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Modus Anomali : Le Réveil de la Proie – Critique

Modus Anomali : Le Réveil de la Proie
En dépit d'un bon début, d'une réalisation sans fioriture et d'une ambiance sonore soignée, Modus anomali ennuie terriblement. Le film ne décolle jamais et perd rapidement son public en cours de route. Long, très long, trop long...
Publié le 23 Mai 2013 par Dante_1984 · Voir la fiche de Modus Anomali : Le Réveil de la Proie
Si le nom de Joko Anwar ne vous dit rien, c'est tout à fait normal. Ce réalisateur indonésien n'a pas franchi nos frontières francophones pour ses précédents films (Kala et Forbidden door). Aussi, il est d'autant plus surprenant de voir surgir son dernier projet dans notre pays, a fortiori dans les salles. Un thriller horrifique où un certain John Evans se retrouve en pleine forêt, amnésique et traqué par un chasseur psychopathe. L'histoire n'a rien de foncièrement intrigant, mais les premières minutes laissent à penser que Modus anomali dispose du potentiel nécessaire pour nous tenir en haleine. Qu'en est-il exactement ?


Il est où mon GPS ?

Certes, le scénario semble emprunter ses ficelles au survival. Un lieu isolé, hostile et insondable. On rajoute un personnage traqué par un mystérieux individu et la chasse peut commencer. Le film peut se résumer à cela, mais dès les premières minutes l'on sent qu'il y a anguille sous roche. Pourquoi John se retrouve dans cette situation ? Où est passée sa famille ? Comment comprendre ce qui lui arrive ? Les questions fusent, le suspense est bien agencé au départ et, pour ne rien gâcher, la mise en scène est plutôt bonne. Enfin, ce constat vaut pour les vingt premières minutes.

Malheureusement, l'on déchante trop rapidement. La faute à d'interminables séquences qui ne traduisent pas l'urgence, la tension ou la survie dans pareil environnement. Bien au contraire, le réalisateur s'attarde plus que de raison sur certains passages. Les plans sont fixes, lancinants et finissent de perdre le spectateur à la moitié du métrage. Entre les escapades dans la forêt, l'exploration de la cabane ou cette improbable balade en voiture, il n'y a absolument rien de palpitant. On s'ennuie ferme et les séquences horrifiques sont trop succinctes, pas assez dramatiques compte tenu de leur nature. Il en ressort un énorme manque de crédibilité qui amènera à découvrir sans mal le fin mot de l'histoire.


Enfermé dehors ?

À aucun moment, la progression ne décolle. Le rythme soporifique est permanent et rend le métrage long, très long. Une fois le suspense éventé, il n'y a plus grand intérêt et l'on s'impatiente à voir le générique de fin malgré sa faible durée (82 minutes). Pourtant, Modus anomali n'est pas un ratage complet. Pour preuve, la mise en scène est loin d'être vomitive. La caméra reste toujours très proche de son protagoniste et s'accapare l'environnement à la manière d'un faux documentaire (l'aspect amateuriste en moins). On a l'impression de suivre réellement John dans ses pérégrinations.

Un cadrage qui a du mal à se poser, un éclairage modeste, mais recherché, Joko Anwar parvient à faire beaucoup avec peu de moyens. À cela, il faut compter sur une ambiance sonore des plus réussies (le gros point fort du film). Les stridulations permanentes des insectes se mêlent aux bruissements laconiques des arbres, les pas crépitent sur un tapis de feuilles mortes ou sur une terre sèche. Ces bruitages prennent d'autant plus de reliefs qu'il y a très peu de dialogues. On crie, on s'essouffle, on éructe, mais les paroles se font rares et servent l'atmosphère générale.


Il est l'heure de se réveiller !

Il est vrai que la prestation de Rio Dewanto (John Evans) reste indispensable au film. Il occupe principalement la caméra du début à la fin et les autres acteurs ne sont là que pour mettre en avant sa présence. Tout se joue sur lui, son ressenti, ses émotions et sa gestuelle. Toutefois, son talent n'est pas aidé par la profondeur de son personnage. Trop aléatoire, trop indécis et brouillon. Son amnésie est mal exploitée. Il aurait fallu apporter davantage de soin à son élaboration tandis que l'interprétation ne souffre d'aucun reproche.

Malgré un départ sur les chapeaux de roue, Modus anomali est d'une lenteur affligeante. Trop mou pour convaincre, trop mou pour conserver l'attention de son public, l'histoire s'avère décevante dans sa conclusion. Certes, le travail sur la forme est des plus honorables, mais le rythme soporifique enlise l'intrigue dans des longueurs absurdes et interminables. L'approche aurait pu nous faire songer à Buried (les intentions sont similaires, même si le cadre n'a rien à voir) et de sa tension, de sa claustrophobie. Il en ressort un film ennuyeux doté d'une histoire peu avenante (même en ayant connaissance de la conclusion). Était-il nécessaire d'en faire un long-métrage ? Le doute est permis.

Dante_1984
À propos de l’auteur : Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches.

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