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Histoires d'outre-tombe

Visitant des catacombes, cinq personnes s'égarent et se retrouvent enfermés dans une crypte. Ce long-métrage permet de pouvoir apprécier dans les meilleurs conditions l'un des fleurons d'une société qui eut le mérite de tenter de rivaliser avec l'ogre du cinéma d'épouvante britannique dans les années 70, mais aussi de (re)découvrir la première adaptation du fameux comics de William Gaines.
Publié le 22 Septembre 2018 par GORE MANIACVoir la fiche de Histoires d'outre-tombe
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Visitant des catacombes, cinq personnes s'égarent et se retrouvent enfermés dans une crypte. Un étrange individu les invite alors à écouter l'histoire de leur mort prochaine.

De 1950 à 1955, le comics américain Tales from the Crypt, édité par William Gaines, distillera hémoglobine, sexe et humour noir à toute une génération de lecteurs en quête de nouvelles sensations littéraires. Vingt ans plus tard, la firme Amicus, rivale des studios Hammer en Grande-Bretagne, ressuscite cinq de ces histoires sous la forme d'un film à sketchs.

Exercice de style aussi original qu'intransigeant, le film à sketchs requiert un savoir faire et une rigueur nécessaires pour harmoniser un long-métrage par nature déséquilibré. Fondée en 1960 par deux américains, la firme Amicus s'est spécialisée dans ce périlleux exercice, avec une douzaine de films d'épouvante à son actif, jusqu'en 1980.

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Si vous êtes un fan de la série culte les Contes de la Crypte, le lien entre cette série et ce film est plutôt éloigné. Néanmoins, le premier segment du film, mettant aux prises une meurtrière à un psychopathe déguisé en Père Noël rappellera de bons souvenirs aux aficionados de la série, cette histoire figurant au générique de la première saison. Bien avant son rôle vénéneux dans le célèbre soap Dinasty, Joan Collins s'en donnait à coeur joie en épouse vénale confrontée à un fou furieux. Même si la courte durée du sketch (une douzaine de minutes) prive le spectateur d'une forte angoisse, cette histoire ne manque pas de piquant et ouvre avec une certaine efficacité le long-métrage.

Le second segment, évoquant la fuite nocturne d'un mari adultère, est tout autant réussie. La révélation finale, bien dans l'esprit du comics, punit encore avec ironie le "héros". La moralité des cinq convives, plutôt trouble, est d'ailleurs le point commun aux cinq histoires.

La troisième, disposant de la présence du grand Peter Cushing, confronte ce dernier, gentil veuf assez pauvre, à son cruel et riche voisin. Pour faire détruire la maison du vieil homme, le jeune bourgeois salira sa réputation, provoquant son suicide le jour de la Saint-Valentin. Un an plus tard, le vieil homme reviendra de l'au-delà pour concocter une carte de voeux aussi sanglante que sarcastique.

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La résurrection sera encore au centre de la quatrième histoire, la moins emballante du film. L'objet fétiche censéaccorder trois voeux à son propriétaire s'avère être toutefois bien cruel. Malgré la présence de tripaille dans un épilogue savoureux, ce sketch souffre d'une interprétation quelque peu ampoulée.

Une manière, peut être, de mieux rebondir avec la dernière histoire (la plus longue), située dans une maison de repos pour personnes aveugles. Le tyrannique nouveau directeur sera la victime d'un jubilatoire jeu orchestré par les pensionnaires. L'affrontement entre Patrick Magee (Orange Mécanique) et Nigel Patrick constitue l'un des sommets du film.

Plutôt bien agencées, ces Histoires d'outre-tombe constituent l'un des meilleurs exemples de ce style de long-métrage. L'ancien directeur de photographie Freddie Francis, auteur d'une multitude de bons Hammer, n'est sans doute pas étranger à la qualité de l'ensemble.

Inaugurant ce mois-ci, avec un autre film d'Amicus (Asylum), la nouvelle collection Blu-Ray de l'éditeur ESC Distribution (British Terrors), ce long-métrage permet de pouvoir apprécier dans les meilleurs conditions l'un des fleurons d'une société qui eut le mérite de tenter de rivaliser avec l'ogre du cinéma d'épouvante britannique dans les années 70, mais aussi de (re)découvrir la première adaptation du fameux comics de William Gaines.

A propos de l'auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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