Voir la fiche complète du film : Woochi: Le magicien des temps modernes (Dong-hun Choi - 2009)

Woochi: Le magicien des temps modernes – Critique

Woochi: Le magicien des temps modernes
Un film exotique et sympathique, mais parfois brouillon et qui contient quelques chutes de rythme...
Publié le 24 Mars 2011 par Geoffrey · Voir la fiche de Woochi: Le magicien des temps modernes
Les superproductions asiatiques ont mis le temps à se frayer un passage jusque chez nous, mais peu à peu, elles commencent à se faire connaître par un plus large public. Ce qui est très bien, car ce cinéma venu de l'autre bout du monde est souvent rafraichissant et bourré d'idées. Il ne plaira certes pas à tout le monde, mais il a le mérite d'être différent.

Le film qui nous occupe aujourd'hui est sud-coréen et selon la jaquette, a attiré pas moins de 7 millions de spectateurs dans les salles obscures.

L'histoire?
A la création du monde, des Dieux Taoistes reçurent comme mission de garder prisonniers des démons maléfiques, les gobelins durant 3000 jours. Hélas, ils les laissèrent s’échapper, et ceux-ci se mirent en quête d’une flûte pour dominer le monde.
Woochi, un jeune magicien talentueux toujours accompagné de Chorangyi, passe son temps à utiliser son pouvoir dans le but de troubler l’ordre public, et en particulier la royauté. Hélas pour lui, ses facéties prendront fin lorsqu’il se retrouvera piégé dans une peinture.
500 ans plus tard, à notre époque, les divinités taoistes n’ayant toujours pas réussi à stopper les gobelins, réveilleront Woochi pour qu’il exécute la tâche à leur place, mais c’était sans prévoir à quel point il deviendrait incontrôlable dans le monde moderne...

Bigre, voilà un pitch fichtrement prometteur, improbable croisement des Visiteurs et de légendes asiatiques.


Le contre-jour : classique, mais toujours efficace...

Bon, autant éventer le suspense directement: le film ne tient pas toutes ses promesses. Est-ce que cela tient aux différences culturelles entre les pays Asiatiques et les Européens ? Ou bien est-ce parce que le film contient certaines faiblesses ?
Personnellement, avec mes yeux d'occidentaux, c'est la deuxième option que je privilégie. Parce qu'un cadrage raté reste un cadragé raté, où qu'on se place sur la mappemonde. De même qu'un montage trop cut en Corée du Sud restera trop cut en France.
De fait, le premier problème auquel doit faire face le spectateur qui s'attaque à Woochi, c'est une première demi-heure franchement brouillonne, tant au niveau du scénario que de la réalisation. Les enjeux ne sont pas très clairs car on passe d'un personnage à l'autre (voire d'une époque à l'autre) sans transition. Ce n'est qu'au bout d'une trentaine de minutes que l'enchaînement frénétique des situations va se calmer et que le film va enfin devenir compréhensible.
Gageons qu'à ce moment, certains spectateurs auront déjà décroché.
Heureusement, les courageux seront récompensés, car la suite va se montrer plus réussie.


La contre-plongée : toujours efficace également...

Il faut dire que graphiquement, le film dépote pas mal. Quelques effets sont franchement impressionnants et certains affrontements valent le détour. Pas tous malheureusement, car quelques uns sont trop "câblés" pour être honnêtes. Je veux dire par là qu'on sent un peu trop les techniciens qui tirent les acteurs dans les airs. Les mouvements sont moins "naturels" que ce que l'on a pu voir dans des films tels que Tigre et Dragon et Zu, les guerriers de la montage magique pour ne citer que les plus connus.
Ceci entraîne une certaine mollesse dans les combats qui apparaissent comme trop chorégraphiés.
De plus, il convient de signaler que la réalisation n'est pas exempte de reproches. Trop souvent elle cache ce qu'elle est censée montrer et frustre parfois. L'exemple des gobelins est le plus frappant. Impressionnantes et stylées, ces créatures sont trop peu présentes à l'écran et quand elles le sont, c'est par tranches d'une ou deux secondes, ce qui ne laisse pas le temps au spectateur de les admirer. Rageant !

Pour en terminer avec les points négatifs, signalons quelques chutes de rythme dans la seconde partie avant d'arriver au combat final.


