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American Nightmare – Critique

American Nightmare
Un huis clos intéressant dans ses idées, mais qui reste dans le politiquement correct. American nightmare demeure soigné au niveau de l'ambiance tout en étant bancal dans la manière d'exploiter les sujets qu'il évoque.
Publié le 8 Février 2014 par Dante_1984 · Voir la fiche de American Nightmare
Les dystopies ont toujours été un pilier de la science-fiction. Grâce à des univers aussi dissemblables qu'inquiétants, l'on s'immerge dans des sociétés totalitaires où les « citoyens » sont victimes de lois abusives, d'un régime répressif ou d'un cataclysme majeur. Le regain d'intérêt pour ce sous-genre s'est confirmé récemment avec le succès de la saga Hunger games. Alors que cette dernière poursuit son chemin, l'on a droit également à des productions plus matures et sombres comme Elysium et... American nightmare. Celui-ci s'inscrit davantage comme un film d'horreur projeté dans un avenir proche (2022). Ce mélange inattendu saura-t-il nous étreindre durant les 84 prochaines minutes ?


A la télé ce soir, c'est la mort en direct.

Au vu du pitch de départ, l'on détient un joli potentiel entre les mains. Alors que les États-Unis ont frôlé l'effondrement économique, une loi a été imposée afin d'endiguer la criminalité et le chômage pour retrouver une société prospère. Quelle est-elle ? Une nuit par an, les citoyens sont autorisés à laisser vaquer leurs pulsions meurtrières comme bon leur semble ! L'idée s'avère pour le moins originale et sulfureuse à développer. À ce titre, le générique sur fond de guérilla urbaine où les scènes de passages à tabac et d'exécution sommaires se multiplient met en condition le spectateur. Néanmoins, l'on ne suivra pas le parcours chaotique de quelques délurés, mais celui d'une famille recluse chez elle.

Le choix du huis clos n'est pas forcément des plus judicieux. Certes, il a le mérite de masquer un budget somme toute modeste ou de centrer l'intrigue dans un cadre unique, mais possède également des contraintes qui ne seront que partiellement surmontées. L'exercice exige une atmosphère pesante. Le film la retranscrit comme il se doit, grâce à une exploration de la demeure assez bien développée. Toutefois, la pénombre quasi constante (quand l'on ne parle pas d'obscurité totale) empêche de pleinement apprécier l'ambiance. Certains passages un peu plus mouvementés se montrent trop brouillons pour s'y retrouver.


Des gens si bien élevés...

À cela, la variété des situations manque cruellement à l'appel. Difficile de conjuguer des séquences tendues avec de la diversité dans un espace restreint. De fait, l'on sent la progression un peu lente, voire longue. Le jeu du chat et de la souris entre les tueurs et la famille s'éternise plus que de rigueurs et l'ultimatum en début de métrage est plutôt secondaire (pour ne pas dire inutile) car l'on devine bien la suite des événements. En dépit de la linéarité du scénario, l'on regrettera que le film ne se montre finalement pas si politiquement incorrect qu'il le laissait paraître. Oui, l'on a bien droit à une dénonciation du totalitarisme, des épurations ethniques ou des classes sociales, mais jamais l'on ne s'attaquera de fond au problème.

La faute sans doute à cette approche trop intimiste qui n'en demandait pas tant. American nightmare résume son concept de départ à un point de vue unique sans jamais choquer. Le film reste assez brutal pour des âmes sensibles, mais dans les limites du raisonnable. Pas de violences gratuites ou de tortures à l'horizon. Sans faire de mauvais jeu de mots, on a l'impression de contempler une version cauchemardesque de Panic room, ni plus ni moins. L'aspect dérangeant dispose d'une trop grande man½uvre de tolérance sans jamais réellement imposer un avis clair et établi. Oui, c'est mal, mais un mal nécessaire. En ce cas, qui a-t-il de pire ? (Sur)vivre dans une telle société ou mourir dans l'impunité ?


Fatigant de se planquer, n'est-ce pas ?

L'interrogation occupe l'esprit du spectateur sans jamais trouver une réponse convaincante. À cela, l'empathie que l'on éprouve pour les personnages reste mesurée. Non pas que le casting soit catastrophique, bien au contraire. Ethan Hawke, comme sa comparse où les rôles secondaires, s'impliquent avec savoir-faire. Néanmoins, la caractérisation pèche par des errances grossières. Les jeunes BCBG qui laissent libre cours à leurs pulsions sont peut-être inquiétants sur la forme, mais dans le fond, ils font clairement songer à des clichés. Remarque identique pour la famille qui tend à donner une image idyllique au voisinage tout en possédant des failles et des problèmes (en tête de liste : l'adolescente rebelle, un rien échevelée). Bref, l'on aura du mal à compatir ou à se sentir impliqué dans les événements.

Au final, American nightmare déçoit par le traitement de son concept singulier. Au lieu de nous offrir une histoire rythmée, dérangeante et novatrice, l'on sombre rapidement dans un huis clos efficace de par son ambiance, mais classique dans les subterfuges qu'il use. Le scénario se révèle parfois long et prévisible malgré un dénouement qui aurait pu parvenir à un résultat intéressant. Peine perdue, l'on ne sortira à aucun moment du conventionnel et d'une trame narrative balisée à l'extrême pour montrer du doigt les conséquences de telles dérives. En espérant qu'il s'agissait d'une mise en bouche pour une suite déjà en chantier...

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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