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All through the house – Critique

All Through the House
Un énième slasher sur fond de fêtes de fin d’année qui se solde par un carnage inconstant et pénible tant l’amateurisme de la bobine prend le pas sur toute autre considération. Réalisation, interprétation, scénario… Rien à sauver si ce n’est une violence gratuite assez récurrente.
Publié le 20 Janvier 2017 par Dante_1984 · Voir la fiche de All Through the House

La période de Noël associée au slasher a connu son succès (et son déclin) avec la saga Douce nuit, sanglante nuit. Il en résultait des productions inégales où chaque suite sombrait toujours un peu plus dans la nullité. S’il existe d’autres incursions similaires telles que Very Bad Santa, le genre et le contexte ne se prêtent guère à des films notables, mais à des productions au mieux généreuse et décomplexée. Aussi, il n’est guère évident de nourrir de grandes attentes à l’évocation d’une énième sortie qui ne propose rien de bien croustillant à se mettre sous la dent. Malheureusement, il ne fait aucun doute qu’All Through the House se révèle dispensable sur bien des points.

Sacré casting !

Il est toujours difficile de fustiger le scénario dans un sous-genre où l’on sait que celui-ci n’a guère d’importance. Un peu comme le survival animalier, mais à un degré supérieur. Pourtant, All Through the House se montre d’une rare bêtise. L’arrivée d’une jeune femme dans sa ville natale coïncide avec l’évasion d’un psychopathe de son hôpital psychiatrique qui est... son voisin ! Le réalisateur/scénariste a beau tenter de trouver quelques subtilités en fin de parcours pour justifier le carnage, il n’en demeure pas moins qu’on a droit à la reprise d’éléments référentiels (Halloween en tête) qui supplante une intrigue minimaliste.

Autre point qui fait peine à contempler: les protagonistes interchangeables qu’on nous inflige. Outre des personnalités sans la moindre épaisseur et des réactions invraisemblables, les « acteurs » ne sont jamais dans le ton. Surjeu, décalage des comportements, pertes des repères dans le champ de la caméra... On devine aisément une équipe d’amateurs qui patauge plus qu’elle ne progresse dans un cadre restreint. Il en découle un cachet Z qui vient s’ajouter à une mise en scène calamiteuse. De la mauvaise stabilisation de la caméra à l’éclairage merdique qu’on aime claquer dans le faciès des interprètes, sans oublier les plans extérieurs absolument hideux, rien n’est fait pour apporter un minimum d’ambiance ou d’identité au film.

Non, un taille-haie ne soigne pas les migraines.

Malgré ces tares pour le moins indigestes, on aurait pu espérer un carnage généreux en hémoglobine et en cadavres. Il est vrai que les vingt premières minutes vont en ce sens. Seulement, les premières réjouissances ne s’inscrivent nullement dans une continuité prompte à rendre la série de meurtres cohérente, à tout le moins justifiables. Quand bien même il s’agit d’un psychopathe avec deux sous de jugeotes. Comprenez que les premières victimes n’ont rien à voir avec l’histoire principale ou ne possèdent un lien quelconque avec les protagonistes. Ajoutons à cela un rythme chaotique qui alterne les séquences d’un ennui affligeant avec des crimes plus expéditifs qu’odieux.

On notera une certaine tendance à l’émasculation tandis que les jeunes donzelles seront davantage empalées ou éventrées à l’aide d’une cisaille pour haie. L’idée a du bon, mais le résultat se rapproche du tout aussi misérable The Greenskeeper. C’est dire le niveau ! Bien que dépourvus d’images de synthèse immondes, les assassinats sont peu inventifs et relativement répétitifs puisqu’ils se cantonnent à ce seul outil. Pourtant, l’hémoglobine fuse (un peu trop parfois) et les trucages à base de latex limitent les dégâts, exception faite des séquences où le tueur coince le taille-haie dans la gorge de ses victimes. Hormis une première scène saisissante qui laisse augurer un spectacle gore jouissif, on reste dans une approche conventionnelle et peu choquante, n’en déplaise à la gratuité qui émane du métrage.

Apparemment, il n'est pas plus efficace pour une rage de dents.

En plus d’être un mauvais film, All Through the House est un slasher qui n’apporte rien au genre si ce n’est le concours d’amateurs peut-être passionnés, mais sans la moindre once de talent ou de présence à l’écran. Malgré le contexte et quelques meurtres brutaux, on demeure constamment dans le domaine de la série Z fauchée tant au niveau du budget que des idées. L’apparente simplicité du scénario n’empêche nullement de remarquer incohérences et maladresses en tout genre. De la mauvaise gestion de l’espace (la majeure partie du métrage se déroule dans une unique maison) aux comportements peu crédibles des victimes ou du tueur, on ne peut retenir que le décalage entre les festivités et la violence inhérente au genre. Un constat bien pauvre pour un film qui l’est tout autant.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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