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Battleship Pirates

Un gros nanar hallucinant impossible à prendre au sérieux. Ridicule et minable.
Publié le 21 Février 2014 par AqMEVoir la fiche de Battleship Pirates
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Diable et Démon
Il y a différentes façons d'être étonné par un film. Le mieux reste d'être épaté par le talent, la mise en scène ou encore l'intelligence du scénario. Mais très souvent, on se retrouve face à des films qui laissent un arrière-goût amer, celui de s'être fait prendre pour un débile profond. Scénarios indigents, acteur au rabais, effets spéciaux, très spéciaux, mise en scène calamiteuse, les raisons d'être déçu par un film sont multiples. Prenons un exemple bien chauvin, The Devil's Story. Film fantastique français qui ne raconte rien, il s'est forgé une réputation de fer dans le domaine du nanar et est presque devenu une référence dans tout ce qu'il ne faut pas faire. On peut aussi citer Plan 9 From Outer Space d'Ed Wood qui est une purge infâme, mais qui a une belle réputation tant il est mauvais. Il faut croire que les Espagnols voulaient leur moment de gloire dans le nanar, et avec Battleship Pirates, ils y sont arrivés !


Le héros derrière, avec sa combi latex et sa moumoute blanche. La méchante devant avec son body string steampunk et son casque de bouc...

Le Baron contre les Démons

Comme tout bon nanar qui se respecte, Battleship Pirates possède une jaquette et un titre trompeurs. Premièrement parce que le gros vaisseau qui prend toute la jaquette n'est absolument pas présent dans le film, mais qu'en plus, le film ne parle pas de pirates ! Le scénario est totalement incompréhensible :on comprend vite que l'on est dans un moment post-apocalyptique et que l'espèce humaine est menacée par des démons rieurs. Un homme, le baron, faisant partie d'une espèce de commando a pour mission de détruire Ragnarok, une bestiole immonde qui doit détruire l'espèce humaine. Cependant, une jeune femme, sorcière de son état, tente de faire naître la vilaine bête dans le ventre d'une autre bestiole en capturant et en utilisant le sang du sexe du Baron. Entre-temps, une armée se prépare pour affronter les forces du mal. Bref, difficile de prendre conscience de l'ampleur de la débilité du scénario en le lisant comme ceci, car même en regardant le film, on ne comprend pas grand-chose. En même temps, on s'en fout un peu, vu que l'on est totalement halluciné par ce spectacle nauséabond, rempli de bondieuseries et de situations rocambolesques. Les personnages sont nombreux et inutiles, tout comme certains effets spéciaux qui sont presque insultants pour le spectateur. Bien entendu, la réalisation n'est pas à la hauteur. C'est d'ailleurs une catastrophe sur bien des points. Les scènes de combat sont illisibles, avec des zooms sur les vestes des personnages. Certaines séquences sont de simples images fixes sur des maquettes immondes alors que d'autres sont des réutilisations de plans déjà vus auparavant. Le réalisateur aurait pu être un peu plus finaud et nous balancer les plans avec 30 minutes d'écart, mais là, elles sont à 5 secondes d'intervalles... Certains moments sont imbuvables, comme les plans utilisés via caméra portative qui ne servent strictement à rien. Et ce ne sont pas les acteurs qui vont résoudre le problème !

Actor Studio

Dans ce film, il ne faut pas s'attendre à de la pointure espagnole. Belen Rueda, que l'on connaît pour ses rôles dans Les Yeux de Julia de Guillem Morales ou encore dans L'Orphelinat ne doit même pas connaître l'existence de cette purge. Le héros est passablement ridicule, entre sa longue chevelure blanche, sa combinaison en latex et son masque en carton. Il est d'autant plus stupide qu'il pense à voix haute, en tentant désespérément d'expliquer ses actes au spectateur médusé par ce scandale. À ses côtés, on retrouve une pléthore de nana à moitié à poil avec une poitrine opulente et un body string du plus vilain effet. Mais le pire est résolument le sosie de George Lucas jeune et ibérique, c'est-à-dire avec une grosse barbe bien noire. Quand on y repense, ce n'est finalement pas tant les acteurs ou le scénario qui laissent sans voix, puisqu'ils tirent plus vers le navet que vers le nanar. Ce qui confine le film au rang des nanars hallucinatoires, ce sont les effets spéciaux et les maquillages. Ainsi, pour présenter des démons violés, le réalisateur fera appel à des poupées articulées en gros plan, espérant tromper maladroitement le spectateur. Ensuite, pour montrer des démons rieurs, le réalisateur a fait appel à une horde de nains qu'il a affublé d'un masque de carnaval. Comme cela, ils ne clignent pas des yeux, ne bougent pas les lèvres et on reste médusé devant ce spectacle navrant. Tous les autres monstres sont en mousse et on assiste aussi à quelques maltraitances de mannequin en mousse. On peut aussi être stupéfait par les plans fixes de maquette ou encore les incrustations sur fond vert absolument hideuses. Bref, tout est fait pour ne pas se prendre au sérieux et cela marche, mais pas une heure et demie. Le film en devient beaucoup trop long et à moins d'être sous champignons hallucinogènes ou après avoir sifflé une bouteille entière de whisky, il est difficile d'adhérer plus d'une demi-heure à ce spectacle navrant. Mais d'un autre côté, le film livre une telle prestation de bêtises et de trip que l'on reste scotché devant ce spectacle qui a tout du mauvais goût.


On a retrouvé Michel Polnareff !!

Au final, Battleship Pirates est un gros nanar qui ressemble plus à une expérience hallucinante qu'à un vrai film. Il est impossible de se prendre au sérieux en faisant un tel film ou alors toute l'équipe était au régime champignon et gnôle. Bref, un nanar qui ressemble à The Devil's Story, qui n'a ni queue ni tête et qui ne propose qu'une histoire abracadabrantesque avec des effets spéciaux minables. Rigolo quand on est shooté ou saoul, hallucinant et ridicule sobre.

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