Voir la fiche complète du film : Sin City : J'ai Tué pour Elle (Robert Rodriguez, Frank Miller - 2014)

Sin Ciy 2

A Sin City, les années passent, mais rien ne change. Cependant, l'heure de la revanche a sonné pour Nancy, Dwight et Johnny. Malgré quelques défauts, cette suite mérite incontestablement le coup d'oeil, ne serait-ce que pour son impeccable casting et ses scènes d'action débridées.
Publié le 7 Avril 2015 par GORE MANIACVoir la fiche de Sin City : J'ai Tué pour Elle
7

A Sin City, les années passent, mais rien ne change. Cependant, l'heure de la revanche a sonné pour Nancy, Dwight et Johnny.

En 2005, Sin City révolutionnait le Septième Art avec des graphismes bluffants restituant à merveille les comics de Frank Miller. Près de dix ans plus tard, sa suite se frayait enfin un chemin jusqu'aux salles obscures. Les fans de Sin City attendaient avec impatience ce second volet.


Robert Rodriguez, toujours associé à Miller derrière la caméra, retrouvait presque la totalité des protagonistes du premier film (seul Clive Owen cède en effet sa place à Josh Brolin dans le rôle de Dwight). Malgré le succès critique et commercial de Sin City, le tandem avait étrangement tardé à boucler le budget de cette suite. Entre temps, d'autres films phares ont encore repoussé les limites graphiques posées en 2005, de sorte que cette suite tardive s'avère plus risquée qu'autre chose.

Comme dans le premier long-métrage, on nous propose de suivre différentes histoires ayant toutes pour cadre principal la ville de tous les péchés : Sin City.

Ainsi, Nancy (Jessica Alba), dépressive depuis la mort d'Hartigan (Bruce Willis signe toutefois quelques apparitions, en tant qu'ange gardien de la stripteaseuse), rêve de supprimer le sénateur Roark (Powers Boothe). Dwight (Josh Brolin), tente d'éviter de succomber une nouvelle fois aux charmes diaboliques d'Ava (Eva Green). Fils caché du sénateur, Johnny (Joseph Gordon-Levitt), excellent joueur de poker, débarque en ville pour faire chuter son père. Comme toujours, le brutal Marv (Mickey Rourke) et les prostituées de la vieille ville jouent les arbitres dans ce chassé-croisé mortel.

L'ouverture du film, avec Marv embarqué dans une sanglante course-poursuite, n'a rien de très engageant. Excessive, cette scène sonne faux et fait craindre le pire aux amoureux de la première heure. Heureusement, la suite est plus attrayante (le temps sans doute pour se réhabituer au style visuel unique de la saga).


Au milieu de seconds rôles de haute volée (mention spéciale à Christopher Lloyd, ahurissant en médecin déglingué faiseur de miracles), on retrouve avec plaisir nos personnages clés.

Toutefois, force est de constater que le travail graphique est moins élaboré que dans le premier film, malgré un budget plus conséquent (environ vingt millions supplémentaires). Les scènes de combat avec Miho (la mystérieuse Devon Aoki a malheureusement abandonné le navire) sont presque risibles, faisant penser à un jeu vidéo rétro, la faute à un manque total de réalisme et à un jusqu'au-boutisme trop affirmé (d'où l'impression détestable d'être dans un dessin animé).

Enfin, le scénario n'a rien de transcendant. Hommage au film noir, Sin City disposait d'une intrigue à plusieurs niveaux tout à fait convaincante. Oeuvrant davantage dans le clinquant et l'esbroufe, au détriment de la psychologie de certains personnages, J'ai Tué pour Elle fait surtout la part belle aux sculpturales formes d'Eva Green, garce de tout premier choix.


Plus présent que dans le premier opus, Powers Boothe, en sénateur corrompu, déniche sans doute son rôle le plus captivant. Délaissée durant la première heure, Jessica Alba s'offre un baroud final de belle facture. En femme alcoolique hantée par le suicide d'Hartigan, l'ancienne héroïne de Dark Angel signe une remarquable composition, qui pourrait lui permettre un jour de postuler à des rôles plus dramatiques.

Attendu par de nombreux cinéphiles, Sin City 2 n'égale pas son prédécesseur (pari difficile à relever, de toute manière). Malgré quelques défauts, cette suite mérite incontestablement le coup d'oeil, ne serait-ce que pour son impeccable casting (Lady Gaga y apparaît même le temps d'une scène, comme serveuse) et ses scènes d'action débridées.

A propos de l'auteur : GORE MANIAC
Portrait de GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

Autres critiques

pyramide
*** Attention spoilers *** Aout 2013, alors que le Caire sombre une nouvelle fois dans le chaos, une équipe d’archéologues américains constituée d’un père, sa fille et son fiancé, fait une découverte majeure dans le désert égyptien en initiant l’excavation d’une pyramide entièrement ensevelie. Cette dernière a la particularité de n’avoir que trois faces et sa base située profondément sous le...
L'asile
Les films à sketches permettent généralement de faire vivre de petites histoires qui ne nécessitent pas de s’étendre outre mesure. À la manière de courts-métrages, elles doivent se montrer brèves et rentrer dans le vif du sujet sans perdre de temps. Une thématique spécifique, une durée à respecter pour chaque segment, sans compter un fil commun qui relie l’ensemble de façon crédible...
Super Shark
S’il est quelques occurrences notables dans le domaine du survival animalier, le film de requins-tueurs est surtout prétexte à une débauche de médiocrité et d’imbécillités en tout genre. Inutile de citer quelques effroyables exemples tout droit sortis des limbes d’Asylum ou SyFy. Le (trop) prolifique Fred Olen Ray, grand amateur de jeunes donzelles dénudées devant l’...
Battleship
Notre planète est assaillie par une horde de vaisseaux spatiaux qui s'échoue au large de l'archipel d'Hawaï. Une flotte américaine en manoeuvre dans la zone va devoir repousser l'invasion. C'est donc avec trois bouts de ficelle en guise de scénario que Hasbro reprend le célèbre jeu de société pour en faire un blockbuster complètement décérébré. Tout comme leur licence phare...
Time out
Adulé pour Bienvenue à Gattaca (son premier long-métrage), Andrew Niccol est un réalisateur peu prolifique (seulement quatre films en quatorze ans de carrière), mais dont la filmographie est d'une qualité certaine, pour ne pas dire rare. Après un magistral Lord of war en 2005, sans doute le meilleur rôle de Nicolas Cage soit dit en passant, le réalisateur revient à la science-fiction avec...