Voir la fiche complète du film : Hellraiser : Bloodline (Kevin Yagher, Joe Chappelle - 1996)

Hellraiser : Bloodline – Critique

Hellraiser : Bloodline
Pinhead dans l'espace... Idée aussi saugrenue que débile. Le résultat est un film mal fichu, sans aucun rapport avec les précédents et qui ne risque pas de vous empêcher de fermer l'oeil de la nuit. L'un des plus mauvais épisodes de la saga...
Publié le 1 Janvier 2008 par Julien · Voir la fiche de Hellraiser : Bloodline

Au XVIIe siècle, Jacques Lemarchand reçoit une commande spéciale de la part d'un mystérieux magicien français. Jacques lui livre un étrange cube-puzzle que le magicien va employer lors d'une scéance d'occultisme au cours de laquelle il ouvre une porte vers l'enfer. Conscient du danger, Jacques décide de préparer les plans d'un nouveau cube. Mais la malédiction est désormais sur toute sa descendance. Quatre siècles plus tard, en 2075, son descendant s'efforce de poursuivre le démon et de mettre un terme à cette malédiction...

Hellraiser : Bloodline est le quatrième volet d'une série qui débuta en 1987 avec Hellraiser : Le Pacte, réalisé par l'auteur de la nouvelle dont est tiré le film : l'écrivain Clive Barker. Une très bonne suite fut produite : Hellraiser 2 : Les Ecorchés (1988), mise en scène par Tony Randel (Ticks). Un troisième film, Hellraiser 3 : Hell on Earth (1992) vit le jour grâce aux bons soins d'Anthony Hickox, réalisateur de séries B capable du meilleur (Waxwork) comme du pire (Prince Valiant). Puis vint le maquilleur Kevin Yagher (Hidden, The Borrower, Rumpelstilskin) qui connu un certains nombres de déboires sur le film et qui a usé du pseudonyme d'Alan Smithee pour les crédits du film. Non-crédité au générique également, le réalisateur Joe Chappelle (Halloween 6 et Phantoms... sans commentaires) qui a tourné quelques scènes. Bref, Hellraiser : Bloodline ne partait déjà pas du bon pied...

La vision de ce quatrième film s'avère plus que douloureuse. Surtout lorsque l'on a encore à l'esprit les deux excellents premiers films. Le troisième était une série B qui, si elle n'apportait pas grand chose à la série, avait le mérite de ne pas trahir le mythe créé par Clive Barker. Avec Hellraiser : Bloodline, on se retrouve au beau milieu d'un grand n'importe quoi. L'histoire est difficile (pour ne pas dire chiante) à suivre et se compose de longs flash-backs qui sont sensés nous dévoiler la création du cube maléfique et la malédiction qui va peser sur son constructeur.

Le premier flash-back nous ramène en France (!) et nous présente Jacques Lemarchand, créateur de jouets, qui reçoit une commande spéciale de la part d'un étrange magicien très réputé. Il va donc lui livrer le cube que le magicien va utiliser pour réveiller un démon. Bien sûr, le démon va investir le corps d'une pauvre malheureuse de passage chez le magicien adepte des sciences occultes. Témoin de la scène et peu rassuré, Jacques décide de préparer les plans d'une nouvelle boîte pour détruire la première (!)... Ensuite, on se retrouve directement en 1996 (!) avec le descendant de Jacques, un designer de talent qui va rencontrer celle qu'il voit dans ses cauchemars : la fameuse femme-démon. Tout ça, ça prend plus d'une heure et c'est à peine agrémenté de quelques passages sanglants peu convaincants. On revient ensuite en 2075 avec le descendant de Jacques qui a la ferme intention de détruire une bonne fois pour toute Pinhead et sa clique de Cénobites.

