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Détour Mortel 2 – Critique

Détour Mortel 2

Une suite n'est jamais aisée, surtout lorsque le film originel dispose d'une bonne réputation. Mais Joe Lynch relève ici le défi avec un enthousiasme sympathique et communicatif.

Publié le 1 Janvier 2008 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Détour Mortel 2

Depuis toujours, les monstres ont fasciné l'imaginaire collectif et les monstres de foire ont longtemps agrémenté les fêtes foraines, attirant la curiosité malsaine de l'être humain, qui recouvrait dans ces moments là ses instincts voyeuristes les plus primitifs. Dès les années 30, le cinéma s'empara de cette thématique, le plus souvent dans le but de dénoncer la méchanceté et la sottise de l'Homme face à la différence (cf Freaks puis Elephant Man). Puis, le cinéma de genre exploita le filon dans un but plus basique : terrifier le spectateur !

Dès les années 70/80, la menace nucléaire et la pollution changèrent la donne. La Colline a des Yeux, de Wes Craven, nous confrontait à des monstres bien plus angoissants, car fruits d'une société irresponsable et irrespecteuse de son environnement. Ces monstres, témoins vivants d'une industrialisation de masse, se vengeaient de ceux qui les reniaient. Après la vague des slashers (dès le début des années 80), les mutants disparurent quelque peu de nos écrans, mais reviennent en force depuis quelques années. Associés à une autre thématique chère à nos amis de l'Oncle Sam : l'Amérique profonde et ses familles dégénérées (la plus connue restant celle de Leatherface), les mutants qui nous intéressent ici sont les survivants d'une série B fort réussie datant de 2003. Sachant que son film serait distribué directement en DVD, le réalisateur de cette suite décida d'orienter cette oeuvre vers un délire gore ne se prenant pas une seconde au sérieux, et c'est tant mieux !

Une équipe de télé réalité investit un coin reculé de Virginie afin d'y tourner un jeu qui se tranformera en chasse à l'Homme, car l'équipe de tournage ignore que ce trou paumé est habité par une famille de mutants sadiques. La première scène, d'une féroce efficacité, nous met tout de suite dans le bain, avec un découpage à la hache pour une starlette qui perdra ses tripes sur une route déserte, épilogue assez logique en somme pour une pin-up dénué du moindre talent. Puis, le metteur en scène nous présente les illustres abrutis qui participeront, malgré eux, à cette sanglante tuerie, évitant néanmoins les stéréotypes habituels (le second degré aidant beaucoup dans ce domaine). Les références, nombreuses, passent du Projet Blair Witch à Predator (avec un clin d'oeil à Battle Royale, voire à Rambo pour les paysages forestiers et certaines scènes de survie).

Après la première scène, on pourrait presque trouver un peu le temps long avant le retour des mutants, mais ceux-ci rattrapent vite le temps perdu, utilisant flèches, haches et autres couteaux pour décimer ces intrus voyeuristes (qui osent assister à l'accouchement sordide de la mère, donnant vie à une chose que David Lynch aurait reconnu volontiers dans sa période Eraserhead).

Là ou les films du même genre accumulent les morceaux de bravoure des héros, Joe Lynch préfère montrer leur impuissance et la supériorité physique des méchants, ces héros, par leur manque de charisme, ne parvenant pas à attirer la compassion du spectateur, heureux d'assister à une valse de meurtres plus trash et explosifs les uns que les autres (le chasseur de truites explosé au canon scié, les parents dans un épilogue jubilatoire).

Finalement, en évitant de se prendre la tête avec un scénario trop élaboré ou une mise trop chiadée (cf le Cabin Fever d'Eli Roth), Lynch parvient à offrir au fan de genre ce qu'il attendait : de l'humour, de la tripaille et de la terreur (dans l'esprit d'un 2001 Maniacs), dans un environnement propice à un jeu de piste bien jubilatoire, éborgnant au passage la télévision d'aujourd'hui, véritable marketing décérébré sans le moindre sens. On pourra tout au plus reprocher à Lynch le manque de profondeur de ces personnages (à qui l'on ne peut s'identifier ou s'attacher complètement) et un épilogue qui, paradoxalement, se raccorde à tout ce que semblait chasser ce métrage "je m'enfoutiste" : à savoir une fin laissant entrevoir un possible nouveau volet en cas de succès, preuve de la main mise du capitalisme dans l'univers cinématographique, même dans le domaine du film d'horreur.

Mais ne boudons pas notre plaisir devant cette suite décontractée, qui n'a pas trop à rougir de la comparaison avec son illustre prédécesseur.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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