de le capturer en vain et la mort de cinq personnes, les survivants repartent en laissant la créature rejoindre les eaux sombres de son lagon. Un an plus tard, deux scientifiques se rendent à nouveau au lagon avec la ferme intention de capturer vivant le monstre. Ils y parviennent et ramène la créature à Ocean Harbor, un parc d'attractions aquatiques. Lorsqu'il apprend que la créature a été capturé, le professeur Clete Ferguson arrive sur place pour l'étudier, avec l'aide d'une jeune étudiante, Helen Dobson. Mais la créature n'a pas l'intention de servir très longtemps de cobaye aux scientifiques et parvient à s'échapper...

L'Etrange Créature du Lac Noir fut un succès populaire qui, selon le studio Universal, méritait une suite digne de ce nom. Jack Arnold, après avoir tourné le western The Man From Bitter Ridge, repasse donc derrière la caméra pour la suite des aventures de la créature du lagon noir. Un nouveau scénariste, Martin Berkeley, est embauché pour rédiger un scénario qui donnerait l'occasion à la créature de faire de nouveau surface. Berkeley travaille alors à partir de l'histoire de William Alland (producteur sur le premier film) en essayant de ne pas faire l'erreur du "copier/coller" de certaines suites d'autres films. On passe donc de l'exotisme de la jungle amazonienne à un parc d'attractions flambant neuf et ses bassins. Même si l'histoire est assez différente de celle du premier film, beaucoup d'éléments font référence à ce dernier : la présence d'un héros de service (Clete) convoitant une jeune et charmante demoiselle (Helen), qui ne laissera pas indifférente non plus la créature qui ne manquera pas de l'enlever dans la dernière partie du film...

Malheureusement, cette suite est loin d'égaler l'original. La mise en scène de Jack Arnold est moins innovante et les séquences sous-marines moins convaincantes. Le costume de la créature a subit un petit lifting qui n'était pas nécessaire (les yeux de la créature sont beaucoup plus gros et, dans l'ensemble, le costume fait vraiment caoutchouteux). L'intrigue ne s'avère pas particulièrement captivante (après la capture du monstre, le spectateur n'attends qu'une seule chose : qu'elle s'échappe et qu'elle fasse des dégâts, ce qui n'arrive que tardivement dans le film). Les personnages sont beaucoup moins intéressant par rapport à ceux du premier film (le scientifique playboy, l'étudiante qui tombe amoureuse en quelques secondes, le courageux plongeur qui est noyé par la créature...). Enfin, le film a parfois du mal à centrer son propos : à la base, il s'agissait de montrer comment l'homme trouve toujours le moyen de déranger une pauvre créature pour l'exhiber (pour la seule gloire de l'homme bien sûr) et en faire un monstre de foire source de revenue (voir les nombreux spots TV qui évoquent la capture puis l'évasion de la créature). Mais, à vouloir "mixer" romantisme, suspense, action, le film se perd un peu et le public avec.

Quant à notre pauvre "Gill Man" (l'homme aux ouies, que l'affiche française réduit à un simple "monstre"), il fait peine à voir. Sous l'eau, son comportement est sensiblement le même que dans le premier film (même si ses manières "humaines" font plutôt sourire et qu'Arnold le filme souvent en train de littéralement faire "coucou" au spectateur! c'est en tout cas l'impression que j'ai eue). Une fois sur la terre ferme, la créature déambule et frise le ridicule lorsqu'elle débarque au cours d'un concert de jazz lors d'une soirée (il enlève Helen et personne ne lève le petit doigt pour l'empêcher). Victime de la soif de découverte et l'appât du gain de l'homme, la créature va de nouveau se retrouver criblée de balles et couler au fonds d'eaux troubles. Une fin peu originale et décevante.

Pour les plus observateurs : l'une des figures les plus célèbres du cinéma américain joue un petit rôle au cours de la scène du laboratoire. Il porte un nom qui impose et force aujourd'hui le respect : Clint Eastwood...

Julien
À propos de l’auteur : Julien

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