Voir la fiche complète du film : Pandorum (Christian Alvart - 2009)

Pandorum – Critique

Pandorum

Un film de SF classieux et stylisé, mais un peu brouillon et manquant d'une pointe de suspense...

Publié le 4 Décembre 2010 par Geoffrey · Voir la fiche de Pandorum

Un film qui serait un croisement d'Alien, d'Event Horizon, de la Machine à Explorer le Temps et de The Descent, ça vous dit? Si la réponse est oui, alors peut-être devriez-vous jeter un oeil sur Pandorum.


Faut pas l'énerver...

Deux astronautes. le Lieutenant Payton et le Caporal Bower se réveillent dans leur gigantesque vaisseau spatial après un long séjour en hyper-sommeil. Désorientés et plongés dans le noir. ils ne se souviennent ni de leurs identités ni de leur mission. Les seuls sons qui leur parviennent sont des vibrations provenant du coeur du vaisseau. Le Caporal Bower part en exploration et ne tarde pas à découvrir que le vaisseau est habité par des survivants, lesquels sont poursuivis par d'étranges créatures...


Complètement givré...

On ne compte le nombre de fois où Le Alien de Ridley Scott a été copié/pompé/cloné, généralement avec des résultats peu concluants. Produit par l’équipe de Resident Evil (Paul W. Anderson, Jeremy Bolt et Robert Kulzer), Pandorum se présente de prime abord comme un énième erzatz du chef d'oeuvre de Ridley Scott. A tort puisque les deux films n'ont, au final, que peu de choses en commun.

Pandorum est le genre de film qui accroche avant même que le générique n'apparaisse à l'écran. Les affiches, superbes, donnent l'eau à la bouche, de même que le résumé de l'intrigue ou les visuels. Tout le problème est que si le film s'avère décevant, les critiques négatives seront proportionnelles à l'attente qu'il avait généré.
Dans le cas de Pandorum, heureusement pour lui, ses qualités ont fait qu'il a évité le lynchage public mais ses défauts l'ont empêché de remporter un franc succès. Voyons cela en détails et commençons par les points positifs.

Tout d'abord, le plus évident: sa beauté plastique.
Malgré un budget d'à peine 33 millions de dollars (tout est relatif), Christian Alvart a su tirer le meilleur de ses décors et de ses maquettes pour offrir au spectateur un intérieur de vaisseau délabré très crédible et qui flatte la rétine. Certaines salles sont impressionnantes et jamais on a l'impression de voir un film tourné en studio.
On pourra par contre mégoter sur un léger abus de gros plans, lesquels soulignent les limites du budget, mais dans l'ensemble, il n'y a pas beaucoup de défauts à signaler au niveau visuel car en plus de la beauté du vaisseau, les créatures ont un look très sympa et les accessoires futuristes sont bien pensés.


Des affiches qui ont de la gueule.

C'est au niveau du rythme que le film pêche un peu. Car si le scénario est très bon, avec un concept général alléchant, il présente un coté brouillon parfois gênant, renforcé par une réalisation stylisée mais manquant d'une pointe de suspense. Elle ne parvient que trop rarement à nous faire ressentir l'enfermement des personnages et le danger permanent qui plane sur leur tête. De plus, les enjeux tardent à se dessiner puisqu'il faudra attendre une petite heure pour que les contours de l'intrigue prennent forme. De plus, le mystère entourant l'origine des créatures est rapidement éventé, pour peu que l'on soit un adepte des films de SF (Les néophytes ne devraient donc pas être perturbés par ce point).

Le vaisseau, comme dans Event Horizon, est présenté comme un endroit dangereux et presque vivant, où tout peut arriver, à n'importe quel moment. Le souci, comme évoqué ci-dessus, c'est que la sensation d'enfermement et de claustrophobie peine à voir le jour, tant le vaisseau est grand. Du coup, le réalisateur a choisi d'alterner les séquences entre des couloirs plongés dans la pénombre et des salles un peu plus larges, avec un résultat parfois inégal.
Aussi étrange que cela puisse paraître, certains passages (principalement les assauts de créatures) font penser à The Descent, mais dans un environnement de métal. Malheureusement, ces attaques sont souvent illisibles à cause d’un montage très cut qui ne laisse pas le temps au spectateur de comprendre l'action. C'est d'autant plus dommage que les maquillages sont crédibles et assez originaux, pour ce qu'on peut en voir.
Tout ceci participe au fait que le film présente quelques longueurs et qu'amputé d'une petite dizaine de minutes, il aurait sans doute pu être bien plus trépidant, à l'image du twist final, réussi car relativement imprévisible.


Ne vous y trompez pas, nous sommes toujours dans l'espace...

A coté de ces quelques défauts, les qualités du film font malgré tout qu'il ne méritait pas la dégelée qu'il s'est pris au Box-Office US (à peine plus de dix millions de dollars). Les acteurs sont bons (Ben Foster en tête) et l'envie de faire un film de SF intelligent, au lieu d'une succession de scènettes pétaradantes, est bien là. C'est suffisamment rare pour être salué.
Espérons que l'on revoie le réalisateur Allemand dans un avenir proche, aux commandes d'un scénario un poil plus maîtrisé et avec une réalisation peut-être moins lêchée, mais plus prenante.

Pour la petite histoire, sachez que le terme "Pandorum", tel qu'il est décrit dans le film, désigne une maladie psychologique pouvant atteindre les membres d'équipage d'un vaisseau spatial, que l'isolement a rendu paranoïaques. Ceci peut évidemment engendrer des conséquences désastreuses...

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

La Forme de l'eau - The Shape of Water

La Forme de l'eau - The Shape of Water

Défiant le pare-feu des apparences jusqu’à celui de l’espèce, l’histoire d’amour presque impossible entre la belle et la bête n’est pas une thématique née d’hier. Du classique de Jean Cocteau au légendaire King Kong du duo Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, le cinéma de genre regorge de ces amourettes inter-espèces allant du meilleur – telles les...
Alita : Battle Angel

Alita : Battle Angel

Les adaptations live des mangas sont à double tranchant. D’une part, le matériau de base et la complexité sous-jacente de certaines œuvres sont souvent édulcorés pour toucher un plus large public. D’autre part, les univers dépeints font montre d’une certaine démesure qui semble bien difficile à retranscrire. On songe au projet avorté d’ Akira , à la récente version de...
House 4

House 4

**Attention, cette critique contient des spoilers** Roger Cobb et sa famille sont victimes d'un accident de voiture en revenant d'un week-end passé dans la vieille demeure familiale. Roger meurt, laissant sa fille, paralysée, et sa femme, derrière lui. Contre l'avis du frère de Roger, qui souhaitait la vendre, l'épouse du héros décide d'emménager dans cette étrange maison. Lancée en 1986, dans le...
Timber Falls

Timber Falls

Pour son premier film d'horreur, le réalisateur Tony Giglio s'est attaqué à un genre très prisé, voire surexploité: le Survival. Forestier dans le cas de Timber Falls . Pour ce faire, le réalisateur s'est muni de son petit livre "Le Survival pour les Nuls" afin de respecter le cahier des charges inhérent au genre. Le film ressemble donc à une succession de clins d'oeil...
51

51

Peut-on accorder du crédit à une production Syfy, avec, à la manivelle, Jason Connery, responsable de films comme The Devil's Tomb ou encore Alone in the Dark 2 ? La réponse est bien évidemment non, mais les surprises sont souvent inattendues et ce sont dans des cas désespérés que l'on trouve les petites perles qui font le charme des sorties DTV. 51 est donc un film qui oscille entre film de...