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Shark : Le monstre de l'apocalypse – Critique

Shark : Le monstre de l'apocalypse
Un survival animalier long, ennuyeux et pénible où l’intérêt premier d’un tel métrage (la pieuvre) est aussi raté que rare. Entre une histoire absurde et une interprétation ridicule, Shark – Le monstre de l’apocalypse se révèle opportuniste et vide de sens.
Publié le 22 Juillet 2014 par Dante_1984 · Voir la fiche de Shark : Le monstre de l'apocalypse

Les années 1970 et 1980 ont vu pléthore d’étrons aquatiques qui ont tenté de surfer sur le succès des Dents de la mer. Une surexploitation qui a contribué à ce que le survival animalier sombre très vite dans les affres de la médiocrité. Le cinéma italien ne déroge pas à la règle avec des films peu marquants, voire à éviter comme Le tueur de monstres, La nuit des requins ou La mort au large qui, pour ce dernier, n’est qu’un vulgaire copier-coller du chef d’œuvre de Spielberg. Pour sa sortie en DVD, Apocalypse dans l’océan rouge est rebaptisé Shark – Le monstre de l’apocalypse. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est nulle question de squale lorsque l’on se penche sur cette petite production obscure de Lamberto Bava.

 

Rudimentaire les effets spéciaux...

 

Mais plutôt d’une pieuvre préhistorique mal embouchée dont on n’apercevra que les tentacules en caoutchouc et sa gueule en carton. Le film a peut-être trente ans, mais, même pour l’époque, les trucages font pitié. Fort heureusement (ou malheureusement), on ne le verra que très rarement. Des plans fugaces, peu inspirés qui ne rendent pas honneur à l’affiche, seul élément notable. Les attaques sont sporadiques et sans inventivité. Des corps démembrés, peu ou pas de sang, des tentacules qui s’agitent sur un bateau pour le faire chavirer ou avaler goulûment des hors-d’œuvre. Même la traque et l’assaut final à base de lance-flammes sont ridicules au possible.

 

Pour contenter les amateurs d’absurdités et d’incohérences, le scénario semble être le précurseur des productions Asylum. Outre l’habituelle bourgade frappée par une succession de meurtres (qui se compte sur les doigts d’une main), on a droit à un florilège de stupidités comme la reproduction de la créature en direct sur écran d’ordinateur qui se sépare comme une cellule ! Absolument improbable, tout comme la volonté des scientifiques et d’une sombre société sans scrupule pour exploiter la bestiole. Comment ? Mystère. Toujours est-il qu’on se désintéresse très rapidement de la chose puisque le récit prend l’eau dès les premières minutes.

 

 

Mais quelle est donc cette chose horrible surgit des profondeurs ?

 

À cela, les gros problèmes de rythme et les interventions trop éparses de la pieuvre enlisent le film dans un ennui profond. De fait les 90 minutes laborieuses passent à une vitesse lente, très lente. Priez pour ne pas voir le décompte s’écouler, car il y a de grandes chances pour que vous ne le quittiez pas des yeux. Entre des réparties sans le moindre intérêt et des séquences tout aussi dispensables, on ne remarque pas la plus insignifiante qualité à ce pénible moment. D’ailleurs, le cinéaste dénigre son bébé lorsqu’il en parle en interviews : il n’aime ni l’histoire ni sa créature. On le comprend aisément.

 

Mais un budget modeste et un tournage bouclé en quatre semaines n’excusent pas tout. Même le cadre (la Floride) n’est pas mis en valeur. L’on se retrouve toujours dans des coins identiques en montrant le minimum syndical via une réalisation approximative. Pour enfoncer le clou, le casting fait montre d’un amateurisme pathétique. Des « acteurs » qui disposent d’une palette d’émotions aussi variées que la tête en carton de la pieuvre. De grands habitués des nanars ou des séries Z incapables de trouver le ton adéquat. Leurs réactions sont en total décalage, voire en parfaite contradiction avec ce que la situation exige. Entre stoïcisme ou hilarité, leur jeu est autant pénible à contempler que le reste du film.

 

 

Bah oui, fallait bien un instant bronzette !

 

Bref, Shark – Le monstre de l’apocalypse est un survival animalier plus que dispensable. Outre son histoire absurde qui pourrait se faire oublier via une progression moins lénifiante, la mise en place est longue tandis que les attaques d’une pieuvre mal fichue sont peu emballantes et trop rapidement expédiées. Entre une interprétation catastrophique, un ennui permanent et un intérêt absent, ce métrage de Lamberto Bava brille seulement pour son affiche. Sa sortie VHS n’avait pas marqué les mémoires, force est de constater qu’il en sera de même pour sa sortie DVD. Il ne retiendra que l’attention des connaisseurs et autres amateurs de productions modestes sans la moindre ambition.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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