Voir la fiche complète du film : Soldier (Paul W.S. Anderson - 1998)

Soldier

Un film d'action de SF ultra basique, mais joliment mis en images...
Publié le 8 Octobre 2011 par GeoffreyVoir la fiche de Soldier
6
Connaissez-vous le point commun entre Danse avec les loups, Le Dernier Samourai, Avatar, Star Trek : Insurrection et Soldier ? Non ? Mais si, réfléchissez un peu.
Vous ne voyez pas? Pourtant ça semble évident : c'est toujours la même histoire. D'accord, j'exagère un tantinet, les décors et les époques sont différentes, de grosses nuances existent entre ces films, mais tout de même, la trame narrative est relativement identique.
En gros, c'est l'histoire d'un gars qui fait la connaissance d'un peuple plus ou moins pacifique sur le point d'être agressé et qui va se prendre d'affection pour ces gens faibles. Souvent, les méchants sont ses anciens "amis" et il va se retourner contre eux.

Bon, malgré la linéarité d'un tel scénario, il convient d'admettre que le potentiel émotionnel de l'histoire reste non négligeable.
De plus, il faut préciser que selon le scénariste David Peoples, qui a également co-écrit le script de Blade Runner, Soldier prend place dans le même univers que le film de Ridley Scott. A priori, l'amateur de SF ne pouvait donc que se réjouir. Là où ça commence à se gâter, c'est quand on comprend que le rapport entre les deux films est tout sauf évident tant ils jouent dans des catégories de SF différentes et que les quelques clins d'½il au métrage de Ridley Scott sont principalement des noms ou des designs de vaisseaux repris à l'identique.


Amis de la poésie, bonsoir...

On le sait, les films de Paul W.S. Anderson ne brillent jamais par leur scénario, loin s'en faut, et encore moins quand c'est lui-même qui les écrit. Mortal Kombat, Alien Vs Predator ou encore La Course à la Mort, tous peuvent témoigner de la légèreté des histoires contées par le réalisateur britannique. Seul Event Horizon se démarquait un peu de la masse malgré le fait qu'il se présentait comme un "simple" décalque du concept de la maison hantée transposé dans un vaisseau spatial.
Pourtant, s'il est une chose que l'on ne peut reprocher à Paulo (pour les intimes), c'est d'avoir deux mains gauches. En effet, le bonhomme sait y faire avec une caméra pour proposer à son public des scènes d'action bien troussées et des films divertissants.
Et dans Soldier, ce concept de l'esbrouffe visuelle au détriment du scénario est poussé à son paroxysme.
Vous voulez de l'action et des décors qui déchirent ? Vous allez en avoir.
Vous êtes là pour histoire profonde et solide ? Au revoir, et merci d'être venu...


Viandard versus revanchard = Maximum bourrinage.

De fait, l'intérêt d'un film comme Soldier repose entièrement sur ses scènes d'action et de ce coté, on n'est pas déçu : dans le coin gauche du ring, il y a Kurt Russel pour une prestation tout en muscles et en mâchoire crispée opposé à un gros viandard nourri aux hormones du nom de Jason Scott Lee. Ce dernier, franchement impressionnant, en impose dans son rôle de méchant et compose un adversaire de choix pour notre brave Kurt. Leurs différents combats valent le détour, de même que les superbes décors de la planète-décharge.

Par contre, le manque d'enjeux émotionnels rend le film difficilement attachant, tant le spectateur regarde ce spectacle d'un air détaché, sans s'y intéresser plus que ça. Il faut dire aussi que le personnage archétypal de Kurt Russel n'est pas vraiment fait pour susciter la sympathie. Soldat lobotomisé et muet (il prononce exactement 79 mots sur l'ensemble du film selon certaines sources), il va peu à peu s'humaniser et découvrir ses émotions. Why not? Dans un registre similaire, d'autres s'en sont déjà très bien sortis. Le problème c'est la manière dont cela est traité, sans subtilité et pour tout dire, un peu expédié. Le changement est facile et convenu.
Dans le même ordre d'idée, on ne peut que regretter que la psychologie des personnages soit si binaire et caricaturale. Entre le méchant officier qui commande à ses méchants soldats de tuer sans se poser de questions et les gentils très gentils, c'est la foire aux clichés.


Qui a dit que ce n'était pas la grosse éclate dans la décharge?

En résumé, nous avons donc ici un bon gros actioner SF qui ne vaut que par ses séquences d'action réussies (encore heureux). Les amateurs de spectacle bourrin apprécieront, les autres se feront ch... s'ennuieront poliment devant la linéarité et le manque de surprises de l'histoire.
Geoffrey Claustriaux
A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

The Crucifixion
Tout comme Alexandre Aja, Xavier Gens s’est détourné des productions françaises pour des raisons évidentes. En matière de cinéma de genre, l’hexagone n’a jamais été aussi frileux à concrétiser des projets d’envergure. Bien que modeste dans ses moyens, The Divide parvenait à tirer parti d’un huis clos âpre et angoissant sur fond d’apocalypse nucléaire. Depuis,...
Stake Land
A l'époque de ma critique de Mulberry Street , j'avais déjà loué la capacité du réalisateur Jim Mickle à tirer le maximum des maigres moyens mis à sa disposition et force est de constater qu'avec Stake Land , il a encore augmenté son niveau d'un cran, en gommant les imperfections de son précédent essai. Ce faisant, il réalise le sans-faute, propulsant son road-movie vampirique au rang de film à...
No Dormirás
Huit ans après un premier long métrage remarqué pour son côté novateur ( The Silent House , constitué d’un long plan-séquence d’1h20, qui a eu droit à son remake US), le réalisateur uruguayen Gustavo Hernández replonge dans le cinéma de genre avec No Dormirás, un thriller bien plus psychologique que ce que laissait présager son accroche et son concept de base. La circonspection (x2)...
Toxic Shark
Insatiable quand il s’agit de décliner le requin sous ses formes les plus bizarres et idiotes, les producteurs versés dans le survival animalier persistent envers et contre tout à sombrer dans l’absurde. Si l’opportunisme d’un tel produit ne floue personne, on s’étonne toujours des nouvelles trouvailles pour prétexter l’irruption du squale dans des eaux déjà...
Fanatique
**Attention, cette critique contient de nombreux spoilers.** Sept étudiants séjournent un week-end sur une petite île afin d'y étudier la faune locale. Ils sont accueillis sur place par leurs hôtes, un couple de cinéphiles sympathique mais quelque peu insolite. Le slasher, sous-genre horrifique rendu célèbre dès la fin des années 70, avec le succès des franchises Halloween et Vendredi 13 ,...