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Bring Me the Head of the Machine Gun Woman

Un film-hommage à la saga vidéoludique GTA, dans l'ensemble très réussi...
Publié le 26 Novembre 2013 par GeoffreyVoir la fiche de Bring Me the Head of the Machine Gun Woman
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Être chroniqueur de films, c'est parfois se taper des navets innommables que l'on aurait voulu éviter à tout prix (le douloureux souvenir de La véritable histoire de Blanche Neige hante encore mes nuits froides et glaciales...), mais c'est aussi, heureusement, tomber sur de petites pépites que l'on n'aurait jamais découvertes en temps normal.

Prenez Bring Me the Head of the Machine Gun Woman, par exemple. Il est fort probable que si je n'y avais pas été obligé, je ne prenne jamais la peine de visionner ce film chilien (!) qui surfe sur la vague Grindhouse relancée, il y a quelques années, par le duo Tarantino/Rodriguez. Eh bien, figurez-vous que j'aurais eu tort ! Car je serais alors passé à côté d'un chouette film qui reprend, tenez-vous bien, le concept de la célèbre saga vidéoludique Grand Theft Auto (GTA pour les intimes).

Oui, oui. GTA en film. Intriguant, n'est-ce pas ?
Cela dit, quand j'ai inséré le DVD dans mon lecteur, je n'en savais rien. La surprise a donc été d'autant plus forte.


Sa tête vaut du pognon.

Bring Me the Head..., c'est l'histoire d'un pauvre type, Santiago de son petit nom, au mauvais endroit, au mauvais moment. Alors qu'il est peinard aux toilettes, il entend Che Longana, le parrain local, discuter avec ses hommes de main de l'assassinat de la "Femme-Mitraillette", une tueuse sexy qui lui cherche des noises. Santiago va dès lors se retrouver au centre de toutes les attentions et recevoir une série de missions à accomplir pour sauver sa peau et celle de sa mère.

Les amateurs de GTA auront reconnu le principe du jeu, à savoir un nobody qui va peu à peu monter en puissance pour finalement se frotter aux patrons de la pègre.
Le réalisateur Ernesto Díaz Espinoza va même plus loin en découpant son film en une succession de "missions" et en reprenant régulièrement les codes visuels du jeu, notamment la vue de la voiture "à la troisième personne" ou le flingue en vue subjective façon FPS.



Shoot'em up !

Cela étant, le film n'est pas qu'un décalque de GTA. Il développe sa propre personnalité au travers son imagerie Grindhouse et se permet même d'aller titiller Robert Rodriguez sur son terrain. La violence crue fait parfois mal et on pense régulièrement à Machete. D'ailleurs, certains personnages de Bring Me the Head... n'auraient pas dépareillé aux côtés de Danny Trejo. La Femme-Mitraillette du titre (raaah, Fernanda Urrejola...) est un personnage typique de l'univers de Robert Rodriguez et se rapproche très fort de Luz, la femme forte incarnée par Michelle Rodriguez dans Machete.

Au niveau musical, Bring Me the Head... fait également très fort avec une track list de qualité.


Oh oui, mitraille-moi...

Malheureusement, tout n'est pas parfait dans le film d'Ernesto Díaz Espinoza. Le manque de moyens se fait parfois cruellement ressentir et le scénario reste finalement très linéaire malgré le découpage en missions. De plus, certains acteurs ne sont pas des monstres de charisme, ce qui ne manque pas de provoquer quelques sourires.
Cependant, dans l'ensemble, Bring Me the Head of the Machine Gun Woman reste très appréciable. En outre, la faible durée de l’ensemble (1h15), permet d'assurer un rythme soutenu et procure un plaisir immédiat.
Ce film constitue donc un bon divertissement qui ne se prend pas au sérieux et que je ne peux que recommander, surtout aux gamers.
Geoffrey Claustriaux

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