Voir la fiche complète du film : Revolution (Charles Beeson, Steve Boyum, Jon Cassar - 2012)

Revolution – Critique

Revolution

Une série post-apocalyptique qui prévaut pour le clivage anachronique qu’elle propose. Entre un futur sans électricité et un avenir rétrograde et barbare, il en découle un univers assez immersif, mais dont le scénario prévisible et parfois redondant plombe cette atmosphère de fin du monde passablement désuète.

Publié le 24 Juin 2014 par Dante_1984 · Voir la fiche de Revolution

Le sous-genre du post-apocalyptique se porte très bien dans le monde du cinéma et de la télévision. Qu’il s’agisse de zombies, d’extraterrestres, de catastrophes plus ou moins naturelles, de guerres, la planète bleue subit toutes sortes d’exactions pour notre simple divertissement. Le résultat ? Une pléthore de produits d’un niveau qualitatif correct (si l’on excepte SyFy et Asylum) qui promet encore de belles heures de gloire à la fin du monde et les multitudes de scénarios qui en découlent. Aussi, la naissance d’une nouvelle série sur ce thème n’a rien de surprenant. Revolution saura-t-il tirer son épingle du jeu ?

 

Une coupure de courant et le monde ne tourne plus rond...

 

Contrairement à ce que l’on pourrait admettre, le black-out total n’est pas une idée originale. Pour tout dire, le pitch initial évoque cruellement Ravage, le roman de Barjavel. Un point de départ certes identique, mais qui s’éloignera sensiblement au fil de l’histoire. L'action se déroule quinze ans après la catastrophe et notre espèce s’est remise tant bien que mal de tous ces gadgets électroniques. Étant donné la chute des gouvernements, l’émergence de nouvelles puissances s’est établie comme l’autorité suprême. Les États-Unis ne sont plus et ont laissé place à des territoires bien délimités tels que La République de Monroe ou l’Alliance de Californie.

 

Sans s’étendre en profondeur de la refonte du système géopolitique, on apprécie ces dissensions pour permettre le cas échéant, une exploration diversifiée. Pour cette première saison, on restera toutefois au sein de la République de Monroe avec un fil rouge assez simpliste. De fait, on ne fera qu’effleurer le potentiel de ce monde qui n’a rien plus grand-chose en commun avec le nôtre. La disparition de l’électricité a nécessité de l’adaptation et des aménagements qui, à l’image, proposent un mélange éclectique entre les ruines de la technologie (des moyens de locomotions aux ordinateurs) et les anciens outils du passé.

 

Plein feu sur la fin du monde !

 

Le clivage fonctionne pour donner une ambiance uchronique inattendue. L’avenir possède une évolution entre un jeune écosystème et l’aspect archaïque, voire désuet, de la vie humaine. On a l’impression de se retrouver en pleine guerre de Sécession (armes, costumes et une Amérique assez sauvage) dans un monde parallèle. Dans une moindre mesure, l’on songe notamment à certains épisodes de Sliders pour le principe. De fait, l’univers post-apocalyptique n’est plus vraiment de rigueur et étant donné le cadre temporel, il ne sert que de contexte au récit. D’ailleurs, l’aspect survivaliste est clairement absent.

 

Une carence pas vraiment choquante, mais qui aurait gagné à dynamiser l’intrigue sur le plan des enjeux. Hormis quelques indigents ou marginaux, personne ne souffre de la faim ou du froid. Les vivres n’ont pas été gaspillés et rien ne semble manquer pour satisfaire les besoins. Malgré quelques flash-backs récurrents où l’on découvre très succinctement le passé des personnages et la situation après le black-out, on ne verra pas vraiment les conséquences du cataclysme à court ou moyen terme. Une remarque qui vaut également pour le cadre qui, en dehors des villes, ne sera que peu exploité. On n’explore pas vraiment la nature qui reprend ses droits au sein de nos anciennes mégapoles, comme le générique aurait pu le laisser croire.

 

Geek d'un jour...

 

Des retours en arrière qui, sans altérer la progression narrative, se montrent trop chaotiques dans l’étalage des faits. En effet, l’on choisit des dates au hasard (une semaine après le black-out, deux mois, un an, trois ans avant…) qui, au lieu d’apporter un éclairage nouveau, décontenancent et obligent le spectateur à resituer les intervenants sur le plan spatial et temporel avec un ordre d’importance pas toujours judicieux. Une construction brouillonne qui n’améliore en rien une intrigue très linéaire. Hormis le pouvoir des mystérieux médaillons pouvant ramener l’électricité, l’histoire est un condensé de péripéties (assez bien trouvé, cela dit) pour retrouver le frère de Charlie Matheson. Un peu réducteur pour justifier l’aventure dans cet univers qui, par certains aspects, peu rappeler quelques ouvrages de fantasy.

 

Le casting se montre, quant à lui, assez diversifié et éclectique pour porter la série. Des interprétations dans l’ensemble convaincantes, malgré un bémol de taille en ce qui concerne Tracy Spiridakos (Charlie Matheson) à la présence assez irritante et dotée d’un rôle tout aussi agaçant. Cette remarque s’appuie principalement sur son inconstance et ses réactions pas toujours crédibles au regard de son caractère capricieux. Pour le reste, rien de bien surprenant à l’horizon, si ce n’est des personnalités très manichéennes (exception faite de Miles Matheson grâce à son passé) et marquées par le black-out.

 

Qu'on lui coupe la tête !

 

Au final, Revolution est une série qui partage. D’un côté, l’on apprécie l’univers (davantage uchronique que post-apocalyptique) créé à la suite d’un cataclysme mondial. Costumes, adaptation à l’absence d’électricité, emploi de technologies obsolètes… D’un autre côté, l’histoire se révèle simpliste dans ses fondamentaux et occulte complètement l’aspect survivaliste dans de telles circonstances. Cette plus-value inexistante aurait gagné à rattraper les errances de l’intrigue qui reste tout de même regardable, notamment les flash-backs qui sont trop furtifs, avares en explications et brouillons dans leurs constructions. Malgré des défauts que l’on espère corrigés par la suite, il en ressort une série assez distrayante et énergique pour contenter le spectateur. Sympathique, mais pas exceptionnel.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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