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Exit Speed

Un bus est pris en chasse par un gang de motards. Suite à un accident, le chauffeur écrase deux d'entre d'eux, provoquant la furia de leurs amis. Il faut avouer que la mission de Scott Ziehl est accomplie sans entrave.
Publié le 26 Mai 2011 par GORE MANIACVoir la fiche de Exit Speed
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Activement recherchée par l'armée, Meredith, une femme militaire qui a déserté à son retour d'Irak, tente de fuir à travers le Texas. Elle prend place dans un bus faisant route jusqu'à El Paso.
Très rapidement, le bus est pris en chasse par un gang de motards dégénérés. Suite à un accident, le chauffeur de bus écrase deux d'entre d'eux, provoquant la furia de leurs amis.

Le titre du film et l'apparition du bus pourraient au départ nous orienter vers un Speed de série B, mais le métrage s'oriente très rapidement vers un Mad-Max texan, avec sa horde de motards psychopathes, pour finalement nous proposer un affrontement entre les passagers du bus et leurs agresseurs dans un huis clos à ciel ouvert.

Habitué jusqu'ici aux téléfilms de commande (Sexe Intentions 3, Road House 2), Scott Ziehl tente avec Exit Speed de recycler plusieurs références cinématographiques sur le thème souvent porteur des routes américaines meurtrières (cf la série des Hitcher, Une Virée en Enfer, Highwaymen, Duel).
Toutefois, l'affrontement entre la victime et son agresseur ne se résume pas ici à un mano a mano souvent privilégié, le combat opposant bien deux groupes. Ziehl souhaite mettre en avant l'esprit d'équipe d'étrangers qui, devant un danger commun, vont faire cause commune et se survolter.

Les personnages, avec ce genre de sujet, doivent être suffisamment charismatiques et énergiques pour donner du volume à un scénario minimaliste. C'est plutôt le cas avec ce métrage rondement mené.
Julie Mond y est aussi séduisante qu'audacieuse dans le rôle principal. A ses côtés, on reconnaitra avec plaisir quelques visages connus : de Desmond Harrington (Détour mortel) à Lea Thompson (Retour vers le Futur), excellente en mère célibattante, en passant par Fred Ward, second rôle toujours marquant.
Ces personnages, tous unis contre un événement inattendu, sont bien troussés et ne font pas dans l'héroïsme forcené, de sorte qu'on s'y attachera facilement.

Face à eux, les motards auraient par contre mérité un meilleur traitement de la part du scénariste. En effet, aucune ligne de dialogue ne sera octroyée à ces derniers, semblables à des animaux sauvages dénués de la moindre forme d'humanité. Ce parti pris peut se comprendre, mais cette vision manichéenne quelque peu réductrice oublie aussi de faire la part belle aux méchants de service, ce qui rend parfois ce duel répétitif, le réalisateur s'orientant trop souvent sur le point de vue des héros, preuve que ce métrage peine à dépasser le cadre de la série B dans lequel il s'est assis confortablement dès le début du voyage.

Entre les traditionnels conflits, les rapprochements propres à ce genre d'expérience, Exit Speed ne dispose pas d'un scénario adepte des surprises grandiloquentes.
L'épilogue, comme dans un bon vieux western des familles, n'étonnera personne. Les renforts arrivent de part et d'autre pour un feu d'artifice final réussi. L'ingéniosité des armes évoquera à pas mal de nostalgiques des séries télévisées de notre enfance les préparations explosives de MacGyver et Barracuda (L'Agence tous Risques), et résume assez bien l'état d'esprit de ce film, dont l'ambition première est de divertir.
Il faut avouer que la mission de Scott Ziehl est accomplie sans entrave, le réalisateur s'offrant même quelques meurtres sanglants (cf le chef du gang) afin d'épancher la soif des amateurs de gore.

Sans égaler les films cultes qui avaient jusqu'ici brûlé l'asphalte des routes cinématographiques américaines, Exit Speed ne démérite nullement et mérite incontestablement qu'on s'y attarde, ne serait-ce que le temps d'une courte halte estivale, entre deux cocktails bien frappés.

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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