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La Malédiction Winchester – Critique

La Malédiction Winchester

Déficit de subtilité et overdose de jumpscare. Il en résulte une bobine diablement efficace même si parfois un peu trop bourrue. La Malédiction Winchester réalise le paradoxe du mauvais film, mais du bon film d’horreur.

Publié le 26 Mai 2018 par Kinema · Voir la fiche de La Malédiction Winchester

Le docteur Eric Price est engagé pour suivre le quotidien de Sarah Winchester et dresser le bilan psychologique en conséquence. Séjournant donc dans la demeure Winchester pour toute la durée de l’évaluation, notre héros va progressivement se voir témoin malgré lui de phénomènes paranormaux. Exploitant un sujet en or, à savoir l’une des maisons les plus hantées des États-Unis, cette réalisation des frères Spierig (Daybreakers, Undead) a toutes les qualités d’un bon train fantôme, ainsi que sa subtilité.

Loin d’être de faire dans la dentelle, c’est certain… Alors que l’on pourrait s'attendre à une terreur montant crescendo du détail inquiétant au jumpscare foudroyant, La Malédiction Winchester optera pour le coup de foudre dans les quinze premières minutes. Nulle place pour les bruits sourds ou les ombres furtives au détour d’un couloir, non, choisissons plutôt des apparitions spectrales plus que brutales en pleine lumière, au premier plan, la totale. Au final, c’est un peu comme cet ami lourd qui hurle « bouh » dans votre dos. Et donc, qu’en penser ? À vrai dire, il s’avère que c’est diablement efficace. La Malédiction Winchester est la bobine d’Halloween par excellence pour une bande de potes ne cherchant rien d'autre qu’une bonne séance qui fout les miquettes. Il faut parfois revenir aux basiques.

Cela veut-il donc dire que le film n’a pour intérêt que d’être un train fantôme de fête foraine, pour rester sur la métaphore ? Non plus, car sous son aspect brut de décoffrage, le métrage soulève des thématiques scénaristiques assez captivantes. Notamment le propos controversé des armes à feu, développé sous la forme d’une malédiction sur toutes les vies prises par ces engins de mort. Il est intéressant de voir un film faisant un pas de côté par rapport aux armes, pourtant incrustées dans le paysage cinématographique de tous les jours. Le sujet sera d’autant mieux développé que le personnage principal présente d’ailleurs une condition étroitement liée à ces fusils.

Niveau Casting, on est servi et l’on s’en étonne même car la présence d’un monument du cinéma comme Helen Mirren (Excalibur, Hitchcock, RED) n’a rien d’habituel dans ce genre de production. Pour lui donner la réplique, pas n’importe qui, le talentueux Jason Clarke (La Planète des singes : l’affrontement, Terminator Genisys), un peu éloigné des blockbusters dans lesquels il a déjà laissé sa trace. On cité également la présence de Sarah Snook – alias miss fauteuil roulant dans Jessabelle – et celle d’Angus Sampson – alias Tucker, un des comic relief de la franchise Insidious – dans un rôle anecdotique.

Après des œuvres très sympathiques comme Daybreakers et Predestination, et avoir même su redonner un nouveau souffle à une sage flinguée via le Jigsaw de 2017, les frères Spierig étonnent et remettent le couvert avec La Malédiction Winchester auquel on reprochera peut-être de démarrer trop vite, d’atteindre son climax trop vite, et finalement, de partir trop vite en besogne. Que voulez-vous, ce film est précoce, mais vigoureux.

Kinema
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