Voir la fiche complète du film : Christmas evil : Un Noël en Enfer (Bob Hardison, Rich Robinson - 2006)

Christmas evil : Un Noël en Enfer – Critique

Christmas evil : Un Noël en Enfer

Un slasher qui n’en est pas vraiment un et tient plus du Home Invasion mal fagoté. Atmosphère lénifiante et règlements de compte à l’emporte-pièce supplantent le carnage auquel on est en droit d’attendre. Fastidieux et désagréable au possible.

Publié le 3 Décembre 2017 par Dante_1984 · Voir la fiche de Christmas evil : Un Noël en Enfer

Les slashers prenant place pendant la période de Noël sont davantage connus pour leur propension à jouer de surenchère, quitte parfois à sombrer dans le grand-guignolesque. À quelques exceptions prêtes, les itérations dans un tel domaine ne sont pas forcément flatteuses, et ce, en considérant les limites d’un genre peu porté sur la qualité de l’intrigue. Même en minimisant ces critères d’exigence, on peut également constater quelques déplorables initiatives qui relèvent plus du gaspillage de pellicule que d’une création artistique. Encore que l’adjectif soit, en pareille situation, beaucoup trop encenseur. Christmas Evil a tout d’un slasher fauché, tant au niveau du budget que de l’inspiration.

La déco de Noël dans toute sa splendeur

On ne s’étendra guère sur le prétexte qui sert d’histoire (et de liant) à cette succession de séquences passablement idiotes. Un groupe d’anciens potes se réunissant sur le tard pour Noël, des motivations soi-disant cachées, un inconnu dont on devine déjà la psychose avant même qu’il n’apparaisse à l’écran... On croit avoir là tous les ingrédients d’un mauvais slasher, sauf qu’il n’en est rien! Il ne suffit pas d’aligner une bande d’individus décérébrés et de les confronter à un tueur en mal de victimes pour se targuer d’une telle appellation. Car, sous ses pâles apparats horrifiques, Christmas Evil relève davantage du huis clos ou du thriller type «home invasion».

Pour en arriver à ce constat, il faut s’infliger les règlements de compte auxquels s’adonne cette palanquée de pseudo-acteurs. On ressasse les erreurs et les bourdes du passé. On se montre hostile envers le petit nouveau. On complote pour tenter de rafler un pactole qui n’existe pas. Si le film est déjà court (70 minutes poussives), on s’ennuie ferme du début à la fin. On ne peut même pas parler d’une entame ou d’une introduction des personnages tant le rythme demeure amorphe d’un bout à l’autre. Il n’y a aucune gestion de la tension, aucune maîtrise de l’évolution d’une situation censée aller de mal en pis. Et il est inutile de parler d’un intérêt décroissant pour la chose.

Ce ne sont pourtant pas des lumières...

Même dans son absence totale d’idées ou de la manière dont on peut diriger un film, les cinéastes (car ils sont bien deux pour réaliser une telle bobine) nous infligent des cadrages catastrophiques. Incapable de mettre à minima en valeur l’intérieur d’une bicoque qui ne se pare nullement des atours de Noël. Les décorations festives se cherchent encore. Quand on comprend que l’intérêt de la chose lorgne en dessous de zéro (il n’y a pourtant pas de neige ni de verglas), on essaye de repérer les éléments censés évoquer cette période de l’année. Hormis deux ou trois bricoles accrochées çà et là, on peine à retrouver une ambiance typique, à défaut d’être immersive.

Et les meurtres? Là encore, on se complaît dans l’imposture la plus flagrante. Il faut attendre les cinq dernières minutes pour que l’hécatombe commence et ne s’achève même pas! Après avoir patienté plus que de rigueur, les morts escomptées se comptent sur les doigts d’une main et sont d’une rare platitude. Une intoxication médicamenteuse, un coup de couteau mal placé et, en guise d’épilogue, un kidnapping qui nous partage entre frustration et soulagement. D’un côté, l’amateur d’hémoglobine reste sur sa faim. De l’autre, on parvient enfin au terme d’un pénible huis clos qui n’a décidément rien pour lui. Pas même l’excuse de pallier à des contraintes budgétaires que d’autres productions réussissent à contourner.

Quand on vous dit de ne pas abuser des mauvais films !

Au final, Christmas Evil possède un sous-titre prédestiné. Le Noël qui sent le sapin est avéré, encore faut-il insuffler un minimum de décorum pour laisser croire qu’on se situe en fin d’année. Le film aurait pu s’appeler«Easter Evil» que cela n’aurait rien changé. Entre des dialogues d’une pauvreté navrante, un casting jamais dans le ton, un scénario famélique bon pour les orties et une progression indolente, le film de Rob Hardison et Rich Robinson est une véritable épreuve. Difficile de le qualifier de slasher puisque les codes du genre sont bâclés, voire absents. Point d’approche horrifique ni d’une quelconque volonté de fournir une production potable, Christmas Evil se solde par un long et pénible moment cinématographique.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

Autres critiques

La nuit des requins

La nuit des requins

Si les années 1980 sont assez prolifiques dans le domaine horrifique avec l’émergence de boogeymans emblématiques, le survival animalier profite avec modération du succès des Dents de la mer . Loin d’être notable, on peut citer les deux dernières suites au chef d’œuvre de Spielberg, ainsi que La mort au large . Produit italien de seconde zone qui s’avance comme une version...
Le scaphandrier

Le scaphandrier

Le slasher est un genre extrêmement codifié dont les seules limites narratives peuvent suffire à l’enclaver à un public de connaisseurs. Il y a bien les modèles et les précurseurs qui peuvent toucher le grand public, mais l’aspect bis, voire Z, a tôt fait de décourager des spectateurs non avertis. En général, le boogeyman ou psychopathe se pare d’un masque ou d’un...
Lacérés

Lacérés

**Attention, cette critique contient quelques spoilers.** Une famille recomposée compte bien profiter d'un week-end en camping pour se donner une nouvelle chance. Pendant ce temps, un couple se fait attaquer dans des bois environnants par une femme atrocement défigurée. Si Leatherface avait eu une fille, aurait il osé profité de sa célébrité pour permettre à celle-ci d'obtenir un premier rôle...
Battleship Pirates

Battleship Pirates

Il y a différentes façons d'être étonné par un film. Le mieux reste d'être épaté par le talent, la mise en scène ou encore l'intelligence du scénario. Mais très souvent, on se retrouve face à des films qui laissent un arrière-goût amer, celui de s'être fait prendre pour un débile profond. Scénarios indigents, acteur au rabais, effets spéciaux, très spéciaux, mise en scène calamiteuse, les raisons...
The Devil Inside

The Devil Inside

Isabella est hantée par le massacre que sa mère a commis voilà vingt ans. Elle décide d'effectuer un reportage sur les exorcismes pour démêler les fantasmes de la réalité et surtout savoir si sa mère est folle à lier ou possédée par une entité démoniaque. Après s'être essayé aux joies des conséquences d'un jeu vidéo basé sur la vie de la comtesse Bathory (!), William Brent Bell signe...