Pinhead, la "tête d'épingles" : parlons-en. S'il est devenu une véritable figure du cinéma d'horreur au même titre que Freddy ou Candyman, force est de constater que dans Hellraiser : Bloodline, il fait plus de la figuration qu'autre chose. Il arrive d'ailleurs au beau milieu du film sans que l'on sache réellement d'où il sort, ce qu'il veut vraiment... Bref, ce qu'il vient foutre là. C'est un peu comme si le scénariste - Peter Atkins, déjà responsible du scénario du second film pourtant - l'avait planté là (ainsi que les Cénobites) histoire de rappeller au spectateur qu'il regarde un film de la saga Hellraiser (ne cherchez pas de lien avec les films précédents, il n'y en a pas). Dommage et surtout frustrant. Il est d'ailleurs devenu aussi bavard que le père Freddy et a perdu beaucoup de sa superbe (ses apparitions sont ridicules, tout comme ses longs dialogues ennuyeux, inintéressants et redondants). Pinhead n'est plus que l'ombre de lui-même. Il est même devenu bête : il se fait berner par un hologramme en fin de métrage...

Réalisation bancale, acteurs peu convaincants, scénario et dialogues creux, concept débile (Pinhead dans l'espace, quel intérêt ?), fin rapide et prévisible... Hellraiser : Bloodline compte parmi les plus mauvais films de la saga. Il n'y a guère que les SFX qui sauvent le film (et encore...) du naufrage le plus total. Un naufrage presque annoncé par la pitoyable accroche de l'affiche du film : "L'Ultime combat des Lumières contre les Ténèbres" (il ne devait pas y en avoir beaucoup des lumières sur le tournage). Mieux vaut donc se repasser les deux premiers films - et le troisième à la rigueur - pour passer un moment plus agréable en compagnie de Pinhead et ses amis...

Julien
À propos de l’auteur : Julien

Autres critiques

Le Territoire des Ombres - Première Partie : Le Secret des Valdemar

Le Territoire des Ombres - Première Partie : Le Secret des Valdemar

Alors qu'une experte en immobiliers évalue une immense demeure familiale, elle disparaît sans laisser de trace. Un détective privé est engagé pour la retrouver. S'il n'est nul besoin de présenter l'oeuvre mythique de Lovecraft dans le domaine littéraire, il est à déplorer que la plupart de ses adaptations cinématographiques soient beaucoup moins incontournables. Exception faite d...
Night Monster

Night Monster

Encore auréolées du succès des films de monstres au début des années 1940, les productions hollywoodiennes s’essayent à de nouvelles pistes d’exploration en matière de frissons cinématographiques. À l’époque, le thème de la maison hantée est généralement tourné en dérision avec des comédies pseudo-horrifiques. Idée reçue que l’on entretient ou délaisse à travers des huis...
Clownhouse

Clownhouse

Alors que les années 1980 touchent à leur fin, le cinéma d’horreur est particulièrement hanté par les boogeymans et autres psychopathes issus des slashers. Sous-genre en perte de vitesse à l’époque, ce dernier reste la principale base de travail de Clownhouse , même s’il n’officie pas vraiment dans ce style. Comme son titre l’indique, le premier métrage de Victor...
Scary Stories

Scary Stories

Sous forme d’histoires courtes ou de pulps, de nombreux récits horrifiques ont pu voir le jour dans le domaine des nouvelles ou de la bande dessinée. Au fil du XXe siècle, le format a été particulièrement bien accueilli outre-Atlantique, parfois jusqu’à fournir des adaptations classiques, comme Les Contes de la crypte . En France, Scary Stories to Tell in the Dark , l’œuvre d...
Lovely Bones

Lovely Bones

La jeune Susie Salmon est assassinée par l’un de ses voisins. Alors que la police enquête et que ses parents se retrouvent désemparés, elle observe la vie s’écoulait sans elle depuis l’entre-deux monde, un endroit à mi-chemin entre la Terre et le Paradis. Le visage de l’innocence même Il aura fallu quatre longues années pour que Peter Jackson revienne derrière la caméra...