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Les Maîtresses de Dracula – Critique

Les Maîtresses de Dracula

Malgré la mort de Dracula, le vampirisme est toujours de mise dans certaines régions isolées de la Transylvanie. Libéré de sa prison dorée, le baron Meinster est bien décidé à reprendre le flambeau du prince des ténèbres. Finalement plus élaboré que la plupart des Dracula, ce long-métrage fait clairement partie des réussites des studios Hammer.

Publié le 4 Décembre 2017 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Les Maîtresses de Dracula

Malgré la mort de Dracula, le vampirisme est toujours de mise dans certaines régions isolées de la Transylvanie. Libéré de sa prison dorée, le baron Meinster est bien décidé à reprendre le flambeau du prince des ténèbres.

Suite au succès du Cauchemar de Dracula, la Hammer décide de lancer une franchise vampirique en parallèle aux Frankenstein, dès le début des années 60. Cependant, Christopher Lee, alors très demandé, refuse de reprendre son rôle phare. Dracula perdant la vie à la fin du premier film, les studios Hammer imaginent donc une suite sans son légendaire suceur de sang, en axant le film sur l'autre vedette de la firme, Peter Cushing, dans le rôle du célèbre Van Helsing.

Les Maîtresses de Dracula

Pour des raisons commerciales, le titre laisse toutefois planer le doute sur le sort de Dracula, tout en rattachant, même de manière fortuite, ce film aux adaptations de Bram Stoker. D'emblée, le cinéaste Terence Fisher nous plonge dans une atmosphère gothique et inquiétante, tout en respectant les codes du genre. Repérée dans le Cirque des Horreurs, la française Yvonne Monlaur campe avantageusement la victime de prédilection du vampire. Aussi charmante que réservée, assez naïve, elle illustre bien l'héroïne chère aux fans de la Hammer. D'ailleurs, elle parvient à nous tenir en haleine jusqu'à l'arrivée tant attendue de Cushing, qui intervient seulement à partir du second tiers du métrage.

La découverte du château, la rencontre avec le vampire et sa protectrice névrosée et une tension montant crescendo prouvent tout le savoir-faire d'un Fisher au sommet de son art. Le scénario, également réussi, transforme le baron Meinster au fil des minutes. Pouvant passer pour une victime quelques instants, il dévoilera rapidement sa véritable nature. Pour remplacer le talentueux et magnétique Christopher Lee, la Hammer porte son choix sur un illustre inconnu, David Peel. Avec son physique de jeune premier, il alterne avec un certain bonheur rage, haine et fragilité, conservant cet air supérieur propre aux vampires de l'époque, souvent issus d'une noble lignée. Plutôt que d'imiter Lee, Peel compose une autre partition, illuminant davantage son adversaire et sa victime.

Les Maîtresses de Dracula

Dans le rôle de Van Helsing, Cushing est l'atout majeur du film. Distingué et sobre, l'acteur confirme ici qu'il est l'âme de la Hammer, là où un Lee n'en est qu'une pierre angulaire. Certes, l'affrontement entre les deux est toujours réjouissant, mais le jeu de Cushing sublime l'ensemble de manière inattendue. On appréciera également l'interprétation des seconds rôles : de la mère de Meinster au prêtre, en passant par la servante psychopathe, souvent la marque des grands films. Bénéficiant d'un bon rythme, les Maîtresses de Dracula manque cependant d'un attrait érotique inférieur à la norme des studios Hammer, Yvonne Monlaur et les femelles vampires n'ayant pas le charme ni l'aura d'une Ingrid Pitt, par exemple. Toutefois, cette négligence scénaristique légère évite également tout écart et concentre le spectateur jusqu'à un duel final épique et captivant, où Van Helsing renaît par le feu, l'idée de l'élimination du vampire étant fort originale.

Finalement plus élaboré que la plupart des Dracula, ce long-métrage fait clairement partie des réussites des studios Hammer. Distribué récemment en Blu-Ray par l'éditeur français Elephant Films dans son cycle Hammer, qui propose en outre de savoureux bonus (dont une interview d'Yvonne Monlaur), les Maîtresses de Dracula mérite incontestablement qu'on le (re)découvre, preuve ultime que le vampirisme peut (sur)vivre sans le sempiternel Dracula.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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