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Double Assassinat dans la Rue Morgue (1932) – Critique

Double Assassinat dans la Rue Morgue

A Paris, au milieu du XIX ème siècle, Dupin, étudiant en médecine, et sa fiancée assistent à divers spectacles forains. L'une de ces animations, mettant en scène le Docteur Mirakle et son singe Erik, passionnent les foules. Ce Double Assassinat dans la Rue Morgue est agréable à (re)découvrir, ne serait ce que pour ses splendides décors gothiques de Paris.

Publié le 10 Février 2017 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Double Assassinat dans la Rue Morgue

A Paris, au milieu du XIX ème siècle, Dupin, étudiant en médecine, et sa fiancée, Camille, assistent à divers spectacles forains. L'une de ces animations, mettant en scène le Docteur Mirakle et son singe Erik, passionnent les foules.

A l'occasion de sa sortie en Blu-Ray, replongeons nous dans la première adaptation de la célèbre nouvelle d'Edgar Poe. Double Assassinat dans la Rue Morgue fait partie des histoires les plus connues de l'écrivain américain Edgar Poe. Cette première version cinématographique, sortie en 1932, était donc attendue au tournant par les nombreux amateurs de Poe.


Robert Florey, un temps annoncé pour la mise en scène de Frankenstein, qu'il aurait tourné avec Lugosi plutôt que Karloff, se retrouve parachuté sur ce tournage. A la nouvelle initiale, plutôt orientée vers le polar, les scénaristes décident d'incorporer quelques éléments fantastiques.

Ainsi, le propriétaire du singe, un marin français dans la nouvelle, devient ici un scientifique étranger souhaitant relier les origines de l'Humanité à celle du primate, par le biais d'expériences troubles. Bela Lugosi y trouve sans doute son meilleur rôle après Dracula. Malgré un jeu parfois excessif, évoquant les films muets expressionnistes, Lugosi y campe un être dénué de morale, prêt à tout pour arriver à ses fins, plus effroyable encore que son singe meurtrier.


Son adversaire, Dupin, passe du statut de détective digne d'un Sherlock Holmes à celui de simple étudiant en médecine, embarqué dans cette enquête afin de sauver sa dulcinée. Leon Ames, en jeune premier, manque de caractère et ne retrouve pas l'esprit brillant du héros de Poe. A l'instar de la victime d'Erik, Sidney Fox, Ames ne sert que de faire-valoir à Lugosi, dans une nouvelle variation autour du thème du savant fou, avec le laboratoire de service et le serviteur défiguré (l'inquiétant Janos).

Néanmoins, la trame principale de la nouvelle (le singe meurtrier) est respectée par Florey, qui donne du cachet à de nombreuses scènes, reconstituant à merveille les décors lugubres du Paris de l'époque. Le cinéaste n'oubliera pas également la cultissime séquence du double meurtre. Même s'il prend quelques libertés avec l'originale, il parvient à retranscrire la tension et l'aspect surhumain de cet acte monstrueux.

L'épilogue, qui inspira sans doute les futurs auteurs de King Kong, constitue un bon moment de suspense. Le principal défaut de ce premier Double Assassinat dans la Rue Morgue réside sans doute dans les effets spéciaux concernant le singe. Alternant entre gros plans sur un primate réel et plans larges sur un homme déguisé en gorille (il s'agissait d'un orang-outang dans la nouvelle), Erik ne parvient pas toujours à convaincre, contrairement au roi Kong qui débarquera un an plus tard dans les salles obscures. Néanmoins, durant à peine une heure, ce long-métrage devrait contenter les fans de Poe et de Lugosi, dont la carrière descendra en flèche après l'échec commercial du film.

Sortant dans un combo DVD & Blu-Ray chez Elephant Films, Double Assassinat dans la Rue Morgue est présenté, comme les trois autres films de ce cycle, par Jean-Pierre Dionnet. Ce dernier nous livre ainsi quelques anecdotes intéressantes sur le tournage. Le Blu-Ray bénéficie d'une image et d'une piste sonore de très belle facture, même si les possesseurs de lecteurs DVD apprécieront tout autant le travail effectué sur ce long-métrage parfaitement restauré.

Sans être la plus fidèle retranscription de ce classique d'Edgar Poe, ce Double Assassinat dans la Rue Morgue est agréable à (re)découvrir, ne serait ce que pour ses splendides décors gothiques de Paris.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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