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Don't Blink – Critique

Don't Blink

Un huis clos fantastique qui repose entièrement sur son énigme principale, en oubliant parfois d’encadrer toutes ses conséquences (physiologiques ou environnementales). Il en émane un ton assez singulier, mais miné par des incohérences et des longueurs dispensables. Malgré ses défauts formels, un métrage curieux empreint d’un mystère qui trouve uniquement une conclusion par l’interprétation du spectateur.

Publié le 12 Janvier 2019 par Dante_1984 · Voir la fiche de Don't Blink

Cadre bucolique par excellence, le chalet à la montagne est synonyme d’évasion et de ressourcement. Dans le domaine horrifique, il est aussi un lieu idéal pour un huis clos âpre, notamment pour le slasher. Les amateurs d’expérience vidéoludique ont pu en saisir tout l’intérêt avec Until Dawn. Titre qui relevait plus de l’aventure narrative en maîtrisant tous les fondamentaux si éculés de ce sous-genre. En somme, un formidable hommage. S’il est évoqué ici, c’est que le pitch initial de Don’t Blink n’est pas sans le rappeler. Enfin, dans les intentions et le cadre instauré, car il se révèle suffisamment évasif pour semer le doute.

Détour mortel ?

Et le doute, le scénario de Don’t Blink en fait son leitmotiv. Toute sa structure s’appuie sur un mystère. Celui où disparaissent inexplicablement des individus dans et autour du chalet en question. Il ne s’agit pas de l’œuvre d’un tueur ou d’une bestiole mal lunée, mais d’un évanouissement aussi soudain qu’impossible. Une discussion, un regard qui se détourne ou un protagoniste qui quitte le champ de la caméra suffit à l’«effacer». L’approche est assez originale, car elle tient à un phénomène paranormal servi par des effets de mise en scène parfois faciles, souvent déconcertants, puisqu’ils sont parfaitement intégrés à une atmosphère énigmatique.

L’absence de vie animale aux alentours, les caprices météorologiques ou encore l’obscurité crépusculaire contribuent à entretenir cette aura sibylline. Cette dernière étant particulièrement propice à l’enchaînement de nombreuses hypothèses et théories. Catastrophe environnementale, manifestations de l’au-delà, mort des protagonistes ou même expérience grandeur nature de la part du gouvernement ou des extraterrestres... Tout est à peu près suggéré avec une réelle cohérence. De fait, on reste constamment dans le flou. Et ce n’est pas forcément la résolution du mystère qui motivera les personnages, mais la volonté de survivre.

Une humeur d'ours mal léché ?

En cela, l’intrigue peut s’avérer frustrante. Elle laisse en effet toute largesse au spectateur pour se forger sa propre opinion sans l’infirmer ou la confirmer dans le dénouement. C’est sur ce point qu’on peut ressentir plus une facilité en usant d’une pirouette narrative plutôt que de donner une cause au concept. À titre personnel et au regard des différents indices disséminés çà et là dans les paroles et les événements, on se rapproche d’une explication similaire à celle des Langoliers (Stephen King est également rapidement évoqué). Le temps semble s’être figé et la présence des aliments brûlés ou des véhicules laissés à l’abandon sont des éléments non négligeables. Il ne subsiste que le cadre et non la substance qui le rend si vivant.

Ce jeu de pistes est réellement intéressant, mais recèle son lot d’incohérences et de longueurs. À commencer par le concept même du film. Le simple fait de cligner des yeux fait disparaître les protagonistes. Or, ce réflexe est inévitable, mais surtout il est répété à intervalles réguliers sans qu’on lui puisse en apprécier les conséquences. Il aurait été plus judicieux que le déclencheur soit l’attention détournée des autres intervenants. De même, les propos relatifs à l’environnement ou à la météo capricieuse s’enchaînent et se contredisent. Des maladresses assez flagrantes qui, non satisfaites de brouiller les pistes, atténuent considérablement la pleine maîtrise du récit.

Un cadavre qui n'est pas censé laisser de traces...

Au final, Don’t Blink est un thriller fantastique intrigant. De par son ambiance et le mystère permanent qui entoure ce chalet, on se plaît à développer des hypothèses qui trouvent majoritairement une justification partielle dans tel ou tel aspect de l’histoire. Il est d’autant plus regrettable que le parcours, un rien appesanti sur la désertion des lieux et non sur ses causes, multiplie les écueils scénaristiques. Des invraisemblances qui mettent en avant les faiblesses de l’intrigue au détriment de son originalité. À noter que la brochette de personnages sort également des clichés propres au huis clos avec une approche moins manichéenne qu’escomptée aux premiers abords. Sympathique, mais perfectible.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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