Voir la fiche complète du film : Metal Hurlant (Gerald Potterton, Jimmy T. Murakami - 1981)

Metal Hurlant

Six histoires mêlant sexe, violence et science-fiction sur fond de musique hard-rock : voilà la recette gagnante d'un film d'anthologie, adaptation du célèbre magazine des années 70/80, création de Jean-Pierre Dionnet et Moebius.
Publié le 1 Janvier 2008 par GORE MANIACVoir la fiche de Metal Hurlant
8
Dans le milieu des années 70, un trio d'originaux, dont le dessinateur Moebius et le journaliste Jean-Pierre Dionnet (le mythique présentateur du Quartier Interdit de Canal), lance en France un magazine atypique, composé d'articles sur le cinéma, la musique rock et la bande dessinée. Les BD figurant dans les pages de Metal Hurlant, mélange de sexe, de violence et d'Heroïc-Fantasy, sont destinées principalement à un public adulte. Les Etats-Unis, intéressés par le concept et le succès du magazine, fonde la version américaine, nommée Heavy Metal. En 1981, un film d'animation découle de ces deux magazines, reprenant les thèmes abordés par les BD, conservant l'esprit de Metal Hurlant : violence, sexe et rock'n'roll.

Une jeune fille est attaquée par une sphère verdâtre, qu'on nomme le Loch Nar. Cette sphère est la quintessence du Mal et a pour mission de tuer l'enfant. Avant de la tuer, il lui raconte six moments de l'Histoire du Monde lors desquels il est intervenu pour détruire et corrompre l'Humanité !

D'entrée, Metal Hurlant démontre toute son originalité : animation pour adultes, film à sketchs, bande son hard-rock, thématique de science-fiction. Nous sommes loin de l'univers Disney. Attention les yeux donc ! L'affrontement, surtout psychologique, entre la fillette et le Loch Nar, sert de point de ralliement entre chaque histoire, que je vais vous inviter à découvrir ci-dessous plus en détail:

Harry Canyon, première histoire du film, doit être connue par coeur par un certain Luc Besson. Il y a énormément de Cinquième Elément dans cette histoire racontant les errances d'un chauffeur de taxi bourru sensible aux formes généreuses d'une mystérieuse jeune femme. Dans un univers futuriste dépressif, Canyon jouera sa peau à chaque instant, sans perdre son sens de l'autodérision et ses bons mots.

Den raconte la transformation d'un ado intello mal dans sa peau, en quête de sensations fortes. Se réveillant sur une planète inconnue, transformé en surhomme, il devra affronter une reine aussi belle que cruelle dans un univers rappelant l'univers d'un Conan.

Capitaine Sternn est probablement le plus mauvais segment du métrage. Rythme en berne, scénario transparent, cette course poursuite dans un vaisseau spatial ne présente qu'un seul intérêt : la bande son. Car la BO du film est l'un de ses atouts majeurs. De Trust à Black Sabbath, en passant par Elmer Bernstein pour le dernier sketch, plus lyrique, tout est réuni pour faire passer un grand moment à l'oreille exercée du fan de vrai rock.

Passons désormais au plus intense des segments du film : B-17. Ecrit par Dan O'Bannon, créateur de l'Alien, ce huis-clos gore situé dans un avion de guerre mériterait une version en chair et en os (façon de parler) de la part d'un George Romero au sommet de sa forme. Court mais intense, cette plongée en Enfer relance le métrage avec fracas.

So Beautiful And So Dangerous, parodie à la sauce Mars Attacks ! d'une invasion extra-terrestre, avec un robot pervers évoquant vaguement le Bender de Futurama, est une sympathique variation sur le thème de l'envahisseur commun.

Enfin, ce machiste film fait enfin la part belle aux femmes avec Tarnaa, segment le plus long et le plus soigné sur bien des plans (graphismes, musique, scénario), nous proposant de suivre le combat d'une superbe amazone. Après un combat quelque peu raccourci entre la jeune fille et le Loch Nar, le film se termine sur une renaissance, laissant la porte ouverte à une suite (Heavy Metal 2000, qui sortira en 2000, est davantage axé sur la dernière histoire).

Objet de culte pour certains, nanar vénérable pour les autres, Metal Hurlant est avant tout la réponse du cinéma d'animation occidentale à la mode du manga. Même si les graphismes semblent aujourd'hui un peu vétustes, ce métrage a le mérite de proposer une alternative à l'animation, jusqu'ici reservée aux plus jeunes spectateurs. Avec une BO monumentale, et un mélange détonant de sexe, de rock et de violence dans un univers post-apocalyptique original, Heavy Metal reste un tournant décisif dans le monde de l'animation, à voir au moins une fois entre un manga et un Disney.

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

Monsters
Alors qu’une zone de quarantaine est délimitée entre le Mexique et les Etats-Unis suite à l’apparition d’une vie extraterrestre, Samantha et Andrew sont contraints de traverser la zone infectée pour rejoindre leur pays. Gareth Edwards fait partie de ces nouveaux réalisateurs qui disposent d’une vision précise et très marquée de leur métier. Avec Monsters (son premier long-...
Blood Snow
Blood Snow ... Quel titre d'une banalité affligeante alors que le Necrosis originel a tout de même une autre gueule. Vous me direz que ça ne change rien au contenu du film (et vous aurez raison) mais il n'empêche que cette manie de remplacer les titres anglophones par d'autres également en Anglais afin d'assurer l'exploitation en France est agaçante. Bref, après ce petit coup de gueule salvateur...
51

51

Peut-on accorder du crédit à une production Syfy, avec, à la manivelle, Jason Connery, responsable de films comme The Devil's Tomb ou encore Alone in the Dark 2 ? La réponse est bien évidemment non, mais les surprises sont souvent inattendues et ce sont dans des cas désespérés que l'on trouve les petites perles qui font le charme des sorties DTV. 51 est donc un film qui oscille entre film de...
John Carter
Au XIXe siècle, John Carter refuse de s'engager dans une guerre qu'il ne reconnaît pas comme la sienne. Par un malheureux concours de circonstances, il va néanmoins se retrouver téléporté sur Mars. La planète rouge est loin d'être morte et ses habitants sont également enclins à sombrer dans des luttes intestines. Pour John Carter, la découverte se mêle à la surprise face à cet univers...
Le fantôme de la rue Morgue
Précurseur et auteur remarquable dans bien des domaines littéraires, Edgar Allan Poe n’a pas son pareil pour manipuler les apparences et dépeindre des histoires aussi macabres qu’intemporelles. Parmi les récits les plus connus et les plus représentés, Double assassinat dans la rue Morgue est considéré comme l’un des fers de lance du roman policier moderne, et ce, près d’un...