Un méchant tout feu, tout flamme...

Venons-en maintenant aux acteurs. Pour faire court, ils sont parfaits dans leurs rôles. Les personnages sont parfois horripilants, souvent ridicules, mais c'est fait exprès. Le plus étonnant réside dans le fait que seuls les gentils sont humiliés, alors qu'à contrario, le méchant a la classe et du charisme. Le héros, par contre... quand il ne s'habille pas avec les fringues de Michael Jackson, il arbore une tenue un poil ringarde.
Et que dire de son acolyte, l'homme-chien? Plus tête à claques, tu meurs. Quoique dans leur genre, les trois divinités taoistes ne sont pas mal non plus.
Bref, les gentils sont bien grâtinés, alors que les méchants ont la classe impériale (raaaah, ces gobelins!).


Trois divinités ridicules et un homme-chien: toute la classe taoiste...


...opposée aux gobelins en armure.

L'histoire est également très intéressante malgré sa complexité. Les Dieux, les parchemins magiques, les luttes de pouvoir, tout cela apporte un vent de fraicheur par rapport à ce que l'on a l'habitude de voir dans nos contrées.
L'humour déployé ici apporte un plus à l'ensemble, malgré une lourdeur et une naïveté parfois touchantes. Mais l'humour étant une chose tellement subjective, il serait malvenu de le critiquer ici. Pour rappel, même dans l'excellent Shaolin Soccer, tous les gags ne fonctionnaient pas aux yeux des Occidentaux.
A vous de voir si adhèrerez.


Michael Jackson-style...

En résumé, Woochi: le Magicien des Temps Modernes est un film à conseiller aux curieux qui aimeraient s'essayer en douceur à un autre type de cinéma. Les amateurs de films d'arts martiaux et de légendes asiatiques y trouveront également leur compte.
Le spectateur lambda et non-initié sera peut-être moins intéressé, mais pour les autres, n'hésitez pas à visionner ce film exotique et rafraichissant.
Dommage que ses quelques défauts lui fassent rater le coche, à savoir devenir un incontournable.
Geoffrey Claustriaux
Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

Insidious

Insidious

Depuis le premier Saw et le choc qu'il a constitué (aussi bien pour les spectateurs que pour le cinéma d'horreur en général), James Wan fait partie des réalisateurs talentueux à suivre. Le hard-boiled Death Sentence et le très sympathique Dead Silence sont également là pour le rappeler. Du coup, en apprenant que l'australien allait s'attaquer au thème de la maison hantée, on ne...
The Curse of Audrey Earnshaw

The Curse of Audrey Earnshaw

Film d'horreur canadien réalisé par Thomas Robert Lee et sorti en 2020, The Curse of Audrey Earnshaw se déroule dans une communauté agricole isolée du 19e siècle, où les habitants sont en proie à des événements surnaturels et à une malédiction mystérieuse. L'histoire tourne autour d'Audrey Earnshaw, une jeune femme énigmatique dont la mère a été bannie de la communauté après avoir été...
Häxan - La sorcellerie à travers les âges

Häxan - La sorcellerie à travers les âges

Au même titre que le vampire, la sorcière est une figure emblématique du cinéma de genre. Tour à tour tournée en dérision dans des comédies familiales, objet de répulsion pour certains films d’horreur, représentation glamour à travers des récits romanesques plus ou moins contemporains... Le sujet a été exploité sous toutes ses formes, quitte parfois à perdre de vue son origine historique et...
The Thing

The Thing

Quand l'annonce d'un remake/prequel du mythique chef d'oeuvre de Big John Carpenter a été proclamée, beaucoup ont crié au scandale. Je ne fais pas partie des gens qui s'amusent à défoncer un métrage avant de l'avoir vu et de me faire une propre opinion, mais pour le coup, je me suis dit que cela allait être très difficile de passer derrière le film de 1982, tant il reste...
Stake Land

Stake Land

A l'époque de ma critique de Mulberry Street , j'avais déjà loué la capacité du réalisateur Jim Mickle à tirer le maximum des maigres moyens mis à sa disposition et force est de constater qu'avec Stake Land , il a encore augmenté son niveau d'un cran, en gommant les imperfections de son précédent essai. Ce faisant, il réalise le sans-faute, propulsant son road-movie vampirique au rang de film à...