Voir la fiche complète du film : A Girl Walks Home Alone at Night (Ana Lily Amirpour - 2014)

A Girl Walks Home Alone at Night

De par son style très tranché, cette production, entièrement tournée en persan, séduira un public avide d'un cinéma plus sensoriel. Elle est également le rappel qu'il ne faut pas mettre son doigt dans la bouche d'une jeune fille, aussi mignonne soit-elle...
Publié le 26 Janvier 2018 par KinemaVoir la fiche de A Girl Walks Home Alone at Night
7
Vampire

Récompensée du Prix Kiehl's de la Révélation au Festival du cinéma américain de Deauville de 2014, Ana Lily Amirpour (The Bad Batch) tentait pourtant un pari risqué en donnant à son métrage des aires de film d’auteur sur fond de romance vampirique. Combinaison alléchante ou rebutante, au choix. Qu’importe, car la réalisation inspirée et le bon goût de sa narration méritent que l’on s’en fasse son propre avis.

Cette jeune réalisatrice nous livre ainsi un conte noir d’une élégance rare. Les plans contemplatifs se succèdent et viennent réveiller les sens du spectateur. Le risque de revenir au noir et blanc s’avère payant et s’accompagne, bien sûr, d’une bande-son silencieuse dont l’austérité est contrebalancée par des morceaux de pop rock judicieusement placés. Le rallongement des séquences et le jeu sur les lumières finissent par nous plonger dans une sorte d’apesanteur cinématographique. Cette réalisation très distinguée confère à A Girl Walks Home Alone At Night une poésie unique qui ravira les amateurs du genre.

A Girl Walks Home Alone at Night

Ana Lily Amirpour, jeune britannique d’origine iranienne, signe ici son premier long-métrage. Elle rend hommage à ses racines sans tomber dans des discours d’idéaux politiques n’ayant pas leur place dans une production fantastique. Le métrage, tourné entièrement en persan, nous expose une ville fantôme fictive. Située en Iran, Bad City est donc le terrain de chasse d’une fille, dans la fleur de l'âge, couverte d’un tchador. Justicière maudite, elle va punir les hommes les plus débauchés des environs. À la croisée entre un regard féministe et une dénonciation d’une réalité existante, A Girl Walks Home Alone At Night reste prudent dans son propos et conserve une certaine légèreté grâce au lyrisme de son scénario.

A Girl Walks Home Alone at Night

Évidemment la romance entre un humain et un vampire reste un sujet casse-gueule. Dans ce cas-ci, disons que le thème est maîtrisé, la jeune vampire garde l’image d’une créature dangereuse qui tue - et en garde pour le goûter - de sang-froid. L’ambiguïté de cette relation interdite et contre nature fait que les enjeux apparaissent encore plus essentiels au spectateur. D’autant plus que la complexité du personnage oscille entre cruauté et légitimité.

Véritable mélange des genres, A Girl Walks Home Alone At Night a tout pour plaire. On peut éventuellement regretter un synopsis minimaliste et un twist félin un peu trop téléphoné, ces bémols étant cependant négligeables. Et pour le petit clin d’œil, on citera la référence faite à Dracula par l’intermédiaire d’une fête d’Halloween.

A Girl Walks Home Alone at Night

La réussite du film est également le fruit du travail de son duo d’acteurs. Sheila Vand - ressemblant d’ailleurs étrangement à la réalisatrice - y interprète cette mystérieuse piétonne nocturne, elle partage l’affiche avec Arash Marandi jouant le héros masculin. On soulignera, de plus, la présence de Marshall Manesh connu pour son rôle récurrent de Ranjit dans la sitcom How I Met Your Mother.

Grâce à la virtuosité de sa réalisation et à l’empathie qu’inspirent ses personnages, A Girl Walks Home Alone At Night est un métrage qui nous rappelle que le cinéma est avant tout une expérience sensorielle. Il ne sera pas digéré par tous de par son style très marqué. Mais en ces lieux, il acquiert le statut de bon cru, à consommer sans modération.

Autres critiques

Zoo

Zoo

Les attaques animales font la joie (et aussi la tristesse) du survival animalier. Un genre qui connaît bien des déconvenues depuis son émergence. Si certaines références sont adaptées de romans (Peter Benchley pour Les dents de la me r), le lien entre les deux supports culturels est plus que ténu, voire inexistant. Pourtant, James Patterson et Michael Ledwige s’approprient le concept avec Zoo ,...
Alyce
Après une soirée de beuverie, la meilleure amie d'Alyce tombe de son immeuble et se retrouve dans un piteux état. Dès lors, Alyce ressent le besoin d'oublier en se droguant. Une spirale qui l'entraîne dans les bas-fonds de la ville. Trois années après Zombie strippers, film de morts-vivants bancal et maladroit, Jay Lee récidive dans l'horreur avec Alyce. Sur le papier, son dernier...
Battleship Pirates
Il y a différentes façons d'être étonné par un film. Le mieux reste d'être épaté par le talent, la mise en scène ou encore l'intelligence du scénario. Mais très souvent, on se retrouve face à des films qui laissent un arrière-goût amer, celui de s'être fait prendre pour un débile profond. Scénarios indigents, acteur au rabais, effets spéciaux, très spéciaux, mise en scène calamiteuse, les raisons...
The Witch
Si la sorcellerie a nourri nombre de fantasmes à travers les siècles, le cinéma a tôt fait de s’en approprier les grandes lignes. Sous l’angle de l’horreur, du drame, de la comédie ou du fantastique, le thème s’est décliné sous toutes les coutures, quitte parfois à sombrer dans la médiocrité. Pour autant, contes et légendes possèdent une aura particulière propre à...
Destination Finale 4
Attention, cette critique s'appuye sur une vision en 2D du film, le cinéma préféré de votre serviteur n'ayant pas les installations nécessaires pour une projection 3D. Décevant. Tout simplement décevant. Ce nouveau volet de la saga des Destination Finale n'avait d'autre prétention que de divertir le public mais malgré celà, il fait au final assez pâle figure par rapport à ses trois aînés. Le...

Sur Horreur.net