Voir la fiche complète du film : Atrocious (Luna Barreda Fernando - 2010)

Atrocious – Critique

Atrocious
Atrocious est le genre de film qui porte bien son nom, un peu comme le film Abominable et son yéti en carton...
Publié le 5 Juin 2012 par AqME · Voir la fiche de Atrocious
Le Found-Footage est à la mode en ce moment. Le principe consiste à faire un faux documentaire (ou documenteur) et de montrer des gens, caméra à l'épaule, en train de filmer leur vie. En général, c'est à ce moment que des trucs pas sympathiques leur tombent sur la tronche.
Cette mode a commencé avec le Projet Blair Witch, puis une palanquée d'autres films plus ou moins réussis ont suivi comme la saga des Paranormal Activity, Apollo 18, ou encore Atrocious qui va nous occuper aujourd'hui.

Pas forcément emballé par ce genre de métrage, notamment à cause d'un Blair Witch qui m'a fait vomir tellement ça bougeait et d'un Apollo 18 mou du genou, c'est avec appréhension que j'insère le DVD d'Atrocious dans le lecteur.
Alors qu'en est-il de ce film ? Est-il atroce dans le bon sens du terme ou dans le mauvais sens ? Ai-je enfin trouvé LE film caméra à l'épaule qui surpasse tous les autres ? Allez, sortez vos batteries rechargeables, votre thermos et en route pour la forêt.


Un mot sur la déco de ma chambre et tu devras revoir ce film au moins 10 fois. Capiche ?

Le scénario de ce film est assez banal, surtout si l'on est habitué à voir des films de ce genre. En gros, on nous ressort la sempiternelle découverte d'une cassette vidéo montrant des évènements tragiques et qui donnerait des explications sur la mort d'une famille entière. Comme les gens sont des voyeurs et aiment s'immiscer dans la vie des autres, surtout si elle est pourrie, glauque et trash, la police, dans sa grande générosité, nous offrent les bandes. C'est cadeau.
Cette fois-ci, nous allons suivre une famille espagnole qui part en vacances dans une grande maison où il y aurait déjà eu des phénomènes pas très clairs. Le fiston de la famille, un grand gaillard un peu attardé aimant à la fois Pulp Fiction (bien) et Love Hina (pas bien) (voir les posters dans sa chambre), va prendre une grosse caméra et embarquer une autre d'un pote à lui pour filmer ses vacances. Le but de la manoeuvre est de voir s'il y a vraiment des fantômes dans cette baraque.
Je vous vois déjà vous mettre à transpirer devant tant d'angoisse potentielle, mais attention, derrière ce pitch à deux balles se cache un film mou, qui a plus le caractère d'un documentaire sur les conifères en pays ibérique qu'un film d'horreur choc, et qui en plus, propose un twist final mal venu et qui tombe à plat.

Le plus gros problème avec les films qui veulent faire dans le documentaire pour faire plus réel, c'est que durant une grosse partie du film on s'ennuie sec. Atrocious n'échappe pas à la règle et malgré la faible durée du métrage (seulement 1h10 et encore je compte le générique de fin), on compte les moutons durant quasiment 50 minutes. La volonté du réalisateur est assez louable. Il a voulu nous présenter des personnages assez attachants, normaux, ainsi que des décors qui, à priori, ne se désigne pas à créer l'horreur. Bien évidemment, à moins d'avoir la phobie des cyprès, ce n'est pas dans sa première heure que le film va nous faire frémir.
Le pire dans tout cela, c'est que Fernando Barreda Luna essaye de distiller des moments assez inquiétants, comme par exemple la ballade dans le parc labyrinthique puis la peur de s'égarer, ou encore la découverte d'éléments cachés dans la forêt, comme ce puits si bizarre rappelant certains films de fantômes, mais tout cela ne fonctionne pas car la vue subjective n'est pas correctement utilisée et qu'en plus rien n'est fait pour faire participer le spectateur à cette exploration. Sur le papier, la caméra à l'épaule c'est bien, mais en réalité, c'est vraiment trop vomitif, avec des mouvements saccadés juste insupportables.


Un vieux portail, une vieille légende urbaine, un lieu pas entretenu, que des bonnes raisons pour une petite promenade...

Un bon film d'horreur, c'est très souvent des acteurs solides et un background de personnages assez recherché. Que ce soit au niveau du tueur ou des esprits, possédant un historique pas super jovial ou un caractère vraiment sadique, aux personnages victimes, possédant généralement un caractère combatif ou insupportable, créant ainsi une émotion chez le spectateur, tout personnage doit pouvoir faire ressentir quelque chose.
Dans ce métrage, aucun personnage n'est intéressant, que l'on passe du frère à la soeur, aux parents, à l'ami des parents, personne ne possède un historique intéressant. En fait, on va suivre une famille lambda dans un lieu de villégiature, sauf que cette famille n'a rien à raconter. Alors on a le grand frère un peu geek sur les bords, la petite soeur coquette qui le suit, le petit frère énigmatique qui ne parle pas, le père avec un boulot envahissant, bref, même si tout cela ressemble à n'importe quelle famille et peut susciter une projection de soi, il n'en est rien parce qu'on se fout de ce qu'il va leur arriver. De plus, les acteurs se révèlent être assez inexpressifs. Si l'on reste centré sur le grand frère, car c'est lui qui a l'idée de faire un documentaire sur les légendes urbaines, celui qui l'incarne reste anecdotique, tout comme le reste de la famille.

Si, au vu de la bande annonce ou de quelques images glanées de ci, de là sur le net, le film peut paraître gore, notamment avec la jaquette et la jeune fille apeurée ou encore l'image de la tête à moitié décapitée sur un tronc d'arbre, il n'en est rien. En fait le film ne veut jouer que sur un seul tableau, celui du questionnement créant la peur puis du twist final révélant quelque chose d'inattendue et de surprenant. Sauf qu'ici, on ne se pose pas de questionnements, car pour les habitués de Paranormal Activity, l'histoire d'un fantôme semble évidente et le twist final, tombant comme un cheveu sur la soupe, reste médiocre et inopportun.
De plus, la peur est la grande absente de ce métrage. Les éléments censés générer une frayeur ne sont pas efficacement distillés, et après une lenteur extrême, le film s'emballe durant dix minutes totalement en freestyle. Même Blair Witch était moins nauséeux. Du coup, on n'a pas peur et on languit que tout cela se finisse. Et les photos gores n'arrangent rien à la situation, tout comme la résolution du problème.


Ta gueule ! Mais ta gueule !

Au final, Atrocious est le genre de film qui porte bien son nom, un peu comme le film Abominable et son yéti en carton. Long malgré sa faible durée, mou et présentant des personnages inintéressants, radin en effets gores et vomitif sur les plans de course de nuit avec la caméra à la main, ce film ne s'adresse qu'aux grands fans des found-footage, et encore... Bref, un film raté qui ne pense qu'à surfer sur la vague des Paranormal Activity et dont on peut très bien se passer.

AqME
À propos de l’auteur : AqME

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