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Sinister – Critique

Sinister
Boudé injustement par de nombreuses salles françaises lors de sa sortie au cinéma, Sinister mérite incontestablement une seconde chance.
Publié le 25 Mars 2013 par GORE MANIAC · Voir la fiche de Sinister

Auteur d'un best-seller il y a dix ans de cela, Ellison Oswalt est depuis en quête d'un nouveau succès marquant. Endetté, il emménage avec sa femme et ses deux enfants dans une maison dans laquelle d'odieux meurtres ont été commis.
A mesure qu'il commence ses investigations pour son nouveau roman à sensation, Ellison découvre dans le grenier de la demeure un vieux Super 8 et des bobines de films. Des faits mystérieux commencent alors dans la maison.

Le producteur Jason Blum était attendu au tournant après le remarquable Insidious. Ici, les fantômes cèdent leur place à une terreur beaucoup plus palpable.
Derrière la caméra, il fait appel à Scott Derrickson. Les amateurs de fantastique le connaissent plutôt bien. Débutant sa carrière de réalisateur avec le cinquième volet de la franchise des Hellraiser (le dernier épisode honorable, dans lequel le cinéaste y dévoilait déjà quelques qualités) et le trop sous-estimé Exorcisme d'Emily Rose, il avait démontré ses limites en terme de gros budgets avec l'absurde remake du Jour où la Terre s'Arrêta. Co-scénariste de Sinister, il revient donc à ce qu'il sait le mieux faire : les séries B malicieuses et tourmentées.
Côté casting, Ethan Hawke est la seule tête d'affiche connue de ce métrage. Pour une première expérience dans l'univers de l'épouvante, on peut dire que le comédien s'en tire à merveille dans le rôle d'un écrivain has-been tiraillé entre sa soif de célébrité et sa vie de famille.

Pour des raisons économiques autant que par curiosité malsaine, Oswalt s'installe dans la demeure dans laquelle toute une famille a perdu la vie. Il souhaite poursuivre l'enquête de la police, et savoir ce qu'il est advenu de la petite fille de cette famille, dont personne n'a retrouvé la trace. Il déniche rapidement dans le grenier un Super 8 encore en état de marche et croit regarder de vieux films de famille oubliés de tous, lorsqu'il comprend qu'il assiste à des mises à mort filmées par un étrange personnage. Dès lors, d'inquiétants événements se produisent la nuit dans la maison, mettant à mal la santé mentale fragile d'Ellison.
Le point fort de Sinister réside dans sa capacité à faire monter crescendo une terreur sourde, illustrée à merveille par l'obsédante bande musicale de Christopher Young (The Grudge), surtout lors de la vision des snuffs. Contrairement à Paranormal Activity et autres films du même genre auquel Sinister est quelque peu rattaché (à tort sans doute), nous avons ici droit à un scénario élaboré et soigné, Derrickson prenant le temps d'installer ses personnages dans la première partie du film.
On peut donc parler de thriller autant que d'épouvante dans une enquête riche en rebondissements qui nous prend aux tripes, même s'il faut davantage parler de sursauts ou de frissons que d'horreur pure.

L'identité du tueur demeure l'autre point original de Sinister. De plus en plus effrayant à mesure qu'on peut mettre un visage sur ce tueur opérant depuis plusieurs décennies, celui-ci n'a rien à voir avec le banal serial killer vu et revu.
Démon païen dévoreur d'enfants (et de leurs âmes en particulier), Bagul s'avère être un monstre inquiétant, qui retiendra notre attention jusqu'à un dénouement loi d'être inattendu, mais qui a le mérite d'aller au bout de sa logique (ce qui n'est pas toujours le cas à Hollywood).

Boudé injustement par de nombreuses salles françaises lors de sa sortie au cinéma (car s'éloignant trop du style fantastique en vogue en ce moment), Sinister mérite incontestablement une seconde chance, ne serait ce que pour la qualité indéniable de son scénario, sa mise en scène sobre et l'interprétation d'Ethan Hawke, qui tient peut être ici son meilleur rôle.
Sans être révolutionnaire, ce métrage se démarque suffisamment en quelques points pour lui permettre de ne pas être oublié aussitôt vu, et donne envie de suivre de près les prochaines réalisations de Scott Derrickson.

GORE MANIAC
À propos de l’auteur : GORE MANIAC

J'essaie de partager ma passion pour un cinéma méconnu, mais qui mérite incontestablement qu'on s'y arrête !

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