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L'Echine du Diable

Un film d'auteur maîtrisé, plutôt calme, mais distillant une atmosphère intéressante...
Publié le 1 Janvier 2008 par JulienVoir la fiche de L'Echine du Diable
10
Fantôme

1930, dans une Espagne alors en pleine guerre civile, Carlos, une jeune garçon d'une douzaine d'année, est abandonnée dans un orphelinat par son tuteur. La directrice, Carmen, ainsi qu'un professeur, Casares, vont accueillir le jeune Carlos malgré le manque évident de place. Carlos va vite faire la connaissance des autres garçons.
Dès la première nuit, Carlos est le témoin de phénomènes étranges. Il entend la voix d'un enfant soupirer dans la cave de l'orphelinat. Carlos va découvrir que cet enfant n'est autre que le fantôme de Santi, un jeune garçon disparut quelques années plus tôt dans d'étranges circonstances. Avec l'aide de Jaime, un garçon hostile, il va tenter de découvrir la vérité et faire face à Jacinto, le gardien brutal de l'orphelinat...

Un film d'auteur époustouflant

Guillermo Del Toro est décidément un réalisateur singulier. A la vision de ce film, L'Echine du Diable, on a du mal à croire qu'il est aussi le réalisateur du survolté Blade 2 ! Et pourtant...
Sur un scénario somme toute assez classique (un fantôme qui va aider ses anciens camarades à démasquer son meurtrier), Del Toro dresse un tableau terriblement réaliste de l'Espagne des années 30. La guerre civile qui fait rage alors en Espagne est transcendée au sein même de l'orphelinat où les enfants subissent la violence au quotidien. Cette violence, si bien retranscrite à l'écran, est celle-là même que Del Toro a subit quand il était lui-même dans un orphelinat. Film autobiographique ? En tout cas, Del Toro a mis en image ses souvenirs d'enfance douloureux et c'est au travers des yeux du jeune Carlos que nous découvrons la réalité.

Car c'est surtout grâce aux personnages du film, que l'Echine du Diable tire toute sa force évocatrice. Le spectateur découvre en même temps que Carlos, le quotidien de l'orphelinat. Passionné de bandes-dessinées (il évoque même le compte de Monte Cristo, un projet qui tient très à coeur à Del Toro), Carlos va faire découvrir à ses nouveaux camarades sa passion. Jaime, un orphelin un peu plus vieux que les autres, lui aussi passionné de bandes-dessinées, qui, malgré sa froideur, son caractère, cache derrière cette apparence un garçon sensible (il est amoureux en secret de Conchita, une jeune fille travaillant dans l'orphelinat qui n'a d'yeux que pour le beau Jacinto). Ce dernier personnage, Jacinto, représente une véritable figure du mal (cupide, brutal, dénué de toute compassion). Il est celui qui inspire la peur, la crainte, chez les enfants de l'orphelinat. Il est comme tous les personnages "blessé". Il a été abandonné par sa mère. La directrice Carmen a une jambe en moins, le professeur Casares est un vieil homme romantique impuissant, les enfants sont tous pour la plupart orphelins. Tous ces personnages portent leurs blessures secrètes en eux. Tous ces éléments renforcent le sentiment de "réalité" qui se dégage du film après sa première vision.

L'Echine du Diable renferme bien d'autres trésors que ces personnages attachants. Une réalisation soignée, des effets spéciaux discrets mais terriblement efficaces (Santi le fantôme a un design remarquable et très original), des sous-intrigues intéressantes ainsi qu'une ambiance sublime... Tout concourt dans ce film pour le rendre indispensable à tout passionné de films fantastiques. Et fantastique, ce film l'est assurément !

Je n'en dirais pas plus sur ce film. Ce serait gâché tout le plaisir procuré par la vision de ce film, véritable chef d'œuvre du cinéma fantastique de ces dernières années.

A noter que ce film a obtenu deux prix au Festival de Gérardmer 2002 : le Prix du Jury et le Prix de la Critique Internationale. Deux prix amplement mérités pour cette petite perle du cinéma fantastique qui témoigne de la vitalité du cinéma fantastique en Espagne ! Pourvu que ça dure !

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