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Sa Majesté des mouches – Critique

L'Île oubliée - Sa Majesté des mouches
Très bonne adaptation du chef d'oeuvre de Sir William Golding.
Publié le 1 Janvier 2008 par Geoffrey · Voir la fiche de L'Île oubliée - Sa Majesté des mouches

Après le crash de leur avion, un groupe de jeunes garçons se retrouvent seuls sur une île déserte. Face à l'angoisse et au désespoir, ils n'ont d'autres choix que se serrer les coudes. Mais alors que cette île paradisiaque devient peu à peu leur foyer, une bataille pour le pouvoir germe et sépare la tribu en deux camps. D'un coté les "civilisés", de l'autre les "chasseurs"...


Les 2 leaders...

Voici donc l'histoire qui a plus que probablement inspiré les créateurs de la série LOST. (Un des personnages - Charlie - y fait d'ailleurs référence dans un épisode.) Basé sur le chef d'oeuvre de Sir William Golding, ce film en restranscrit bien l'ambiance et la critique de notre société. On pourrait dire que c'est une sorte de Robinson Crusoë en bande avec des enfants. Les "grands", les "petits", les raisonnables, les insouciants, les frimeurs, les peureux... Toutes les possibilités sont représentées. Il est impossible de ne pas s'identifier à l'un ou l'autre des personnages. Et c'est celà qui fait la grande force du film. On est rapidement pris dedans et l'identification en renforce grandement l'intérêt et l'émotion. Les réactions des enfants sont crédibles, d'un réalisme effroyable.


Les chasseurs chassent...

Au début tout se passe bien, l'île est un endroit presque paradisiaque sur laquelle les enfants tentent de rebâtir un semblant de société basée sur l'ordre. Mais la peur d'un monstre imaginaire va venir chambouler tout celà et créera des ruptures qui n'iront qu'en s'aggravant. (La tête de sanglier plantée sur le piquet et qui pourrit tout au long du film est le symbole de la dégradation.) Le film se termine sur un deus ex machina qui empêchera les enfants de commettre l'acte de barbarie ultime (le meurtre gratuit) mais il est clair qu'ils seraient allés jusqu'au bout et ça, ça fait froid dans le dos.


La fameuse tête de sanglier...

Qu'aurions-nous fait à leur place? voilà la question que l'on se pose alors que l'on assiste au retour à un état quasi animal de la plupart des enfants. Aurions-nous pris le parti de Jack et chasseurs ou bien celui de Ralph et des civilisés? impossible à dire. Mais la réflexion est intéressante. Tous les enfants du film sont contraints à ce choix et on est bien content d'être assis dans son salon et de ne pas être à leur place. Surtout que contrairement à la plupart des films, les enfants meurent et pas de la plus belle des manières. Loin des tabous habituels, tout est montré dans Sa majesté des mouches. Les jeunes garçons deviennent de véritables bêtes et s'entretuent sans remords.


Le petit gros que personne n'écoute...

La réalisation est agréable mais sans éclat. Si ce n'est la scène d'anthologie de la danse des chasseurs, d'une violence inouïe malgré l'absence de sang ou de combat. Composée d'une succession de plans ralentis, cette scène est parfaitement accompagnée par une musique angoissante et le résultat est particulèrement terrifiant et choquant. Cette séquence sera d'ailleurs conclue par l'assassinat accidentel de l'un des enfants. Rien que ce passage du film justifie la vision de celui-ci. Au final on se retrouve avec un film violent (interdit aux - de 16 ans) mais qui propose une réflexion intéressante sur la nature humaine. Et le fait que ce soient des enfants et non des adultes comme à l'accoutumée en renforce grandement l'impact.
Geoffrey Claustriaux

Geoffrey
À propos de l’auteur : Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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