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Dead & Breakfast

Invités à un mariage et coincés dans un patelin paumé au coeur de l'Amérique profonde, un groupe de jeunes losers affronte des zombies, amateurs de country, dans la réponse Us au cultissime <b>Shaun of the Dead</b> !
Publié le 1 Janvier 2008 par GORE MANIACVoir la fiche de Dead & Breakfast
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Zombie Hôtel

Un groupe de copains, en route pour le mariage d'une amie, se perd à Lovelock, petite ville isolée. Ils trouvent refuge pour la nuit dans un Bed and Breakfast d'honnête facture, tenue par un étrange gérant (David Carradine).

L'Amérique profonde et ses cutéreux atypiques ne cessera visiblement jamais d'inspirer les scénaristes de films d'horreur depuis Massacre à la Tronçonneuse (1974). Une fois encore, les moeurs étranges de ces villageois sont montrées du doigt dans cette semi parodie des films de zombies. Car, après des débuts timides, légèrement soporifiques, la seconde moitié du métrage verse dans l'humour noir, un humour certes un peu gras et pas vraiment tordant, mais qui confirme que le réalisateur ne souhaitait pas mettre en scène un film d'horreur classique. La question que l'on est en droit de se poser à l'issue du long-métrage est la suivante : a t'il eu raison ?

A l'heure actuelle, tout cinéaste approchant le film de genre doit s'attendre à des comparaisons de plus en plus difficiles à soutenir. Le casting, très télévisuel (Bianca Lawson, Jeffrey Dean Morgan), le scénario basique et la mise en scène assez quelconque, donne raison au réalisateur de cette série B qui, à défaut d'être novatrice, se doit donc d'être un peu originale dans son traitement du sujet. Ici, l'horreur de la situation (une ville investie par un esprit diabolique prenant possession des corps de ses victimes), prête donc à un jeu de massacre au second degré, davantage dans l'esprit ironique de Shaun of the Dead que dans celui, 100 % parodique, de Scary Movie. Néanmoins, contrairement à l'inventif film britannique d'Edgar Wright, Dead & Breakfast s'avère être assez poussif, hormis quelques scènes sympathiques, avec fort taux d'hémoglobine (cf la scène dans la ferme servant de bal local).

Le film lorgne également vers deux autres films phares dans l'univers horrifique : 2 000 Maniacs, tout d'abord, pour l'aspect country du film (avec ce chanteur-narrateur plus énervant qu'autre chose, qui coupe le rythme déjà peu emballant du film), La Nuit des Morts-Vivants, enfin, pour le siège de la maison, qui ressemble trait pour trait à l'épilogue culte du film de Romero. Le pari de la comédie horrifique est peut être tout aussi périlleux que le film gore classique, car amuser le spectateur dans une ambiance en principe propice au frisson n'est pas chose aisée, surtout lorsque les comédiens, jeunes et méconnus, semblent eux mêmes mal à l'aise au milieu de cette gaudriole, à l'image d'une Gina Philips d'une navrante platitude, elle qui était si énergique dans Jeepers Creepers. En fait, après un début difficile, le film pouvait s'orienter vers une histoire de possession assez attirante. Faute de goût, l'assaut final plonge ce métrage dans un environnement assez lourdingue, à l'image de ces zombies danseurs qu'on imagine bien dans un clip de Mickael Jackson, version Thriller. L'épilogue, assez bâclé, ne propose rien d'épatant, et nous oblige à nous poser la question sur le bien fondé d'une telle entreprise, sauf celle de surfer sur le succès surprise d'un Shaun of the Dead.

On peut regretter sincèrement ce manque de prise de risque chez Matthew Leutwyler car le style visuel (un peu BD, à l'image du générique initial) et le contexte picaresque de l'oeuvre auraient gagné à être exploité de manière plus radicale (cf. 2 001 Maniacs, il est vrai boosté par la présence du succulent Robert Englund), les scènes gore étant fort bien réussies, mais le manque de profondeur des personnages (agaçants ou détestables pour la plupart), les altermoiements rythmiques de la mise en scène et, au final, les difficultés du scénariste à nous faire rire ou sourire (le but premier de ce film, en principe), amènent un sentiment mitigé à propos de ce Dead & Breakfast assez fade, malgré quelques passages honnêtes, mais insuffisants pour insuffler cette énergie nécessaire à tout film qui se veut incisif et iconoclaste.

En résumé, vous pouvez vous arrêter à Lovelock le temps d'une soirée, mais évitez d'y séjourner trop longtemps !

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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