Voir la fiche complète du film : The Monster Project (Victor Mathieu - 2017)

The Monster Project

Malgré une approche de départ intrigante et cohérente par rapport aux capacités du genre, The Monster Project se perd bien vite dans les défauts inhérents au found-footage. Progression laborieuse, sujet mal maîtrisé, tout comme la gestion des espaces, et raccourcis narratifs… Autant d’éléments qui prennent le pas sur la dynamique de l’ensemble et le travail lié à l’atmosphère lugubre des lieux.
Publié le 24 Mars 2019 par Dante_1984Voir la fiche de The Monster Project
4
Loup-Garou Vampire Diable et Démon

Sans sombrer dans l’euphémisme, le found-footage est un genre parsemé de déclinaisons inégales qui, bien souvent, ont tendance à le niveler par le bas, parfois au point de le décrédibiliser. Du côté des occurrences notables dotées d’un budget très modeste, on peut évoquer Grave Encounters ou, dans un autre exercice de style, Noroï: The Curse et The Poughkeepsie Tapes. À l’instar du survival animalier ou du slasher, on déplore malheureusement pléthore de navets qui usent et abusent de ces ficelles narratives pour scénariser des productions qui, vraisemblablement, n’ont rien à raconter. On se souvient encore de pathétiques efforts tels que Phoenix Forgotten ou Area 51.

L'enthousiasme mémorable d'un début de tournage...

The Monster Project n’a pas forcément pour ambition de révolutionner le genre, mais de lui apporter un peu de fraîcheur avec un pitch de départ assez enthousiasmant. D’une part, le métrage réunit un bestiaire assez connu des amateurs de créatures de la nuit. D’autre part, le prétexte est crédible et, par la même, trouve une véritable utilité à une réalisation subjective: celle d’une émission web sur les monstres. Le propos tenu est d’offrir une variante aux programmes sur les fantômes et autres phénomènes paranormaux de type Ghost Adventures ou Ghost Hunters (TAPS). Dans la trame, on retrouve également cette volonté d’exploiter un sujet sans objectivité ni recul. Cela à seule fin d’en tirer profit.

Il ne s’agit pas de mettre en avant la crédulité des spectateurs, mais de la manipulation des images afin d’y apporter une vocation sensationnaliste. Comme de nombreux métrages, les bonnes intentions n’engendrent pas forcément de bonnes histoires. Si les bases sont posées d’une manière assez dynamique, on s’enlise rapidement dans une progression routinière qui s’étend plus que de rigueurs sur l’organisation de la pré-production et non le tournage de l’émission en lui-même. De dialogues atermoyant en séquences surfaites, la présentation de l’équipe prend le pas sur l’intrigue, sans pour autant constituer un apport essentiel dans leur caractérisation.

Entretien avec un vampire

Et ce n’est pas l’installation des caméras et du matériel technique au sein d’une propriété glauque au possible qui changera la donne. L’accueil des «monstres» se fait au compte-gouttes, tandis que les interviews se ponctuent de questions basiques et navrantes. D’ailleurs, leur pertinence est tout aussi discutable que la suite des événements. Sans fournir de véritables justifications, la situation dégénère. Les protagonistes se confrontent à trois menaces dissemblables qui, au lieu de jouer de complémentarité, se succèdent selon les zones de la maison. Dès lors, la crédibilité de l’ensemble s’atténue considérablement, notamment à cause d’un déséquilibre constant entre vulnérabilité et résistance desdites créatures.

On regrette également des réactions qui tiennent plus de la caricature que d’un comportement raisonné. On s’isole à l’étage avant de visiter le rez-de-chaussée et de se réfugier dans le sous-sol. Bref, on passe d’une impasse à l’autre sans trouver une issue probable à cette pénible nuit. Un peu comme le scénario tente de s’extirper de son concept, conscient de ses limites, pour s’orienter vers une thématique plus large, celle-ci se dévoilant lors du dénouement. En lieu et place d’offrir une seconde lecture au métrage, ce choix se veut plus maladroit que surprenant. La faute à des prétextes téléphonés pour essayer de le rendre cohérent par rapport aux précédents événements.

Un démon en pleine crise de lévitation !

Au final, The Monster Project est un found-footage médiocre, comme il en existe tant. Inutilement bavard et incapable de fournir une progression réaliste et rythmée, le film de Victor Mathieu ne tient qu’à son idée initiale qui se délite bien vite dans les écarts du genre. À savoir, un enchaînement de séquences à l’intérêt discutable qui se destinent uniquement à faire du remplissage. Dommage, car la justification de départ offrait une base solide pour développer l’ambiance et le récit. Hormis un environnement plutôt bien trouvé et néanmoins mal exploité, l’effroi n’est guère au rendez-vous, pas plus que les sursauts de circonstances. Un potentiel gâché pour un found-footage dispensable.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

Autres critiques

The Fury
*** Attention spoilers *** Deux ans après Carrie au bal du diable , Brian De Palma poursuit sa lancée dans le fantastique en traitant à nouveau de jeunes gens dépassés par leurs pouvoirs surnaturels. Tout commence dans une station balnéaire en Israël où deux vieux amis, Peter Sandza et Ben Childress, respectivement campés par Kirk Douglas et John Cassavetes, discutent du départ en retraite du...
Wer

Wer

Il est clair que Le Loup-Garou de George Waggner a pris un coup de vieux. Toutefois, ce classique du cinéma de monstres a laissé derrière lui une descendance riche pour les amateurs de cette mythologie toujours aussi intrigante. Pour le plaisir de ces derniers, Wer vient ajouter sa pierre - pas bien lourde cela dit - à l’édifice de la lycanthropie cinématographique. Cette créature mythique...
Last Days, The
Il existe des films avec lesquels on ne sait pas trop à quoi s'attendre. Des ½uvres curieuses, parfois rocambolesques, qui décontenancent et étonnent le spectateur blasé par une avalanche de blockbusters aux effets spéciaux clinquants. Alors, l'on se tourne vers les DTV pour trouver de (rares) bonnes surprises. Des réalisateurs qui n'hésitent pas à prendre des risques, à surfer à contre-courant...
Les dents du bayou
Moins présents que leur homologue aquatique, le «terrifiant» requin, le crocodile et l’alligator ont également eu droit à nombre de survival animalier. Des productions italiennes aux dernières idées saugrenues issues du bis, le reptile n’a guère brillé sur le grand ou le petit écran. Il faut se tourner vers Primeval , Eaux troubles ou le premier Lake Placid pour regarder...
Saw 3D : Chapitre Final
Nous y voilà enfin! Après sept années et autant d'épisodes marqués par la torture, voici le dernier (?) opus de la saga Saw , initiée en 2004 par le film de James Wan . Sept ans de pièges machiavéliques et d'intrigues tordues de plus en plus nébuleuses qui ont engendrés les moqueries et les quolibets. Il était donc largement temps de mettre un point final à tout cela et les producteurs,...