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Escape from Cannibal Farm

Une production faiblarde ne parvenant pratiquement jamais à camoufler son budget négatif. Le résultat est, par conséquent, trop amateur pour être appréciable.
Publié le 20 Mars 2018 par KinemaVoir la fiche de Escape from Cannibal Farm
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Suite à une série de mésaventures, une famille lambda se voit contrainte de demander l’asile dans une ferme reculée où vivent des rednecks sanguinaires, à tendance débile. Derrière ce synopsis, matière propice à un bon torture-porn/survival sans prétention, se dissimule un scénario un peu tiré par les cheveux rendant le tout indigeste.

« On va cacher le fait qu’on n’a pas de tunes derrière un scénario super complexe. Ils n’y verront que du feu… » Certainement le refrain de la chanson écrite par Charlie Steeds, réalisateur du triste Escape from Cannibal Farm. Voulant maladroitement ajouter des enjeux plus matures pour donner de l’ampleur à son métrage, ce cinéaste inexpérimenté se prend les pieds dans le tapis et nous sert un patchwork d’idées confuses difficiles à avaler. Entre le drame familial, le thème de la vengeance, le réseau de vente de chair humaine et les nombreux rebondissements, difficile de savoir où donner de la tête.

On remarquera la référence – ou correction faite, le plagiat – au Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (Poltergeist, Lifeforce), car l’un des antagonistes est un attardé portant un tablier de boucher ainsi qu’un masque de peau humaine. L’emprunt est un peu trop flagrant pour être apparenté à l’hommage, d’autant plus que le synopsis rappelait déjà énormément le classique de Hooper.

Une autre déception vient des effets visuels gores peu réalistes. On cite, à titre d’exemple, un coup de fourche dans le postérieur digne d’un gag des looney tunes ou des mains qui explosent littéralement au contact d’une barrière électrifiée. On va consulter Google pour savoir si c’est possible.

En revanche, la scène où l’un des personnages se retrouve confiné dans un four – pas vraiment un spoiler, car dévoilé dans les bandes-annonces – est très perturbante. Entendre ses supplications faites à sa mère impuissante se révélera particulièrement éprouvant et pour en remettre une couche, la cuisson est affreusement lente. Le prix à payer pour une viande de qualité.

Côté casting, pas de quoi décerner un Golden Globe, mais certaines prestations sont correctes comme celles de Kate Davies et de David Lenik interprétant respectivement la sœur et le frère aîné. Par contre, au rayon cabotinage, on souligne la performance de Barrington De La Roche dans le rôle du vieux fou, propriétaire de cette fameuse ferme.

En dehors de quelques passages bien sentis, on ne retiendra pas grand-chose d’Escape from Cannibal Farm. Le cinéma indépendant peut receler quelques perles, mais aussi de nombreuses tentatives foirées comme cette copie sans goût du Massacre à la tronçonneuse. Inutile donc de tomber dans la suranalyse abusive. Le film n’est pas un plantage complet, mais ne mérite pas 1 h 30 de votre temps. Regarder la course des nuages dans le ciel a plus d’intérêt, et au moins, c’est relaxant.

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